LE VIEUX SALTIMBANQUE - Jim HARRISON


Un écrivain septuagénaire se remémore les débuts difficiles depuis son enfance qui le laissa borgne suite à un accident de jeu, son amour pour la poésie dans son adolescence, les débuts de sa vie active à tirer le diable par la queue pour subvenir aux besoins de sa famille, les années affolantes de scénariste à Hollywood, les désenchantements et les plaisirs, ses cauchemars et ses lancinantes terreurs, heureusement contrecarrées par des activités comme la pêche ou en compagnie de ses animaux familiers.




Il y a des livres étrangers dont il ne faudrait pas traduire le titre : The Ancient Minstrel est tellement plus parlant que Le Vieux Saltimbanque le dernier roman ou devrais-je dire "livre-mémoire" de Jim Harrison. Je ne voulais pas particulièrement lire ce livre dès sa sortie et si peu de mois après la disparition de mon écrivain favori, mais j'ai succombé à la tentation et abandonné ma lecture en cours pour partir avec ce bouquin en long week-end.
J'ai passé de merveilleux moments à lire les premières pages, j'étais dans le train, un lieu tout à fait propice pour être transformé en salon de lecture, pour peu que vos voisins respectent le silence qui sied aux endroits publics.
Mon plaisir est un peu retombé avant la centième page car pour moi qui connaît tout ce qui peut être connu de cet auteur (romans, nouvelles, poèmes et différents articles écrits sur Harrison) je n'ai rien appris de nouveau. Il s'agit bien d'une autobiographie, où l'auteur distille méthodiquement le patchwork de sa carte du tendre, tenue d'un côté par des figures solaires : auteurs, animaux, amis, amours préférés, et de l'autre le reflet sombre de ses dépendances et aversions : alcoolisme, manque d'argent, recherche de l'authentique (conduisant à un état dépressif).

Il reste le style généreux que j'aime tant, la description des promenades, le goût des choses, l'observation tendre de tous ses amours qui sont comme des couches disposées une à une pour transformer la silhouette d'un petit garçon curieux en vieil homme rattrapé par le temps.
Par la suite, il envoya au gouverneur de l'Etat une lettre imprudente disant qu'il était l'auteur de Légendes d'automne, son livre le plus connu, qu'il avait besoin de conduire sa voiture et d'explorer des endroits nouveaux pour écrire et gagner sa vie. Il ne pouvait quand même pas rester assis chez lui et écrire Légendes de mon arrière-cour. Cette lettre resta sans effet. Il prit son mal en patience et décida un beau jour qu'il était capable de conduite de nouveau. (p.17)



The Ancient Minstrel
Traduit en français par Brice MATTHIEUSSENT
lu en broché (Flammarion)
année de sortie 2016
140 pages

mon blog consacré à Jim Harrison


illustration d'entrée de billet : © liasynthis

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