NAGEUR DE RIVIERE - JIM HARRISON


1-Au pays du sans-pareil
Clive, la soixantaine solitaire mais encore vigoureuse, quitte la ville pour s'installer un mois dans le Nord Michigan chez sa mère dont l'activité principale est l'observation des oiseaux, pendant que Margaret sa grande soeur visite l'Europe et la France. Il retrouve Laurette, son ancienne amoureuse, sa voisine, qui le chahutait continuellement et qui semble s'être mise en couple avec une femme après un mariage raté et sans enfants. De son côté : pas mieux : divorcé de Tessa, une femme qui a versé dans le spirituel à l'excès, il s'est aussi fâché avec sa fille Sabrina qu'il n'a pas revue depuis 2 ans. Ces quelques jours vont lui ouvrir un nouvel horizon en lui offrant de nouvelles envies de peindre, activité qu'il a mis en veilleuse depuis des années.
2-Nageur de rivière
Depuis toujours Thad, 18 ans, est accro à la nage, n'importe où, n'importe quand. Sa voisine Laurie lui plait beaucoup mais ce n'est pas du goût du beau-père de la jeune fille, un pervers odieux et violent qui lui tombe dessus et l'amoche salement. Ayant promis de disparaître après son passage à tabac, Thad croise Emily, une riche fille à papa de 19 ans qui tombe follement amoureuse de lui.
Voilà Thad en plein dilemme : que faire comme études alors que sa vie est dans l'eau et pour l'eau ? Comment reprendre son destin en main alors que son entourage semble vouloir décider pour lui ce qui est mieux...


Voilà le dernier Harrison (20ème oeuvre hors recueils de poésies) que j'ai acheté à sa sortie mais que je n'ai lu que cet été.

découvrir ici, le site que je consacre à l'auteur

Deux beaux récits, cependant j'ai largement préféré le premier avec Clive, le peintre "maudit" en passe de (se) redécouvrir une nouvelle jeunesse, sans doute parce que je m'identifie plus facilement à cet homme désenchanté qui reprend du poil de la bête, alors que l'histoire de Thad et ses nages excessives dans les rivières ne m'a pas vraiment touchée (je n'aime pas tellement nager...). Je n'ai pas vraiment été convaincue par le côté "mystérieux/mystique" avec les bébés-poissons.
Ceci étant dit, un très bon moment de lecture avec un style dont je ne me lasse pas et que je lis avec une vénération proche de l'adoration... et où l'on retrouve non seulement le côté lumineux de l'auteur : son amour pour la bonne chaire, les femmes, la nature, les animaux, mais où l'on découvre aussi son côté sombre : les corps meurtris (amputations, etc.).
Au dîner, Clive parut presque ensorcelé, car le souvenir d'un autre dîner remontant à quarante ans envahit la table. C'était au printemps de sa deuxième année d'études universitaires, Margaret avait quatorze ans. Leur père s'était noyé deux mois plus tôt, début mars. L'année précédente, en octobre, son père avait perdu la main droite à cause d'une ramasseuse de maïs défectueuse, et il détestait sa prothèse. Il avait passé le plus clair de l'hiver à pêcher tout seul à travers la glace d'un lac voisin ; le soir de sa mort, il avait rejoint sa cabane au volant de son pick-up, mais la glace avait été fragilisée par un dégel de la fin février. (p.45)


titre original : THE RIVER SWIMMER
année sortie 2013
édition française en 2014
246 pages
traduction de l'anglais (Etat-unis) par Brice MATTHIEUSSENT
illustration d'entrée de billet : pont couvert (base de données perso)

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