Le Huit - Katherine NEVILLE



Le huit est le premier tome de la série "Le jeu de Montglane" qui est suivi par "Le feu sacré".

Un jeu d'échec composé d'un socle d'or et d'argent, de pièces incrustées de pierres précieuses, le tout enveloppé dans un tissu cachant un mystérieux code, fabriqué par les Maures bien avant la naissance du Christ est convoité au fil des siècles car il est supposé apporter grandeur et puissance à qui le possèdera. Offert par les Maures à Charlemagne qui finit par le cacher dans la forteresse de Montglane dans les Pyrénées, il en est extirpé en 1790 par décision de l'abbesse (mère supérieure) afin qu'il ne tombe pas entre les mains des révolutionnaires. Les pièces sont alors réparties entre plusieurs nonnes ou novices qui ont pour mission de les enterrer sur le lieu de leur nouveau refuge et de servir de point de contact pour les autres sœurs en quête de sécurité.
Deux siècles plus tard, une américaine informaticienne est envoyée par sa société en Algérie afin de développer une solution au profit de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Un ami d'ami, antiquaire, lui demande alors de chercher des pièces d'un jeu d'échecs assez rare (il en possède une).

 

Avertissement

Contrairement aux avis professionnels qui évoquent un "sommet du genre thriller historique", je n'ai pas trouvé ce roman d'une très bonne facture littéraire : le style est assez commun, qui me fait penser à la collection Harlequin que j'ai lue plus jeune. Les personnages, leurs relations amoureuses sont vraiment du même niveau. Je ne dis pas que ce n'est pas bien, c'est juste que cela n'est pas littéraire à mes yeux.
Solarin me prit au dépourvu en relâchant son étreinte. La musique nous enveloppa comme un voile frémissant tandis qu’il me saisissait le poignet. Portant lentement ma main à ses lèvres, paume ouverte, il déposa un long baiser à la naissance de ma paume, là où mon pouls palpitait follement.

Avis

L'originalité de ce roman tient entièrement dans le suspens de la nature du jeu d'échec, entretenu au long des chapitres alternant 1790 et 1972. L'histoire met en avant principalement deux femmes :
  • En 1790, Mireille est novice à l'abbaye de Montglane et emporte quelques figures du jeu à Paris en compagnie de sa cousine Valentine pour les enterrer et surtout de n'en parler à personne. 
  • En 1972, Catherine rencontre un joueur russe séduisant, découvre les dangers d'Alger et doit en plus chercher une aiguille (pièces du jeu) dans une botte de foin (la Casbah).
Ces deux femmes vont servir de pion à l'auteur qui entreprend une histoire rocambolesque où apparaissent tour à tour des figures de la Révolution française : RobespierreTalleyrandNapoléon, Catherine la Grande, pour la partie de l'ancien régime. Une mystérieuse femme diseuse de bonne aventure, un joueur d'échec russe lui aussi mystérieux, et bien d'autres personnages pour la période des années 70.

L'histoire ne développe pas vraiment le mystère : on tourne autour du pot, autour du fait que le jeu apporte une puissance cachée dans des codes que seuls des élus pourront décrypter.
Mais comme tu le sais, il mourut en décembre de la même année, après avoir maté l’insurrection dans le Roussillon. On ne peut douter qu’il connaissait l’existence de ces sociétés secrètes et qu’il avait l’intention de s’emparer du Jeu de Montglane avant qu’il ne tombe entre d’autres mains. Toutes ses actions ont toujours été dictées par sa soif de pouvoir. Pourquoi aurait-il subitement changé en vieillissant ? ("il" c'est Richelieu)

Il faut accepter sur le roman soit fantastique (pouvoir extraordinaire, magie, immortalité), en plus d'être ésotérique (franc-maçon, code). J'ai trouvé dommage que l'auteur use et abuse d'un procédé qui promet de lever le voile alors qu'il n'en est rien.
Mais j’ignorais tout de ces événements tandis que j’attendais au salon que Lily revînt avec notre troisième tournée de café. Si j’avais su à ce moment-là ce qui se déroulait en coulisse, ce qui devait se produire ensuite n’aurait peut-être jamais eu lieu.

Quelques longueurs qui n'apportent rien à l'intrigue auraient pu être supprimées pour soulager la lecture, en particulier certains chapitres de 1790 des séances de pose pour un tableau (les deux cousines sont réfugiées chez le peintre Jacques-Louis David, l'histoire entre Talleyrand et Mireille. Et pour 1972, le personnage de Nim est vraiment trop fantaisiste voire improbable. Il reste quelques passages assez drôles qu'il faut souligner, mais qui ne sont pas si nombreux.
En 1972, le bar public de l’hôtel n’avait pas encore été rénové. Comme la plupart des bars d’hôtel new-yorkais, il était la réplique exacte d’une auberge campagnarde de style Tudor, à tel point qu’on s’attendait plus à devoir attacher son cheval à l’entrée qu’à descendre d’une limousine.


publié en 1988 "The eight"
publié en 2002 pour la version fraçaise


Être la première femme en quoi que ce soit n’a rien d’un déjeuner sur l’herbe. Que vous soyez la première femme astronaute ou la première femme admise dans une blanchisserie chinoise, vous devez apprendre à accepter les plaisanteries éculées, les rires gras et les regards qui louchent sur vos jambes. Vous devez également accepter de travailler deux fois plus que n’importe qui, pour un salaire moindre. J’avais appris à feindre l’amusement lorsqu’ils me présentaient comme « Miss Velis, notre spécialiste femme dans ce secteur ». Avec une telle étiquette, les gens devaient me prendre pour une gynécologue.




 

Illustration d'entrée de billet : De Chirico

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