samedi 27 août 2016

UN CADAVRE DANS LA BIBLIOTHEQUE - Agatha CHRISTIE


Le cadavre d'une jeune inconnue est découvert dans la bibliothèque des époux Bantry. Dolly Bantry, l'épouse fait appel à Miss Marple car elle craint que les retombées de cette affaire n'ostracise son époux. Les deux femmes s'installent dans l'hôtel où la jeune femme était danseuse et entreprennent d'étudier le comportement de tous les personnages qui ont eu affaire avec la jeune femme. Bientôt, un cadavre calciné est découvert dans une voiture volée et retrouvée brûlée. Heureusement, Miss Marple bien que célibataire a l’œil en ce qui concerne les jeunes filles.


Sans doute l'avant-dernier roman de mon été 2016 dans le cadre de mes relectures d'Agatha CHRISTIE (il m'en reste encore un sur ma pile). Nous évoluons ici dans le cadre chic d'un manoir et d'un hôtel où de monstrueux comploteurs n'hésitent pas à tuer deux jeunes filles quine demandaient qu'à s'élever un peu dans la société ou à devenir célèbres. Là encore, une histoire qui pourrait être facilement transposée de nos jours car Agatha Christie est indémodable.

Il est vrai que le neveu de miss Marple - écrivain, donc farfelu - s'était déjà manifesté aux heures les plus aberrantes, une fois même à minuit moins 10 ! Mais quelques soient ses excentricités, Raymond West n'avait pas celle de se lever tôt le matin. Ni lui ni aucune des connaissances de miss Marple n'était susceptible d'appeler avant 8 heures du matin. 8 heures moins le quart, en fait.
Trop tôt pour un télégramme, même, puisque la poste n'ouvrait qu'à 8 heures.
Trop tôt pour un télégramme, même, puisque la poste n'ouvrait qu'à 8 heures.
- Ce doit être une erreur, décida-t-elle.
Cette certitude acquise, elle se dirigea d'un pas résolu vers l'appareil impatient et coupa court à ses trilles en décrochant le combiné.
- Oui ? fit-elle.
- C'est vous, Jane ?
Stupeur de miss Marple :
- Oui, c'est moi. Vous êtes bien matinale, Dolly.
La voix de Mrs Bantry lui parvint, haletante, de l'autre bout du fil :
- Il est arrivé quelque chose de terrible.
- Seigneur Dieu !
- Nous venons de trouver un cadavre dans la bibliothèque.
L'espace d'un instant, miss Marple crut que son amie avait perdu la raison :
- Vous avez trouvé un quoi ?
- Je sais. Ça paraît incroyable n'est-ce pas ? Je pensais que ces choses-là n'arrivaient que dans les romans. Il m'a fallu des heures pour convaincre Arthur de descendre voir.
Miss Marple essaya de rassembler ses esprits.
- Mais c'est le cadavre de qui ? demanda-t-elle, suffoquée.
- Une blonde.
- Une quoi ?
- Une blonde. Une blonde sculpturale - comme dans les romans, encore une fois. Aucun de nous ne l'avait jamais vue et elle est étalée là, dans la bibliothèque, tout ce qu'il y a de plus morte. Il faut que vous veniez tout de suite. (p.13)




The Body in the Library
année de sortie 1941
lu en poche
185 pages


illustration d'entrée de billet : George Frederic Watts "Found Drowned"

lundi 15 août 2016

COLORADO KID - Stephen KING


Moose-Lookit. Après le déjeuner, sur une île, au large du Maine, Dave Bowie et Vince Teague, deux vieux journalistes profitent du départ d'un journaliste du continent venu glané des histoires à sensations et reparti bredouille, pour raconter à leur jeune stagiaire Stephanie les circonstances de la découverte du corps d'un inconnu plusieurs dizaines d'années auparavant - le cheminement des faits depuis le prélèvement des objets sur son cadavre suivi par la reconstitution de son itinéraire depuis sa petite vie tranquille dans le Colorado jusqu'à cette île fatale - qui ont conduit à l'identification de cet homme désormais appelé le "Colorado Kid".


