mardi 24 juin 2014

JONASSON Jonas - Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire


Alan Karlsson, un centenaire, s'échappe de la maison de retraite et rencontre à la gare routière où il compte prendre le premier bus en partance un malfrat à qui il emprunte sa grosse valise sans savoir que celle-ci renferme un énorme butin. Poursuivi par le voleur, il sympathise également avec des inconnus qui l'aident dans son entreprise à reprendre les rennes de sa vie.
  

Mes voisins m'ont glissé ce bouquin dans ma boîte aux lettres et je les en remercie car jamais je n'aurais eu l'idée de choisir ce roman dont j'ai pu lire beaucoup de critiques à sa sortie en 2011. Autant de bonnes critiques pour un auteur jusque là inconnu, j'avais peur d'être déçue comme j'ai pu l'être avec certains best-seller portés aux nues et que j'ai personnellement trouvé au mieux très moyens (au pire archi nuls !).
Très belle surprise donc de découvrir cette histoire et ce, dès les premiers chapitres. Il y a un style, un souffle, un rythme qui ne se dément pas, renforcé par une structure en mille-feuille : un chapitre sur le temps présent, le suivant sur le passé de Allan, et ainsi de suite...
C'est drôle, intelligent, caustique et parodique. Allan est un sacré numéro, un inventeur malgré lui, un utopiste bon enfant, qui sous des airs de benêt tire les ficelles des marionnettes politiques du monde. Rien que cela !
Dieu lui répondit par le silence, une fâcheuse manie qu'il avait parfois et que le pasteur Fergusson percevait comme le signe qu'il devait réfléchir par lui-même. Les choses ne se passaient pas toujours très bien quand il agissait seul, mais ce n'était pas une raison pour se décourager.
Au bout de deux jours et deux nuits à peser le pour et le contre, le pasteur Fergusson décida finalement de se réconcilier avec son camarade de cellule. Il informa monsieur Allan qu'il était désormais disposé à lui parler de nouveau.
Allan lui répondit qu'il n'avait rien contre le silence mais qu'à son avis rien ne valait le dialogue. (p.218)
A découvrir, l'un des meilleurs livres lu depuis longtemps du point de vue fond et forme. A offrir à des amis qui ne l'ont pas encore lu.



Titre original Hundraåringen som klev ut genom fönstret och försvann
pays d'origine : Suède
année sortie 2009
édition française en 2011
500 pages
traduction française de Caroline BERG
illustration d'entrée de billet : photo du fim du même nom

vendredi 13 juin 2014

AILLON Jean (d') - Férir ou périr


1193. Les Croisades. Guilhem d'Ussel a 20 ans et déjà de longues années passées à combattre et tenter de rester en vie. A Paris, cherchant à se mettre au service d'un chevalier, il rencontre Jeanne et Isabelle, deux femmes qui ont grâce à ses yeux et qu'il séduit l'une après l'autre, abandonnant finalement l'idée de refaire sa vie avec la belle veuve. Mais lorsque celle-ci est enlevée par un rustre qui veut l'épouser de force pour prendre possession de ses terres, Guilhem se met en tête de la retrouver et de la sauver de cette union, d'autant qu'il est pris pour cible par les émissaires du roi Philippe Auguste car confondu avec un mystérieux exécuteur à l'arbalète qui décime peu à peu les fidèles compagnons du Roi. La piste le mène en Normandie, où Guilhem doit faire preuve d'intuition, de courage et de fidélité pour mener à bien sa quête qui pourrait lui faire perdre des êtres chers, confronté aux trahisons ou aux promesses qu'ils ont faites.
- Elle m'a trompé, Gilbert, comme d'autres. Comme Béatrix de Chissey.
- La Dame de Thury ?
- Oui.
- Pourquoi vous a-t-elle dit que son époux était seigneur de Crèvecoeur, seigneur ?
- Je l'ignore, mentit Guilhem, se refusant malgré tout à accuser Jeanne sans preuves.
Le silence se fit entre eux et Gilbert ne l'interrogea pas davantage. Il suivait son maître.
A un embranchement, Guilhem prit à dextre.
- Où allons nous, seigneur ?
- Où la destinée guidera nos pas.
Submergé par un mélange de dépit et de tristesse, Guilhem se promit de ne plus écouter les femmes. Il ne savait que se battre et il s'en tiendrait là.
Désormais sa devise serait : férir ou périr. (p.262)


