AILLON Jean (d') - Rouen 1203

Trafic de reliques


1203. Alienor d'Aquitaine commandite une expédition pour Saint-Jean d’Acre où se trouve une précieuse relique qu'elle convoite avant de mourir. Son chevalier meurt en route mais le clerc qui l'accompagne décide de rapporter la précieuse relique à la Reine. En France, les troupes de Jean sans Terre guerroient de manière impitoyable celles du roi de France ainsi que les bourgeois des villes fidèles à Louis Philippe. A Marseille, Guilhem d'Ussel rentre de Rome en direction de son domaine et rencontre une veuve, un infidèle déguisé en templier qui cherche à se venger d'un vol, et un arbalétrier, qu'il invite à se joindre à lui et ses hommes pour voyager en sécurité. A peine arrivé dans ses terres, Guilhem repart vers Rouen sur les traces de ceux qui ont sauvagement tué ses gens. C'est également dans cette ville normande qu'est prisonnier Arthur, le duc de Bretagne, victime de son oncle Jean sans terre.
Le capitaine templier avait posé la main sur son épée. Qu'un clerc voué à l'Eglise prenne les armes pour sa défense, il n'y avait point de mal. Lui-même était moine et pourtant il avait tué bien des infidèles et même des chrétiens pour la gloire du temple. Mais ce clerc n'appartenait pas à un ordre de la chevalerie. Il s'était attribué les armes de son seigneur, renonçant à son état sans l'accord de son évêque. Ce n'était en rien acceptable. Brûlant de colère il s'apprêtait donc à donner ordre aux arbalétriers de percer l'insolent quand, aux dernières paroles de Le Maçon, il se retint. (p.68)   


Voici la suite tant attendue de Rome, où l'on retrouve notre Guilhem, la vingtaine mais qui a déjà tant vécu ! Guilhem n'est pas un héros : il tue ceux qui se mettent en travers de sa route sans état d'âme, mais on est satisfait quand il occit les pendards. Jean d'Aillon décrit avec humour le moyen-âge français, ses horreur et ses croyances, particulièrement pour des reliques qui font la renommée des abbayes qui les possèdent, vraies ou fausses reliques et pour lesquelles de nombreuses personnes sont prêtes à tuer. Une drôle d'époque que l'auteur nous décrit avec une précision de chirurgien, depuis l'habillement jusqu'aux tortures les plus atroces. De nombreux personnages mais certains n'iront pas au bout du livre qui se lit avec avidité. Et quand la quête est achevée, on a une pensée : il fait quand même bon vivre au XXIème siècle !

Ce que j'apprécie le plus : être plongée dans une autre époque que la mienne et découvrir les usages de ces temps (culture, politique, religion, société), l'humour, les descriptions minutieuses, les commentaires historiques. 


année sortie 2014 chez Flammarion
480 pages
illustration d'entrée de billet : le saint suaire

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