mercredi 26 août 2026
La Place de l'Étoile - Patrick MODIANO
mardi 25 août 2026
Les muses ne dorment pas - Zoé VALDÉS
Mars 2019. Zoé Valdés est invitée par la directrice de la collection « Ma nuit au musée » à séjourner dans le musée Thyssen-Bornemisza à Madrid. En observant certains tableaux, Zoé leur trouve des résonances avec sa propre vie, la femme représentée dans le tableau de Bonnard est le portrait craché de sa fille. Puis la narratrice raconte le destin de deux muses : Maria qui a posé pour Balthus et Renée qui a posé pour Bonnard.
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| Misia Godebska par Bonnard |
Curieusement, Attys Luna présente une certaine ressemblance avec Misia Godebska : sa beauté émane d'un fond discret et énigmatique conjugué à son avantageux abord. Toutes deux, Misia hier et Attys Luna maintenant, ramassent leurs cheveux en chignon de façon identique, subtile et exquise. (p.19)

Ceci est mon huitième livre de la collection "Ma nuit au musée" que j'ai débuté en mai 2023 avec Andrea Marcolongo et son magnifique "Déplacer la Lune de son orbite" qui nous transportait à Athènes sur les ruines du Parthénon.
Zoé Valdés nous emmène à Madrid mais de cette ville, et du musée Thyssen-Bornemisza où elle passe la nuit, nous ne saurons pas grand chose et c'est bien dommage ; c'est pourquoi j'ai mis une notation moyenne (2,5/5) car si les histoires racontées m'ont intéressées, elles auraient largement pu l'être dans un contexte différent de cette collection qui doit, il me semble, en dire un minimum sur le pourquoi du choix du musée et le musée en lui-même. L'auteur choisit le récit de deux muses dans les deux parties de ce livres : Renée Monchaty qui sert de modèle à Pierre Bonnard mais qui la laissera tomber, l'autre une certaine María (on comprend qu'il s'agit de Zoé elle-même) qui deviendra modèle pour Balthus et sa composition au corbeau. Mon intérêt à poursuivre le récit est exclusivement dû à la prose très poétique de l'auteur qui m'a beaucoup touchée. Toutefois, la fin m'a parue précipitée et peu crédible avec cette mise en abîme le rêve dans le rêve.
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| Bonnard, Le Repos (Renée Monchaty) |
J'ai été un modèle, pas une muse. La muse de Bonnard fut Renée Monchaty. Ce personnage situé au centre de la place Saint-Marc fut aussi une inspiration pour Canaletto. De Balthus, qui le sait ? Quand je parle de "muse", je veux dure une authentique inspiration, voix directe ou medium vers la création pure. (p.191)
Le temps s'écoule de la même manière pour tous les êtres humains, mais tout être humain flotte de façon différente manière dans le temps. (p.212)
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| Publié en 2021, traduit de l’espagnol par Albert Bensoussan 218 pages |
Illustration d'entrée de billet : Balthus (composition au corbeau)
lundi 24 août 2026
Une année à Paris avec Gertrude Stein - Deborah LEVY
Une année à Paris raconte l’histoire d’une anglaise qui séjourne à Paris afin d'écrire un essai sur Gertrude Stein qui s'y installa au début du XXè siècle en compagnie de son frère Leo où elle se distingua en tant que mécène de nombreux artistes avant de devenir célèbre grâce à un roman sur sa "femme" Alice B. Toklas.