Avec Jean d'Aillon, l'histoire est passionnante. Jean vous convie à une plongée dans le Moyen-âge avec force descriptions savamment orchestrées pour un opéra haut en couleurs. Rien n'est laissé au hasard, tout détail a son importance quelques pages ou chapitres plus loin. La minutie des intrigues inventées rejoint les faits historiques pour un roman qui ne vous lâche pas (ou l'inverse !). Qu'il fait bon chevaucher dans les forêts inquiétantes, trouver un abri même précaire, bien à l'aise dans notre coin de lecture pourvu que ce soit Jean qui mène la danse. Avec lui pas de répit durant les cinq mois de cavale qui ne durent pour le lecteur qu'un instant, l'instant précieux d'un livre de qualité, à la langue étudiée. La chevalerie est à nos portes, ou plutôt au bout de nos mains !
Bravo Jean, j'ai hâte de lire la suite des aventures du valeureux Guilhem !



année sortie 2014
édition Presse de la Cité
510 pages
illustration d'entrée de billet : Allégorie de la Peste (Peinture anonyme, 15e siècle)


samedi 7 juin 2014

GUIGNARD Claudie - La vie dans les Hutongs


Pékin. Les Hutongs sont un réseau de ruelles existant autour des Siheyuan (cours carrées entourées de 4 bâtiments constituant une maison de maître) dans les anciennes villes de Chine du Nord. Les Hutongs sont toutefois voués à la démolition car non entretenus, surpeuplés et insalubres. Certains, restaurés, évoquent le passé et la nécessité de garder cette architecture typique de la Chine pour les générations futures mais aussi pour celles qui y sont chez elles.




J'ai aperçu ce fascicule chez une amie qui a vécu 3 ans en Chine et j'ai ainsi découvert l'existence des Hutongs dont je n'avais jamais entendu parler. L'auteur nous explique leurs particularités, témoins de temps révolus mais aussi d'une vie sociale qui continue d'exister malgré les démolitions de certains quartiers entiers. Très instructif.



année sortie 2009
éditions BIERE, collection Clefs de Chine
Imprimé en République populaire de Chine (j'ignore si on trouve ce livre en France)
40 pages
illustration d'entrée de billet : vantaux de portes d'un Hutong


Pour prolonger la lecture et visiter les Hutongs, je vous invite à découvrir cette vidéo de 9 mn

mardi 3 juin 2014

MARQUIS Sarah - Sauvage par nature


De 2010 à 2013, 1000 jours et nuits de marche en Mongolie, Chine, Sibérie, Laos, Thaïlande et enfin l'Australie pour l'aventurière Sarah Marquis. Trois ans de marche en évitant (autant que possible) les autochtones aux comportement imprévus, méfiants, voire malfaisants. Les femmes et les enfants n'échappent pas aux réserves de Sarah qui sera parfois une victime de leurs mauvais tours (des femmes laisseront Sarah sans eau ni repas, une fera en sorte d'innonder son campement, des enfants lui voleront son téléphone portable etc...). Pour Sarah, le salut est la capacité à se fondre avec son environnement, voire à se cacher dans la nature.
Mes habits de nuit sont pleins de couleurs et féminins, ils me font sourire, c'est important pour le moral. Ceux de jour me camouflent de par leur couleur sable, leurs odeurs, mais surtout ce sont des vêtements d'homme. Je plie mon camp et effectue mes premiers pas sans regarder au loin. Mon corps mettra deux heures avant de reprendre ses marques et fonctionner sans trop de douleurs. (p.64)

Un récit plein de ténacité, d'espoirs. Un livre édifiant sur les capacités humaines ! J'ai découvert ce livre dans le journal gratuit distribué dans les transports en commun. Je n'avais jamais entendu parler de Sarah Marquis avant, ni dans dans la presse, ni sur les "blogs". Je ne regrette pas mon achat.

J'ai aimé : l'histoire atypique, après cela, on apprécie tout ce que l'on a à portée de mains (eau, nourriture, douche,lit confortable etc...).

J'ai moins aimé : le style. J'ai trouvé dommage qu'il y ait parfois des "redites" qui alourdissent la lecture, mais comme le fond est tout de même passionnant, on a envie de poursuivre. En revanche, je n'ai pas trop aimé le côté "écolo" bouddhiste affirmé (moi non plus je ne mangerai pas d'animaux si j'étais obligée de les tuer mais si on m'offre du poulet fermier, je ne dis pas non), mais ce n'est qu'une fugitive impression.

A lire !



année sortie 2014
édition française Michel Lafon
290 pages (dont 8 de photos)
illustration d'entrée de billet : Sarah Marquis (photo prise sur son site)

le site de l'auteur (on y trouve photos et vidéos, c'est superbe !)