Un livre lu en un après-midi (152 pages) et j'avoue avoir été happée par le récit qui se veut être une ode au genre policier avec de multiples références à la série télévisée "Arabesque" avec Angela Lansbury ou aux romans d'Agatha Christie avec Miss Marple citées à de nombreuses reprises ; que des femmes.
Et Stephanie, la nouvelle recrue espérée par les deux anciens journalistes pour prendre leur relève, il va falloir la retenir et lui montrer son importance dans la continuité de la "mémoire", en lui racontant une histoire des plus étranges et qui reste encore à ce jour une énigme.
Bonne fluidité du récit qui ne laisse pas de répit. Parfait dénouement qui fleurte évidemment avec l'étrange, mais avec Stephen King, on s'y attend et ce n'est pas incongru.
A chacun de bâtir ses propres déductions.

A découvrir !
Le sergent Murray n'a eu cependant aucun mal à retrouver la fiche de dépôt, portant la signature de Paul Devane. Il m'a dit l'avoir trouvée dix minutes après avoir raccroché. Il avait ensuite passé le reste du temps à obtenir la permission de son supérieur de me donner les informations que je demandais... Ce qu'il avait fini par avoir. Les cigarettes étaient des Winston, et le timbre sous le paquet étaient bien tel que Paul Devane se le rappelait : un petit autocollant estampillé COLORADO, en minuscules lettres noires. (p.89)



The Colorado Kid
année de sortie 2005
lu en poche
152 pages


illustration d'entrée de billet : Edward Hopper "Road in Maine" (1914)

dimanche 14 août 2016

A L'HÔTEL BERTRAM - Agatha CHRISTIE


Miss Marple est enchantée à l'idée de partir en vacances 2 semaines à Londres dans un bel hôtel hors de prix offert par son filleul, un hôtel à l'élégance surannée et aux services irréprochables. Mais très vite, Jane Marple ressent une sensation de malaise, comme si quelqu'un dans le décor n'était pas ce qu'il prétend être. Comme à l'accoutumée, la vieille fille va observer, écouter et être le précieux témoin d’événements, la disparition d'un chanoine distrait, l'amourette d'une jeune héritière de 18 ans, pour un champion automobile qui a eu une liaison avec sa propre mère, une belle aventurière célèbre et adulée, ce qui permettra aux enquêteurs de découvrir qui a tué le portier de l'hôtel, un ancien militaire irlandais.


Je reste avec Miss Marple et l'accompagne dans son séjour à Londres (moi qui n'y suis jamais allée j'ai l'impression d'y être !). Tout d'abord, j'ai envie d'insister sur la qualité de ce roman tellement agréable : je le trouve étonnamment moderne, Agatha Christie y parle d'éducation (de jeunes filles), mais aussi de certaines addictions : l'alcool, le jeu, les truanderies, les coulisses du pouvoir... Honnêtement, à part l'absence des objets connectés qui font désormais partie de notre quotidien (téléphone mobile, internet etc...), ce roman pourrait tout aussi bien être contemporain. Quelle perspicacité ! Quel humour !

A lire ou à redécouvrir (pour moi c'est une relecture et je ne m'en lasse pas).

