LEONI Giulio - La conjuration du troisième ciel

Florence, 1300. Dante Alighieri, poète à ses heures est actuellement l'un des  magistrat de la ville alors en plein essor. Lorsqu'un maître bâtisseur, spécialiste en mosaïque, est découvert mort asphyxié dans une étrange posture devant l'oeuvre sur laquelle il était en train de travailler, Dante se trouve plongé dans une lutte de pouvoir et de savoir, en un temps où le ciel, la terre et les mers n'en sont qu'à leurs premières connaissances, et que le monde de l' "Homme commun" a un temps de retard sur certaines découvertes faites par les Templiers.

"Un homme. Mort. A San Giuda. A l'intérieur de l'église. Tué, je crois.
- Et pourquoi voulez-vous charger de cette affaire la plus haute autorité de la commune ? Les enquêtes criminelles ne sont-elles pas de votre ressort ?
- Oui, bien sûr...toutefois... Bref, je préfèrerais que vous voyiez cela de vos propres yeux. Je vous en prie."
A l'évidence, cette ultime prière lui avait beaucoup coûté. Dante le dévisagea, ses lèvres minces tordues par le mépris.
"Ce n'est pas avec les yeux qu'on voit, barigel, mais avec l'esprit. Et c'est de mon esprit que vous avez besoin. Vous, comme tous les aveugles. Vous avez bien fait de vous adresser à moi. Et si les circonsctances sont aussi obscures que vous le dites, remerciez saint Jean-Baptiste, notre protecteur à tous, qui a voulu que je fusse prieur."
Visiblement inquiet, l'homme répéta : "Alors, vous viendrez ?"
Absorbé par ses pensées, Dante ne répondit pas. Il tourna les yeux vers l'étroite bande de ciel qu'encadrait la meurtrière et y contempla les dessins des étoiles. Voilà une bien étrange manière de commencer son mandat dans la commune. Serait-ce de mauvais augure ? (p.16)
Un livre qui promettait suspens et secrets mais qui ne tient pas ses promesses. Un style pour le moins médiocre pour une histoire qui aurait pû être intéressante parce qu'elle nous dévoile sous forme d'un roman policier la vie de cette époque. Le récit manque toutefois d'explications qui auraient permis de mieux comprendre certains passages comme la lutte entre les deux corporations : les "Blancs et les Noirs" / les partisans de l'empereur contre ceux du pape car toute le monde n'est pas historien. Dante n'apparaît pas du tout sympathique mais plutôt comme un homme en proie à des doutes et assez imbu de lui-même ; migraineux, il n'hésite pas à prendre de mystérieux remèdes et boit plus qu'il ne faudrait, sans parler de sa propension à tomber amoureux d'une mystérieuse étrangère. Beaucoup trop de passages qui n'apportent rien à l'intrigue à mon avis, d'autres qui sont incongrus, tandis qu'il en manque qui pourraient donner plus de piment.



Une déception qui sera atténuée par le fait d'avoir appris quelque chose sur l'histoire de Florence et de son fonctionnement à cette époque, lors de mes recherches après la lecture.



titre original : I delitti del mosaico (2004)
300 pages
édition française 2006 par Belfond
traduction de l'italien par Nathalie BAUER
illustration d'entrée de billet : Dante
illustration dans la présentation du livre : Saint Jerome dans son étude par Joos van CLEVE

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