ALAIN-FOURNIER - Le grand Meaulnes


France, début du 20ème siècle. François Seurel, le narrateur, se souvient des évènements qui se sont déroulés une vingtaine d'années avant, alors qu'âgé de 15 ans, il fit la rencontre d'Augustin Meaulnes de deux ans son aîné. Meaulnes fut mit en pension chez ses parents, tous deux instituteurs du village et devint rapidement l'ami et mentor du jeune François. Un jour Meaulnes se perd dans la campagne, en cherchant un abri, il découvre une grande maison où se déroule une incroyable fête organisée pour les fiançailles d'un jeune homme : Frantz de Galais qui est attendu d'un instant à l'autre avec sa fiancée. Les jeunes gens ne sont pas là mais la fête et les repas se déroulent et Augustin fait la connaissance d'Yvonne, la soeur de Frantz et en tombe éperdument amoureux. Mais la fête se termine et Augustin doit repartir. Augustin raconte son aventure à François et lui explique qu'il va tenter de retrouver le chemin du domaine afin de revoir Yvonne (fin de la partie 1).
Arrive dans le village un nouvel élève, un bohémien, qui se trouve être Frantz en rupture avec sa famille : sa fiancée n'est pas venue et depuis, il a décidé de partir à sa recherche. Très vite Augustin et Frantz qui ne se connaissent pas (encore) rivalisent devant les autres élèves du cours jusqu'au départ de Frantz qui indique finalement à Augustin comment parvenir au domaine perdu (puisque c'est chez lui ! nous sommes en fin de deuxième partie).
Meaulnes parvient à épouser Yvonne mais n'oublie pas une promesse qu'il a faite à Frantz : celle de l'aider à retrouver sa fiancée évaporée (nommée Valentine). Pendant ce temps le narrateur tient compagnie à Yvonne restée seule et qui attend l'enfant d'Augustin. A la naissance de la petite fille, Yvonne décède, François devient son tuteur jusqu'au retour de Meaulnes qui revient enfin après qu'il ait réussi à réunir Frantz et Valentine.
Quand à François, son drame sera d'avoir tout perdu : son amour secret avec la mort d'Yvonne, son ami au départ de Meaulnes et même son seul réconfort avec le départ de la petite fille dont il s'occupait jusqu'alors.


Voici un roman que j'ai lu autrefois à l'école et relu ces derniers jours car j'attends mes nouveaux livres (ma "pile à lire") qui se trouvent dans la malle en provenance de Nouvelle-Calédonie (où j'ai habité ces 3 dernières années). Je suis donc abonnée aux relectures de livres laissés en métropole pour quelques semaines encore.

Mon avis est mitigé. Autant je trouve le début du roman exceptionnel (en gros la 1ère partie), autant j'ai trouvé le milieu et la fin moins intéressantes et surtout moins bien menées : les personnages perdent de leur consistance, leurs actes sont irrationnels : Frantz, un fils à Papa à qui on a passé tous les caprices s'en va avec des bohémiens, il a l'âge de se marier mais retourne à l'école quelques jours lors de sa fuite. La fuite, parlons-en : il recherche sa "fiancée" n'importe comment, la preuve : Augustin va réussir à la retrouver à Paris en en sachant autant que lui...  Augustin qui a tant espéré revoir Yvonne, finit par la retrouver (c'est d'ailleurs François qui la retrouve pour lui par hasard) et pourtant le lendemain du mariage il la quitte !!! et ne la reverra plus jamais. Malgré les drames, seul François réussi à m'émouvoir réellement, François, l'ami fidèle, l'amoureux secret, qui se sacrifie alors que les autres (les deux garçons) semblent fous et égoïstes.
Parfois mon pied se pose, durant quelques pas sur un banc de sable fin. Et dans le silence, j'entends un oiseau - je m'imagine que c'est un rossignol, mais sans doute je me trompe, puisqu'ils ne chantent que le soir - un oiseau qui répète obstinément la même phrase : voix de la matinée, parole dite sous l'ombrage, invitation délicieuse au voyage entre les aulnes. Invisible, entêté, il semble m'accompagner sous la feuille.
De très beaux passages cependant, qui me touchent énormément, et qui font que ce roman, bien qu'inégal, restera à jamais, l'un de mes livres préférés. 





Notons que l'année 2013 est l'année "Meaulnes" car nous fêtons les 100 ans du roman !

année sortie 1913
mon édition de 1971 (librarie Fayard)
315 pages
illustration d'entrée de billet : une aquarelle du Domaine enchanté dédié à Isabelle Rivière (née Fournier, la soeur de l'auteur) par Jacques Thévenet

Leave a Reply

Merci pour votre contribution à ce carnet de lectures (la modération des commentaires est activée pour les anciens articles)