dimanche 18 mai 2014

Dragon bleu, tigre blanc - Xiaolong QIU


L'inspecteur Chen Cao de la brigade des affaires spéciales se voit promu en tant que directeur de la commission de réforme juridique de Shanghai mais il s'agit en réalité d'une mise à l'écart qui pourrait être due à l'une des affaires qui vient d'être confiée à la police criminelle de Shanghai : un américain a été retrouvé mort dans une chambre d'hôtel.
Poète et traducteur à ses heures de TS Eliot, il échappe de justesse et par un heureux hasard à une descente de police lors d'une séance de dédicace dans un luxueux hôtel également réputé pour abriter des amours clandestines. Chen se met au vert à Suzhou, à 100 km de Shanghai au prétexte de suivre la rénovation de la tombe de son père. De là, il tente de découvrir qui veut lui nuire, aidé par de fidèles amis, ainsi que par Qian, une mystérieuse jeune femme qui lui demande de prouver que son amant, un homme important, a pris une nouvelle maîtresse. Des affaires en apparence indépendantes vont se révéler liées et sources des ennuis de Chen, ce qu'il va avoir du mal à prouver.
Il songea à des vers de Liu Yong, un poète décadent de la dynastie des Song, au XIème siècle.
Je crains que les beaux paysages
soient tous partis à ta suite.
Ma solitude à qui la confier ? (p.165)


Un roman d'intrigues et de manipulations (trafic d'influences pour gagner des contrats, s'enrichir etc...) inspiré du scandale politico-financier qui impliqua Bo Xilai en 2013. Un style remarquable qui me réconcilie avec les romans policiers dont l'action est contemporaine. J'ai été happée par ce roman, tout y est parfait : fond et forme, sans oublier une délicate poésie et quelques recettes qui donnent envie de se mettre à table.
  • Points forts : l'ambiance, les descriptions de Shanghai et les observations de la nature 
  • Difficultés : les prénoms chinois sont assez ardus à retenir et se ressemblent un peu : "Chen", "Shen", etc.... En plus on a du mal à se rappeler si ce sont des prénoms féminin ou masculin : mon conseil = prendre des notes.




titre original : Shanghai Redemption
année sortie 2013
édition française en 2014 par Editions Liana Levi
282 pages
traduction de l'anglais (américain) par Adélaïde PRALON
illustration d'entrée de billet : Edwin Ushiro

mercredi 14 mai 2014

PERGAUD Louis - Carnet de guerre


Août 1914- Avril 1915, le récit quotidien de 8 mois de guerre à proximité de Verdun où est affecté Louis Pergaud alors âgé de 32 ans. Il meurt en avril et son corps ne fut jamais retrouvé.
Je griffonne ceci sous la volée des obus et je ne lève même pas le nez pour voir où ils éclateront, il est vrai qu'au sifflement particulier de chacun on devine tout de suite s'il sera pour soi ou pour les camarades d'avant ou pour ceux d'arrière. (p.19)


Un carnet formidable de Louis Pergaud, l'auteur consacré de La Guerre des boutons, prix goncourt en 1910 pour De Goupil à Margot, et qui participa à la 1ère guerre mondiale. Humble récit du quotidien, des petits plaisirs (repas), des petites contrariétés (corvées, saletés,...) et la poignante lucidité d'un homme qui craint de ne jamais revoir sa chère épouse à qui il écrit tous les jours et de qui il reçoit les lettres écrites quotidiennement parfois d'un seul coup après des jours sans rien.

C'est un livre qui se dévore, pas trop "gore" : le minimum pour décrire les graves blessures parfois mortalles des camarades. 

Le carnet est suivi d'un hommage de Jean-Pierre Ferrini intitulé "Un tombeau pour Louis Perrgaud", où l'on apprend ce qui s'est passé après la mort de l'écrivain et les circonstances de découverte de son carnet.

Un témoignage émouvant, à lire !


titre original : xxxxxxxxxxxxxx année sortie édition française en xxxx par xxxx (maison edition)
197 pages
illustration d'entrée de billet : Félix VALLOTTON (Verdun)

vendredi 9 mai 2014

WOOLF Virginia - Les vagues


Six amis, 3 filles et 3 garçons qui se connaissent depuis leur enfance (vacances), se retrouvent de temps à autre et monologuent sur leur jeunesse, leurs relations et le temps qui passe. Leurs pensées reviennent aussi vers l'un d'entre eux, Perceval, qui est mort aux Indes.


Une envie de lire un autre Virginia Wolf, mon choix s'est porté sur ce roman dit "particulier". J'en conviens mais je n'ai pas accroché et je n'ai pas eu la patience de tout lire : à partir du milieu j'ai abandonné pour dévorer le dernier chapitre, histoire de finir quand même. Je n'ai pas aimé la forme du roman : aucun chapitre, aucun signe, aucun titre, ça manque de pause, on est emporté dans un véritable reflux des mots et des idées. Il résulte un succession de pages où les uns derrière les autres "pensent" : certes, on devine qui "parle" mais l'ensemble est confus. Perceval meurt et sa personnalité est décortiquée par ses amis qui se souviennnent de lui. Etrange mais pas assez fascinant pour me plaire malgré une indéniable poésie du texte et des émotions (j'ai pris des notes pour donner un extrait et je ne les retrouve plus !).


titre original : The waves
année sortie 1931
édition française en 2008 par Christian Bourgois éditeur
traduction de l'anglais par Cécile Cécile WAJSBROT
283 pages
illustration d'entrée de billet : James Charles - Boys and Girls Come Out to Play