AILLON Jean (d') - Férir ou périr


1193. Les Croisades. Guilhem d'Ussel a 20 ans et déjà de longues années passées à combattre et tenter de rester en vie. A Paris, cherchant à se mettre au service d'un chevalier, il rencontre Jeanne et Isabelle, deux femmes qui ont grâce à ses yeux et qu'il séduit l'une après l'autre, abandonnant finalement l'idée de refaire sa vie avec la belle veuve. Mais lorsque celle-ci est enlevée par un rustre qui veut l'épouser de force pour prendre possession de ses terres, Guilhem se met en tête de la retrouver et de la sauver de cette union, d'autant qu'il est pris pour cible par les émissaires du roi Philippe Auguste car confondu avec un mystérieux exécuteur à l'arbalète qui décime peu à peu les fidèles compagnons du Roi. La piste le mène en Normandie, où Guilhem doit faire preuve d'intuition, de courage et de fidélité pour mener à bien sa quête qui pourrait lui faire perdre des êtres chers, confronté aux trahisons ou aux promesses qu'ils ont faites.
- Elle m'a trompé, Gilbert, comme d'autres. Comme Béatrix de Chissey.
- La Dame de Thury ?
- Oui.
- Pourquoi vous a-t-elle dit que son époux était seigneur de Crèvecoeur, seigneur ?
- Je l'ignore, mentit Guilhem, se refusant malgré tout à accuser Jeanne sans preuves.
Le silence se fit entre eux et Gilbert ne l'interrogea pas davantage. Il suivait son maître.
A un embranchement, Guilhem prit à dextre.
- Où allons nous, seigneur ?
- Où la destinée guidera nos pas.
Submergé par un mélange de dépit et de tristesse, Guilhem se promit de ne plus écouter les femmes. Il ne savait que se battre et il s'en tiendrait là.
Désormais sa devise serait : férir ou périr. (p.262)


Avec Jean d'Aillon, l'histoire est passionnante. Jean vous convie à une plongée dans le Moyen-âge avec force descriptions savamment orchestrées pour un opéra haut en couleurs. Rien n'est laissé au hasard, tout détail a son importance quelques pages ou chapitres plus loin. La minutie des intrigues inventées rejoint les faits historiques pour un roman qui ne vous lâche pas (ou l'inverse !). Qu'il fait bon chevaucher dans les forêts inquiétantes, trouver un abri même précaire, bien à l'aise dans notre coin de lecture pourvu que ce soit Jean qui mène la danse. Avec lui pas de répit durant les cinq mois de cavale qui ne durent pour le lecteur qu'un instant, l'instant précieux d'un livre de qualité, à la langue étudiée. La chevalerie est à nos portes, ou plutôt au bout de nos mains !
Bravo Jean, j'ai hâte de lire la suite des aventures du valeureux Guilhem !



année sortie 2014
édition Presse de la Cité
510 pages
illustration d'entrée de billet : Allégorie de la Peste (Peinture anonyme, 15e siècle)


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