"My year in Paris with Gertrude Stein" publié en 2026 et traduit la même année par Céline Leroy aux Éditions du sous-sol.
J'ai lu ce livre en version électronique grâce à Netgallay, intéressée par le titre car je venais de lire "Alcools" de Guillaume Apollinaire (1880-1918) et que les notes complémentaires de mon édition évoquaient Gertrude Stein (1874-1946) dont je n'ai jamais entendu parler jusqu'à présent. Parfois, mes choix de lectures jouent à saute-mouton d'un livre à l'autre.
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| Marie Laurencin "Apollinaire et ses amis" |
Guillaume Apollinaire est mon poète muse le plus fou. Il est mort de la grippe espagnole en 1918, à trente-huit ans, en même temps que des million d'autres frappés par cette pandémie étrangement non documentée qui a ravagé l'Europe. .../... Picasso avait l'habitude de plaisanter qu'Apollinaire, qui n'a jamais connu son père italien, était le fils du pape. Gertrude Stein aimait l'exubérance d'Apollinaire, admirait l'agilité de son esprit et sa sensibilité d'avant-garde. Ils étaient bons amis. Il a comparé l'explosion d'une balle à un "mimosa en fleur", mais il ne parlait peut-être pas de la balle qui lui a explosé le crâne. (emplacement 101)
J'ignore si mon ebook est conforme à ce qui est prévu par l'éditeur mais j'ai lu un texte complément désordonné, avec des numéros et des titres en milieu de ligne qui m'ont perturbée ; j'ai poursuivi ma lecture en tentant d'ignorer cette mise en page sans savoir si elle est voulu car lorsque j'ai lu d'autres avis, je n'ai pas retrouvé cette remarque.
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| exemple et ce n'est pas le seul... |
Tout ce mélodrame .../... m'offrait un répit bienvenu dans l'écriture de mon essai consacré à Gertrude Stein, sur qui j'en savais à la fois trop et pas du tout assez. Stein mettait beaucoup d'obstacles sur ma route. la route de la compréhension. Parfois, quand je lisais son style à la fois déroutant et captivant, j'avais envie de lui donner un coup dans les côtes. Elle voulait que les lecteurs viennent à elle, mais une partie d'elle-même ne supportait pas d'être trouvée. (empl. 44)
Nous apprenons donc un peu sur Gertrude Stein, ses études de psychologie, de médecine (brillante élève elle ne termina pas son doctorat), puis son départ pour Paris, ses relations mondaines, sa mise en ménage avec une femme, ses débuts de collectionneuse.
Collectionner l'art le plus audacieux du début du XXè siècle. Cézanne. Picasso. matisse. Les peintres "hors-la-loi" moqués, en difficultés. Gérer, à vingt-neuf ans, la première galerie d'art moderne d'Europe dans l'appartement qu'elle louait à Paris avec son frère. Puis elle décide de se trouver une femme et se de séparer de son frère, qui s'était mis à l'attaquer sur son écriture. (empl.213)
Dans cette année à Paris, qui n'est d'ailleurs pas celle de la narratrice mais celle de Eva (on le découvre à la fin du livre), nous aurons rencontré des artistes, été témoin de la recherche d'un chat perdu nommé "Le fil", traversé le Père Lachaise pour découvrir la tombe de Stein mais nous avons surtout lu de nombreuses digressions sur la création littéraire.
Chaque siècle a besoin qu'un artiste démantèle la cohérence telle qu'on l'a apprise et fasse de la place à la nouveauté.(empl.250)
La narratrice voue un culte à la prose de Virginia Woolf dont elle se sent plus proche "Pourtant c'est chez Virginia Woolf, née huit ans après Gertrude Stein, que j'ai trouvé le plus d'encouragement à chaque étape de ma vie. Sa pensée était très profonde. Et me correspondait. Et Gertrude Stein ? Sa pensée était très profonde. (empl.264)
Pour finir ce commentaire, je n'ai pas été conquise par la prose de cet auteur qui est assez indigeste : récit brouillon, pas de structure, pas de cohérence justement, j'avais l’impression de lire un grand tableau présentant des post-it, des images découpées et quelques couvertures de livres : "Paris est une fête" d'Hemingway, "L'autobiographie d'Alice B. Toklas" de Gertrude Stein.
Nul doute que je n'en resterai pas là de mes découvertes de G.Stein et que mes prochaines lectures en seront inspirées.
mardi 18 août 2026
Blue Moon in Kentucky - Jim HARRISON

