LYNCH Jim - A vol d’oiseau

A la frontière entre les États-Unis et le Canada, la paranoïa monte : les américains craignent les clandestins, les terroristes et les trafiquants de drogue, tandis que les canadiens cherchent fortune. Le fils Vanderkool, légérement autiste mais passionné par les oiseaux et remarquablement doué avec les animaux qu'il comprend mieux que les hommes, traduit sa passion pour la nature en sculptant à sa manière celle-ci dès que l'envie lui prend. Magré son comportement pour le moins surprenant, il trouve un poste dans la police des frontières où il se distingue en repérant sans même le vouloir tous ceux qui trafiquent. Seule Madeline, son amie d'enfance qui vit du côté canadien, semble lui échapper.
Plus il repensait à leur déjeuner, plus il se sentait idiot d'avoir chanté. Qu'est-ce qu'il lui était passé par la tête ? 'On n'est même pas vraiment amis'. Ces mots l'élançaient comme une tumeur. S'il n'était pas capable de lire dans les pensées de Madeline Rousseau, pouvait-il espérer connaître quelqu'un d'autre ? (p.336)
Mais comment lui faire comprendre ce qu'il a lui-même peine à entrevoir ? Comment franchir le fossé qui les séparent ?

D'un style qui manie l'art et le comportement, l'auteur nous invite à scruter une petite communauté qui s'observe des deux côtés d'une frontière un peu floue.
-Comme vous le savez, la majeure partie du trafic de cannabis est gérée par le crime organisé. Nous avons également la preuve que des cellules terroristes installées au Canada se livrent à ce commerce pour gagner de l'argent, ce qui signifie, bien évidemment, que la guerre contre la drogue est devenue la guerre contre le terrorisme.
Une très bonne histoire tout à fait originale et plaisante à lire grâce aux propos de l'auteur, qui jongle avec humour sur le comique ou le dramatique des situations de chaque personnage esquissé avec beaucoup de réalisme. Ce roman est un véritable kaleïdoscope frontalier qui nous fait découvrir un "autre monde".

Pour évoquer le sympathique Brandon, l'auteur indique à la fin du roman s'être inspiré des oeuvres de l'étonnant Andy Goldsworthy.

titre original : Border songs (2009)
Edité en français aux Editions des Deux Terres (2011)
410 pages
traduction de l'anglais (Etats-Unis) par Jean ESCH
Illustration d'entrée de billet : Andy Goldsworthy

2 Responses so far.

  1. virginie says:

    J'ai très souvent croisé ce livre en librairie sans lui accorder l'attention qu'il semble mériter ! Ce que tu en dis me fait penser qu'il devrait me plaire beaucoup. Je crois que Ian Rankin attendra un peu du coup. Ce Jim Lynch me tente davantage en ce moment !

  2. Wictoria says:

    une amie l'a emprunté à la bibliothèque de mon village (apparemment très bien fournie) et je l'ai lu avant elle.
    Pour revenir à la bibliothèque moi je n'y suis pas encore allée, j'ai assez de livres chez moi, et en plus on m'en prête parfois des inattendus :)

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