- Et il a disparu de l'hôtel Bertram...quand ça ?
- Il y a environ une semaine : le 19 novembre.
- Et ils viennent juste de la signaler. Ils ont pris leur temps, vous ne trouvez pas ?
- Bah ! je crois que tout le monde pensait qu'il allait revenir.
- Vous avez une idée de ce que cela cache ? demanda l'Ancêtre. Un homme respectable, vivant dans la crainte de Dieu, a-t-il brusquement levé l'ancre avec la veuve d'un bedeau ? Boit-il le vin de messe en cachette, ou bien a-t-il détourné les fonds de la paroisse ? A moins que ce ne soit le genre de vieux chnoque distrait à qui ça arrive toute le temps ?
- D'après ce que je sais, monsieur, je le rangerais plutôt dans la dernière catégorie. Il est coutumier du fait.
- Quoi, ça ? Disparaître d'un hôtel respectable du West End ?
- Non, pas exactement. Mais il ne rentre pas toujours chez lui quand on l'attend. Et il lui arrive de débarquer chez des amis pour dîner le jour où on ne l'a pas invité, ou de ne pas y aller alors qu'on l'en a bel et bien prié. Ce genre d’étourderies.
- Oui, réfléchit l'Ancêtre. Oui. Ma foi, tout ça me semble parfait, normal et réglé comme du papier à musique, non ? Quand a-t-il disparu au juste, m'avez-vous dit ?
- Jeudi. Le 19 novembre. Il devait assister à un congrès à... Il se pencha pour examiner les documents sur son bureau :
- Ah ! oui, à Lucerne. La société d'études d'histoires bibliques. C'est du moins la traduction de son titre. C'est en réalité un organisme allemand, je crois bien.
- Et ça se passait à Lucerne ? Le vieux croûton...il est vieux, j'imagine ?
- Soixante trois ans, monsieur.
- Le vieux bonhomme, donc, ne s'y est pas présenté, c'est ça ? L'inspecteur Campbell compulsa le dossier et transmis à l'Ancêtre les faits vérifiables pour autant qu'on les ait vérifiés.
- Rien à voir avec une fugue en compagnie d'un enfant de coeur, on dirait, remarqua l'inspecteur-chef Davy.
- Je suis persuadé qu'il va réapparaître un de ces quatre en pleine forme, affirma Campbell. Cela dit, nous enquêtons, bien entendu. (p.128)





At Bertram's Hotel
année de sortie 1965
lu en poche
275 pages


illustration d'entrée de billet : le salon du Lanesborough hotel à Londres

mercredi 3 août 2016

NEMESIS - Agatha CHRISTIE


Bien tranquille dans son village de St. Mary Mead, Miss Marple apprend le décès de Jason Rafiel, un richissime homme d'affaire avec lequel elle fit équipe lors d'une de ses précédentes enquêtes. Peu de temps après, elle reçoit une lettre d'avocats londoniens qui lui confient une mission de la part de feu monsieur Rafiel. Intriguée par cette lettre posthume et malgré ses rhumatismes, miss Marple accepte le défi d'élucider un meurtre en participant à une excursion en car à la rencontre de jardins et demeures anglais de toute beauté.



Vacances est synonyme, plus que jamais, de lectures et point de vacances littéraires sans ma chère Agatha Christie que je vénère, mon héroïne préférée étant la délicieuse Miss Marple, délicate comme un châle de couleur pastel, et qui doit sentir la poudre de riz ou quelque senteur rappelant les fleurs de son jardin. Nous la retrouvons dans ce roman en quête d'un meurtre non élucidé vieux de 10 ans mais Miss Jane Marple n'a pas son pareil pour détecter les mauvais sujets ou les atmosphères inconfortables.

Il était probable qu'il avait été soigné par d'éminents médecins et qu'on avait adouci ses derniers instants. Par contre, il avait énormément souffert au cours de ces quelques semaines passées aux Caraïbes. C'était un homme courageux, et elle regrettait qu'il fût mort. Pourtant elle ne savait pas comment il était en affaires. Impitoyable, sans doute. Agressif et dominateur. Mais ce devait être un ami sûr. Et elle était persuadée qu'il y avait en lui une réelle bonté qu'il prenait grand soin de ne pas laisser paraître. Et maintenant, il avait disparut à jamais. Elle ignorait même s'il avait été marié, s'il avait eu des enfants. (p.19)


Nemesis
année de sortie 1971
lu en poche
232 pages


illustration d'entrée de billet : Nemesis par Gheorghe Tattarescu