Passent les jours et passent les semainesNi temps passéNi les amours reviennentSous le pont Mirabeau coule la SeineVienne la nuit sonne l'heureLes jours s'en vont je demeure

Et les enfants s’en vont devantLes autres suivent en rêvant
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Passent les jours et passent les semainesNi temps passéNi les amours reviennentSous le pont Mirabeau coule la SeineVienne la nuit sonne l'heureLes jours s'en vont je demeure

Et les enfants s’en vont devantLes autres suivent en rêvant
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Peut-être que l'amitié vient en nous avec le souvenir des durs moments passés ensemble. (p.84).
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| publié en 2015 "Falling in love" pour la version originale et en 2015 pour la version française chez Calmann-Lévy |

Deuxième roman des aventures de Thomas More, le héros éternel de Sureau dont les capacités surnaturelles viennent à bout - et heureusement - de tout crime.
Le style est très agréable : le regard glisse sur les pages comme emporté par un voilier sur une mer calme. Tour est régler d'avance : More étant prescient, rien ne l'étonne et surtout pas les âmes ténébreuses, il ne craint rien et c'est presque rassurant, lui qui possède "la bibliothèque universelle des crimes" (p.42).
La résolution de l'enquête initiale ainsi que d'autres mystères relevés en cours de route seront dévoilés à la fin mais l'intérêt de ce genre de roman policier et historique est aussi de décliner l'atmosphère politique du lieu ; de plus l'auteur intègre également des événements réels qui accentuent l'effet "histoire vraisemblable" dans le récit comme l’assassinat du roi Georges Ier de Grèce et d'autres digressions sur les relations internationales tendues en Europe à l'aube de la Grande Guerre.
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| Thessalonique (ou Salonique) cliquer pour agrandir l'image |
Cela ne me fait pas de mal d'élargir mes connaissances en Histoire, même si je ne suis pas certaine de tout retenir, au moins j'ai fait des recherches complémentaire pendant et après la lecture pour abreuver mes cellules grises assoiffées. J'ai moyennement apprécié l'histoire d'amour amenée à la fin qui semble saugrenue (voire pathétique) par rapport à l'ensemble du récit. Thomas More est un héros particulier : mystérieux je me demande ce que l'auteur lui réserve encore. Pour aller plus loin j'ai trouvé cet essai : "Salonique, ville juive, ville ottomane, ville grecque".
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| Salonique - La tour blanche. Louis Étienne DAUPHIN |
Seligmann s'était assis pour attendre au café du port près de la tour blanche, non loin du croisement des rues Vasilissis Olgas et Agia Triada, là où le roi Georges avait été assassiné. Il avait interrogé les garçons de café et lu les journaux, du journal de Salonique au New York Time, arrivé le matin même. L'américain était le plus précis.Buvant du café turc, fumant du tabac syrien, il s'était souvent interrompu dans sa lecture pour rêver à l'étrange compagnon que le destin lui avait donné. Il avait été frappé de ce que sa physionomie reflétât toujours exactement l'acte qu'il était en train d'accomplir, quand chez les gens ordinaires le visage dément le plus souvent le reste, le comportement semblant décidé par un autre, qu'on ne parvient pas à connaître. lorsqu le visage devenait dur, il était la dureté même ; compatissant, la compassion. À certains moments on lui eût confié tous ses secrets. À d'autres, on l'eût évité comme l'orage. Pourtant il ne se départait jamais d'une sorte de bienveillance. Dalmeyr avait été un criminel, et des plus atroces. Il était mort. parant de lui après sa fin, More avait montré de l’indulgence, comme s'il y avait un Dieu, comme s'il y avait un juge.Il paraissait en savoir, la-dessus, plus que tout le monde. Et Seligmann ne doutait plus que ce fût là le même homme que celui dont sa famille lui avait parlé, même si, en vertu d'on ne sait quel sortilège, il avait conservé la même apparence au fil du temps, des années, des décennies. "Des siècles peut-être ? " se disait Seligmann, souriant aussitôt à sa propre niaiserie. (p.80-81)
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| publié en 2026 |
– Eh bien, est-ce que tu as l’intention de me tutoyer pour toujours ?– Mais oui. Je t’ai tutoyée de tout temps et je te tutoierai éternellement.– C’est un peu fort, par exemple. En tout cas tu n’auras pas trop longtemps l’occasion de me dire « tu ». Je vais partir.

