dimanche 16 août 2015

NAGEUR DE RIVIERE - JIM HARRISON


1-Au pays du sans-pareil
Clive, la soixantaine solitaire mais encore vigoureuse, quitte la ville pour s'installer un mois dans le Nord Michigan chez sa mère dont l'activité principale est l'observation des oiseaux, pendant que Margaret sa grande soeur visite l'Europe et la France. Il retrouve Laurette, son ancienne amoureuse, sa voisine, qui le chahutait continuellement et qui semble s'être mise en couple avec une femme après un mariage raté et sans enfants. De son côté : pas mieux : divorcé de Tessa, une femme qui a versé dans le spirituel à l'excès, il s'est aussi fâché avec sa fille Sabrina qu'il n'a pas revue depuis 2 ans. Ces quelques jours vont lui ouvrir un nouvel horizon en lui offrant de nouvelles envies de peindre, activité qu'il a mis en veilleuse depuis des années.
2-Nageur de rivière
Depuis toujours Thad, 18 ans, est accro à la nage, n'importe où, n'importe quand. Sa voisine Laurie lui plait beaucoup mais ce n'est pas du goût du beau-père de la jeune fille, un pervers odieux et violent qui lui tombe dessus et l'amoche salement. Ayant promis de disparaître après son passage à tabac, Thad croise Emily, une riche fille à papa de 19 ans qui tombe follement amoureuse de lui.
Voilà Thad en plein dilemme : que faire comme études alors que sa vie est dans l'eau et pour l'eau ? Comment reprendre son destin en main alors que son entourage semble vouloir décider pour lui ce qui est mieux...


Voilà le dernier Harrison (20ème oeuvre hors recueils de poésies) que j'ai acheté à sa sortie mais que je n'ai lu que cet été.

découvrir ici, le site que je consacre à l'auteur

Deux beaux récits, cependant j'ai largement préféré le premier avec Clive, le peintre "maudit" en passe de (se) redécouvrir une nouvelle jeunesse, sans doute parce que je m'identifie plus facilement à cet homme désenchanté qui reprend du poil de la bête, alors que l'histoire de Thad et ses nages excessives dans les rivières ne m'a pas vraiment touchée (je n'aime pas tellement nager...). Je n'ai pas vraiment été convaincue par le côté "mystérieux/mystique" avec les bébés-poissons.
Ceci étant dit, un très bon moment de lecture avec un style dont je ne me lasse pas et que je lis avec une vénération proche de l'adoration... et où l'on retrouve non seulement le côté lumineux de l'auteur : son amour pour la bonne chaire, les femmes, la nature, les animaux, mais où l'on découvre aussi son côté sombre : les corps meurtris (amputations, etc.).
Au dîner, Clive parut presque ensorcelé, car le souvenir d'un autre dîner remontant à quarante ans envahit la table. C'était au printemps de sa deuxième année d'études universitaires, Margaret avait quatorze ans. Leur père s'était noyé deux mois plus tôt, début mars. L'année précédente, en octobre, son père avait perdu la main droite à cause d'une ramasseuse de maïs défectueuse, et il détestait sa prothèse. Il avait passé le plus clair de l'hiver à pêcher tout seul à travers la glace d'un lac voisin ; le soir de sa mort, il avait rejoint sa cabane au volant de son pick-up, mais la glace avait été fragilisée par un dégel de la fin février. (p.45)


titre original : THE RIVER SWIMMER
année sortie 2013
édition française en 2014
246 pages
traduction de l'anglais (Etat-unis) par Brice MATTHIEUSSENT
illustration d'entrée de billet : pont couvert (base de données perso)

samedi 15 août 2015

MEURTRE A CANTON - ROBERT VAN GULIK

Chine, année 680. Le juge Ti séjourne officiellement à Canton pour prendre connaissance des voies commerciales particulières de cette ville portuaire. Officieusement, il enquête aidé de ses deux fidèles lieutenants sur la disparition du censeur Liou, réputé incorruptible qui a été vu récemment dans la ville alors qu'il ne devait pas y revenir après y avoir réalisé son contrôle. Le censeur a t-il découvert  une irrégularité ? a-t-il voulu revenir de façon anonyme et est-il tombé dans un piège ? c'est ce que le juge Ti veut découvrir mais il lui faut déjouer les diverses tentatives de meurtre qui ne manquent pas de se produire dans son cercle de proches.

Ce roman est la 13ème aventure du juge Ti, personnage récurrent de l'œuvre de l'auteur dont la Chine est la spécialité. Il s'agit d'une relecture pour ma part, ma première date de 1998 et j'en avais gardé un excellent souvenir. Cette fois, déception, je n'ai pas été convaincue par les intrigues emmêlées entre passion amoureuse, empoisonnement, revanche etc... malgré les louanges que je peux lire un peu partout sur ce roman je trouve que les personnages ne sont pas attachants. J'avais l'impression de voir des marionnettes agitées sans parvenir à leur mettre un visage et une personnalité.

Les chapitres sont bien menés et courts, il y a en fait 3 intrigues liées les unes aux autres : la disparition du censeur fait mener l'enquête parmi la communauté arabe, les deux assistants du juge tombent dans un piège et manquent de peu de se faire assassiner. Beaucoup de morts (les malfrats ne sont pas doués : ils se trompent de cibles !) et un final grand-guignolesque.
J'ai cependant apprécié toute la partie sur la société, les coutumes, les trafics à cette époque.
En résumé, une relecture ratée pour moi qui me réjouissait de partir en Chine à une époque ancienne.

Un extrait page 64 :
Ce fut ensuite au tour de Yao de prendre la parole. Assez intimidé au début, il s'enhardit en décrivant son travail, et le juge reconnut en lui un homme d'affaires très entendu. Lorsqu'il eut finit de dresser la liste des produits importés par les divers marchants arabes, le juge lui demanda :
-Mais comment faites-vous pour reconnaître ces gens-là ? Pour moi ils se ressemblent tous ! Ce doit être pénible d'avoir des contacts quotidiens avec ces barbares sans culture.
Monsieur Yao haussa ses confortables épaules.
-Dans les affaires, il faut savoir s'accommoder de bien des choses, Seigneur Juge ! Et un certain nombre de ces étrangers ont beaucoup appris chez nous.

titre original : MURDER IN CANTON
année sortie 1966
traduit de l'anglais par Roger GUERRET
300 pages
illustration d'entrée de billet : View of the European factories par William Daniell