HARRISON Jim - L'été où il faillit mourir


3 nouvelles.
L'été où il faillit mourir
Chien Brun, un métis indien, a la garde de ses beaux-enfants tandis que la mère est incarcérée (il l'a épousée pour éviter d'aller lui-même en prison). Il refuse de laisser les services sociaux placer sa belle-fille en institut pour déficients mentaux et décide de partir avec elle au Canada tandis que son frère, très intelligent ira au collège.

Épouses républicaines
Martha cherche à se venger de Daryl son amant irresponsable en tentant de l'empoisonner. Elle se réfugie ensuite au Mexique dans l'attente des nouvelles de son acte et est bientôt rejointe par Frances et Shirley, ses deux meilleures amies, qui furent elles aussi les maîtresses de Daryl, un pseudo poète-écrivain raté mais charmeur qu'elles ont rencontré alors qu'ils étaient tous à l'université. Daryl, entre autres choses, n'a pas hésité à envoyer à chacun des époux de ces femmes aisées mais insatisfaites, une photo d'elles nues. Daryl n'est pas mort de l'empoisonnement mais va porter plainte et dans l'attente de la confrontation, les trois amies confient leurs états d'âme.

Traces
Jim Harrison parle de son enfance, ses passions pour l'art, la littérature, la France. Et de son travail aléatoire d'écrivain.
Lorsqu'il marchait dans les rues d'East Lansing, à une dizaine de kilomètres seulement de chez lui, mais très loin de New York, il avait au moins la consolation de rencontrer d'autres jeunes gens qui lisaient des livres et qui aimaient l'art, y compris les premières jeunes femmes autres que sa soeur Judith. (p.248).

Encore un beau recueil de nouvelles. Excellent cru comme une bouteille de bon vin. Vous savez que je lis toutes les oeuvres d'Harrison, patiemment, depuis quelques années. Nous retrouvons ici Chien Brun, un homme dont on ne sait vraiment décider s'il mérite d'être apprécié tellement il a beson d'être toujours assisté ! Chien Brun est une sorte de héros récurrent dans les nouvelles de JH. D'abord apparu en 1990 dans le recueil "La femme aux lucioles", on le retrouve en 1994 dans Julip, puis en 2005 dans ce présent recueil et enfin en 2009 dans "Les jeux de la nuit". La seconde nouvelle qui est en fait 3 récits à la première personne, donnés par les 3 amies héroïnes se font suite et permettent de donner à chacune sa version des choses et la manière dont elles prennent la vie à bras le corps. La dernière nouvelle est une réelle autofiction de l'auteur qui dévoile comme dans "En marge (2002) son enfance et les débuts de ses premières passions. Lire la vie de Jim Harrison c'est découvrir un héros à la Paul Auster. Un jeune homme quitte sa terre natale pour New York seulement muni d'une valise en carton ficelée par son père et la tête remplie d'espérances.
On se réveille seulement par à-coups du sommeil limité de la jeunesse, cette transe perplexe d'hormones et d'études, de lectures et de rêveries. (p.236)
Jim Harrison je vous aime tant ! Découvrir toutes mes lectures de l'auteur reprises dans le site qui lui est consacré : http://naturewritingbyjimharrison.blogspot.com/


titre original : The Summer He Didn't Die
année sortie 2005
édition française en 2006 (Bourgois)
315 pages
traduction de l'anglais (Amérique) par Brice MATTHIEUSSENT
illustration d'entrée de billet : © Thomas Ehretsmann "Conversation"

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