Lorsqu’il entreprit le voyage au cours duquel nous l’avons rencontré, il était dans sa vingt-troisième année. Il avait derrière lui quatre semestres d’études à l’École Polytechnique de Dantzig et quatre autres semestres qu’il avait passés aux Universités techniques de Brunchvig et de Carlsruhe, il avait passé récemment sans éclat ni bravos, mais très convenablement, son premier examen, et s’apprêtait à entrer chez Tunder et Wilms, comme ingénieur volontaire, pour y recevoir une formation pratique.
Ainsi s’acheva la tentative faite par le pays plat pour s’emparer de nouveau de Hans Castorp qui s’en était évadé. Le jeune homme ne se dissimula pas que l’échec complet qu’il avait prévu était d’une importance décisive pour ses rapports avec les gens de là-bas. Cela signifiait que le pays plat renonçait à lui en haussant les épaules ; mais pour lui cela signifiait la liberté parfaite qui peu à peu avait cessé de faire frémir son cœur.
Oh honte de notre sécurité d’ombres ! Partons ! Nous n’allons pas raconter cela ! Notre ami a-t-il été touché ? Un instant il a cru l’être. Une grosse motte de terre a frappé son tibia, sans doute a-t-il eu mal, mais c’est ridicule. Il se redresse, il titube, avance en boitant, les pieds alourdis par la terre, chantant inconsciemment :Und sei – ne Zweige rauschtenAls rie – fen sie mir zu…Et c’est ainsi que, dans la mêlée, dans la pluie, dans le crépuscule, nous le perdons de vue.
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titre original en allemand "Der Zauberberg" publié en 1924 |
...ces adversaires dans le domaine de l’esprit poursuivaient alors leurs joutes incessantes dont nous ne saurions rendre compte d’une manière explicite sans nous perdre dans un dédale désespérant – exactement comme ils le faisaient eux-mêmes tous les jours, devant un public assez nombreux, encore que Hans Castorp tendît à considérer sa pauvre âme comme le principal enjeu de leurs débats dialectiques. Il avait appris par Naphta que Settembrini était franc-maçon – ce qui lui avait fait une impression non moins vive que la confidence de l’Italien sur les accointances de Naphta avec les jésuites et l’origine de ses ressources. De nouveau il éprouva de la surprise en apprenant qu’il existait vraiment encore des choses aussi fantastiques, et avec insistance il interrogea le terroriste sur l’origine et la nature de cette curieuse institution qui célébrerait dans quelques années son deux-centième anniversaire.
Illustration : vue générale de Davos et du sanatorium de la Schatzalp
Édité à l'occasion de l’exposition « Port-Royal ou l’abbaye de papier » organisée par le musée national de Port-Royal des Champs du 15 septembre 2011 au 15 août 2012, ce livre propose un rappel historique des circonstances de la décision de Louis XIV de détruire le monastère de Port-Royal des Champs, et la manière dont cette abbaye a pu garder une existence matérielle à partir des gravures exécutées par Madeleine Horthemels (1686-1767) alors âgée de 24 ans et qui se trouvèrent par la suite reprise par d'autres sculpteurs, illustrateurs et peintres au XVIIIè et XIXè siècle.

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| anonyme - peinture gouache sur parchemin d'après Madeleine Horthemels |
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| extrait de l'ouvrage (clic sur l'image pour agrandir) |
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| publié en 2012 |
Illustration d'entrée de billet : gravure (burin) de Madeleine Horthemels

L'instructeur lui donna une feuille de papier et dit : "Écrivez ici tout ce que vous avez déjà traduit, je regarderai cela demain." Elle n'osa pas demander davantage de papier, et se mit au travail. Lorsqu'il revint dans son bureau le lendemain matin, elle était toujours en train d'écrire, un gardien furieux assis à côté d'elle.

Il avait quitté les diables noirs alors qu’ils le retenaient dans un campement situé à proximité de l’endroit où toute la journée ils creusaient, pendant que d’autres évacuaient la terre et les cailloux à dos d’homme ou de femme.
À peine arrivé au Puy, quelque chose l’a achevé : il s’est retrouvé au milieu des inondations de septembre 80. Tu connais bien sûr.
— Tout le monde s’en souvient ici.
— C’est fréquent que des gens tombent dans la maladie mentale longtemps après des évènements horribles qu’ils ont vécus ?
— Très fréquent. C’est même le cas de figure qu’on rencontre le plus.
— Apparemment, d’après Paul, il avait des hallucinations. Il pensait être persécuté par des diables noirs.
La maladie mentale en avait transformé certains en zombies, à moins que ce ne fût le traitement, car, Irène s’en aperçut assez vite, Goldet était très généreux dans ses prescriptions de psychotropes.
Goldet souriait aux anges en sortant de chez la vieille femme, tenant à la main un chiffon de papier journal qui enveloppait des croquets, faits avec amour par Mme Chapelle.« L’ange du sourire » pensa Irène.Mais déjà Goldet lui tendait les gâteaux. Elle déclina d’un signe de tête. Ils étaient maintenant à cinquante mètres de la maison, dans une ruelle qui obliquait vers la droite en pente légère. Goldet vit une poubelle métallique que quelqu’un avait oublié de rentrer après le passage hebdomadaire de la Voirie. Il regarda derrière lui, s’assura que la vieille dame ne pouvait plus le voir et jeta dans le récipient les croquets encore emballés.— Alors Irène ? Votre diagnostic ?— C’est une psychose hallucinatoire chronique. Elle doit faire des bouffées délirantes de temps à autre, quand elle oublie ses médicaments.— En effet. Mais elle n’oublie pas ses médicaments.— Comment cela ?