Le monde, la Terre était l'endroit où les chevaux vivaient. Les humains arrivaient en deuxième pour l'affection. Les chiens juste derrière. (p.10)
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| inédit aux USA, publié en 2025 directement en version française traduction par Brice Matthieussent |
- Dans la postface, Brice Matthieussent évoque Édouard Manet pour expliquer le fait que certains personnages de la nouvelle sont à peine esquissés (apparence, pensées) de même que Manet choisissait de laisser une partie d'un tableau volontairement floue ou paraissant inachevée comme dans le tableau Le Repos où la main droite de la femme (sa belle-sœur Berthe Morizot) est beaucoup moins détaillée que la gauche.
- Cet aparté de la part du traducteur s'explique par le fait que Matthieussent est docteur en philosophie spécialité esthétique, il a donc le pouvoir de débusquer des choses que nous ne voyons pas à première vue mais qui, une fois dévoilées sont les bienvenues car elles témoignent du travail parfois invisible de l'auteur et cela donne beaucoup de satisfaction au lecteur.
- Pour ma part j'aurais préféré lire cela en préface plutôt en postface.
illustration d'entrée de billet : Michael Heslop
dimanche 16 août 2026
Paris au mois d'août - René FALLET
Paris au mois d'août dans les années 60. Henri Plantin, 40 ans, vendeur d'articles de pêche au grand magasin la Samaritaine n'a pu obtenir son mois de vacances aussi sa femme et ses enfants partent sans lui ce qui ne le chagrine pas trop car il aura ainsi son mois de septembre tranquille pour pêcher. Sa vie bascule lorsqu'il rencontre une jeune anglaise de 27 ans ; le couple va vivre 3 semaines de parenthèse amoureuse rythmée par des visites, des repas, et beaucoup d'amour et de thé chaud.

Un livre qu'une amie m'a offert il y a quelques mois, j'ai attendu le mois d'août pour être raccord avec le titre même si je ne l'ai pas lu à Paris. C'est léger, souvent drôle, mais je n'ai pas trop apprécié cette histoire d'adultère "crise de la quarantaine" pour monsieur, mon côté vieux jeu sans doute.
Il est en revanche intéressant de découvrir 60 ans plus tard ce que l'auteur raconte du Paris d'alors :
- les halles qui existent encore (elles ont été détruites en 1971) : "C'est passé au conseil municipal, se lamenta Rosenbaum, vont transférer les Halles en banlieue et raser le secteur. -- Nous avec ? -- Nous avec, Bitouillou. On est pas monuments historiques". (p.43),
- la circulation dans Paris,
- le tourisme et les touristes (très drôle),
- les retrouvailles d'amis au café pour discuter et jouer au tiercé,
- un peu de politique aussi :
A cette heure, c'était le meilleur moment de la journée pour Ulysse Gogaille, dans les couloir du métro Châtelet. Assis sur une pliant - il tenait à ses aises -, calamiteux et l'oeil humide, il psalmodiait ses appels à la pitié tout en couvrant d’opprobre un gouvernement dont l’essentielle grandeur consistait à laisser les vieillards autochtones crever de faim, quitte à gaver de manioc d'autres vieillards, en Oubangui-Chari. (p.29).
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| publié en 1964 |
samedi 15 août 2026
Alcools - Guillaume APOLLINAIRE
Passent les jours et passent les semainesNi temps passéNi les amours reviennentSous le pont Mirabeau coule la SeineVienne la nuit sonne l'heureLes jours s'en vont je demeure

Et les enfants s’en vont devantLes autres suivent en rêvant
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Brunetti en trois actes - Donna LEON

Peut-être que l'amitié vient en nous avec le souvenir des durs moments passés ensemble. (p.84).
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| publié en 2015 "Falling in love" pour la version originale et en 2015 pour la version française chez Calmann-Lévy |























