DOUMENC Philippe - Contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary


Yonville, petit village de basse-Normandie en cette année 1846. Emma Bovary a trompé son mari, s'est endettée en achetant des toilettes et des cadeaux et, alors que sa maison est saisie pour rembourser ses 3000 francs de dettes, que les amis à qui elle s'adresse refusent de l'aider, il apparaît qu'elle n'ait vu qu'une solution : s'empoisonner en avalant une grande quantité d'arsenic. Mais des marques suspectes sont détectées sur son corps et une enquête est ouverte : elle a peut-être été assassinée ! Le commissaire Delévoye et son adjoint Rémi arrivent à Yonville, précédés par le légiste. Bientôt,  Rémi est persuadé que quelqu'un avait intérêt à faire disparaître Emma.

Un avis mitigé pour ce roman que j'avais envie de lire depuis quelques années (emprunté en bibliothèque il y a 4 jours). Début prometteur : un style agréable, parfois humoristique, mais la fin me semble absolument bâclée ! ce n'est pas tant la chute mais plutôt l'évolution de la personnalité des protagonistes qui semble gâtée par un dénouement pour le moins pessimiste : le commissaire déchu qui en veut à son adjoint de la réussite de son enquête alors qu'auparavant il l'estimait, cela n'est pas réaliste ! et puis ce défilé de culpabités tout autour des moeurs dépravées des uns et des autres...cette hypothèse ne m'a pas de tout convaincue. J'ai été plus favorablement captivée par l'Emma de Flaubert.
Une dernière convulsion la secoua, elle perdit définitivement conscience : et enfin elle partit, abandonnant le terrain, laissant aux autres leur existence médiocre, leurs abominables problèmes d'argent, leur méchanceté, leur malveillance, et surtout ce cynisme, cet affreux cynisme que, même dans ses amours, elle avait rencontré les derniers temps.
Etait-ce seulement la peine d'avoir fait tourner quelques têtes ; et d'avoir été aussi jolie qu'on le disait ?
Le jour où elle mourut, Emma Bovary n'avait pas encore vingt-six ans. (p.11)

année sortie 2007
édition Actes sud
180 pages
illustration d'entrée de billet : © Édouard Dubufe

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