MISHIMA Yukio - La mort de Radiguet

Paris, 1923. Cocteau a 34 ans et vit avec le jeune prodige de 20 ans, Raymond Radiguet, qui achève tout juste "le Bal du Conte d'Orgel" dont il doit relire les épreuves ; mais Radiguet tombe malade et finit par mourir.


Les deux hommes ne cessaient de déménager, leurs adresses successives n'étaient connues que de leurs éditeurs, et ils rencontraient seulement les amis qu'ils avaient vraiment envie de voir _bref, ils vivaient à l'écart de tous les embarras du monde. (p.24)

Mishima écrit ici une courte nouvelle en hommage à deux artistes qui lui tenaient à coeur. Nous pénétrons dans les quelques instants qui précèdent et suivent la mort de Radiguet. Cocteau observe ce qui rend Radiguet si spécial : autour de lui ou par lui.
Un jeune homme vêtu d'un vieux manteau fripé, coiffé d'une casquette, s'éloignait dans les rues désertes, en portant quelques vitres accrochées à son dos. Ces vitres à l'aspect blanchâtre dans le crépuscule faisaient penser à d'étranges fenêtres. Une fois ouvertes, peut-être une chambre obscure, démesurément vaste, allait-elle s'offrir au regard. Une chambre insolite et vide, où pourrait s'engouffrer Paris tout entier. (p.30)
Tout droit arrivée du salon du livre Parisien 2012 spécial "Japon" grâce à ma chère Malice qui ne m'oublie pas, je vous présente cette nouvelle très courte qui me permet de redécouvrir la prose de Mishima que j'avais déjà lue il y a plusieurs années avec "La Mer de la fertilité". Une prose poétique par excellence !


titre original : Radige no shi (1953)
26 pages
édition franco/japonaise 2012 par Gallimard collection "Du monde entier"
récit traduit du japonais par Dominique PALMÉ
illustration d'entrée de billet : Raymond Radiguet par Jean Cocteau (1923)

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