MURAKAMI Haruki - Autoportrait de l'auteur en coureur de fond


L'auteur relate les motivations qui l'ont conduit à entreprendre la course à pieds comme moyen de se garder en forme, mais aussi comme véritable équilibre à sa capacité d'inspiration pour son oeuvre littéraire.
Il m'a fallu trois heures et cinquante et une minutes pour courir d'Athènes à Marathon. Ce n'est pas franchement un bon temps, mais en tout cas, j'ai été capable de faire toute la course seul, avec pour unique compagnie une circulation folle, une chaleur inimaginable et cette soif atroce. Je suppose que je devrais être fier de ce que j'ai accompli, mais là, tout de suite, je ne m'en soucie pas. Ce qui me rend heureux dans l'instant est de savoir que je n'ai plus à courir. (p.86)
Je voulais lire ce livre depuis pas mal de temps, voilà qui est fait et je ne regrette pas ces quelques heures de lecture, beaucoup plus agréables qu'une préparation de marathon, du moins pour moi qui déteste courir. Il n'est d'ailleurs pas du tout indispensable d'aimer la course pour apprécier les réflexions de l'auteur sur sa recherche d'explications concernant ses motivations pour réussir les épreuves qu'il s'impose (marathon ou triathlon). De très beaux passages, comme souvent chez Murakami.
Aujourd'hui encore, lorsque je cours dans Jingu Gaien ou dans Asakasa Gosho, le souvenir de ces coureurs me revient parfois en mémoire. Je tourne à un coin, et c'est comme si j'allais les voir s'avancer vers moi, courant en silence, leur souffle blanc dans l'air du matin. Et chaque fois je me dis : eux qui se sont soumis à un entraînement tellement rude, où ont disparu leurs pensées, leurs espoirs et leurs rêves ? Quand les gens disparaissent, leurs pensées s'évanouissent-elles aussi ? (p.97)
Au final, un livre hautement recommandable pour qui envisage de se poser des questions existentielles sur les motivations en général et la manière de faire face à son propre ego. Un bel exercice de style.


titre original : Hashiru koto ni tsuite kataru toki ni boku no kataru koto (2007)
210 pages
édition française 2009 par Belfond
traduction du japonais par Hélène MORITA
illustration d'entrée de billet : "Pheidippides" par James Gleeson (1967)

2 Responses so far.

  1. virginie says:

    ça fait longtemps que j'ai envie de lire ce livre moi aussi, il est d'ailleurs sur mes étagères depuis un bon moment. Allez ! Je m'y mets bientôt !

  2. Wictoria says:

    il était dans ma "liste à lire", et lorsque je l'ai vu chez une amie la semaine dernière, hop, je lui ai emprunté ! Un livre qui se lit assez facilement et rapidement, l'auteur explique à la fin de quelle manière il a entrepris ce récit, j'ai bien aimé cette explication (mais je me demande encore comment il peut tout gérer : l'entraînement ET l'écriture)

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