jeudi 26 mars 2015

AILLON Jean (d') - Le grand arcane des rois de France


1663. Louis Fronsac se fait voler sa bourse et sa montre par une jeune femme qui n'est pas inconnue des services de police : Anne Lupin est en effet une témoin gênante, fille d'un faussaire emprisonné à la Bastille pour lequel elle tente par tous les moyens d'améliorer son sort. De mystérieux personnages anglais s'attaquent à cette fille insignifiante, aussi Louis, accompagné de son fidèle Gaston va offrir ses services ne doutant pas un instant d'être sur les traces d'un mystère qui pourrait servir au roi. Ou au moins à Hugues de Lionne, ministre des affaires étrangères, son protecteur contre les bassesses de Colbert qui veut sa perte.
-Rédigez-moi un acte précisant que ces Mémoires seront ensuite archivés à votre étude et n'en sortiront plus, disons, durant quatre cents ans.
Louis resta interloqué. Quatre cents ans ? A coup sûr, le fils Hauteville en savait plus qu'il ne voulait le dire.
-Puis-je vous rédiger cet acte tout de suite ? Je dispose du cachet de l'étude.
-Voici une table avec ce qu'il vous faut. Je vais chercher ces Mémoires, et demander pourquoi on ne porte pas ce vin !
-Un mot, encore, monsieur...
Hauteville s'était levé et se retourna, le regard interrogateur.
-Avez-vous lu les Mémoires de votre père ? s'enquit Louis.
-Je les ai lus.
-Aborde-t-il ce dont je viens de vous parler ?
Hauteville hésita un instant avant de répondre :
-Oui, monsieur, mais je préfère l'oublier. C'est un secret trop lourd à porter. Il sera désormais le vôtre. (p.267)


Où l'on retrouve Louis Fronsac, l'homme aux rubans noirs et pas seulement lui et ses amis : nous apercevons la silhouette du fidèle Guilhem, également Hauteville, d'autres héros littéraires de l'auteur. Louis Fronsac part à la chasse au trésor, mais surtout veut comprendre pourquoi on a voulu l'assassiner, blessant sérieusement son ami, et reconnaissant dans son assaillant un ennemi de 40 ans, celui-là même qui avait tenter de l'enlever alors qu'il n'avait qu'une dizaine d'années (lire "Les ferrets de la Reine"), Louis veut se venger et percer le mystère qui entoure la jeune Anne Lupin qui connaît peut-être le secret des Rois de France. Jean d'Aillon nous conte ici encore une enquête haute en couleur, parsemée de morts, au fil d'une course poursuite jusqu'à Etretat, là où tout commence.

Un roman qu'on ne lâche pas avant d'avoir lu le "vrai et faux" !  


année 2015
édition Flammarion
530 pages
illustration d'entrée de billet : Les Falaises à Étretat par Claude Monet

samedi 7 mars 2015

EGEMAR Béatrice - Le printemps des enfants perdus


Paris, 1750. Manon Dupré, 19 ans, suit les traces de son père dans la parfumerie qu'il a légué à son fils. Sa vie tranquille bascule lorsque son jeune neveu autiste, qui vivait jusqu'alors en province, arrive à Paris et s'enfuit de la maison mais reste introuvable. Ensuite, c'est son apprenti Gaspard, 16 ans qui disparaît. En enquêtant elle même, car la police ne semble rien pouvoir ou vouloir faire, elle découvre que de nombreux enfants plus ou moins jeunes ont été enlevés en plein jour à leur famille qui reste désespérée et impuissante devant une police peu amène. La rumeur laisse entendre que les enfants enlevés seraient sacrifiés pour que leur sang soigne un lépreux de la noblesse, mais Manon n'en croît rien. Avec l'aide de Joseph Vérité, un jeune étudiant en droit qui travaille également au service des Gardes-Françaises, elle découvrira les responsables d'un ignoble trafic d'enfants livrés à des pédophiles.

Gardes-Françaises (image wikipedia)

Le jeune homme qui accompagnait Violette portait le bel uniforme des Gardes-Françaises : justaucorps bleu avec parements rouges, culotte et bas rouges, chapeau bordé d'argent, guêtres blanches à boutons, cravate et cocarde de soie noire. (p.37)

Ma mère m'a prêté ce livre que je voulais lire depuis longtemps et qu'elle a trouvé moyen sans plus. De mon côté, je l'ai lu assez vite car le style est assez agréable, simple. Côté intrigue, j'ai eu l'impression de lire un "Alice Roy", l’héroïne de ma jeunesse.

Ce que j'ai aimé c'est découvrir la vie quotidienne de Manon, entre ses préparations de beauté, sa vie dans la boutique et la manière dont la maison est organisée.

J'ai moins aimé le côté policier du récit, trop superficiel, non plus les (trop) longs passages de type encyclopédiques qui alourdissent le récit et n'apportent pas d'éclairage spécifique (autant mettre un bas de page). J'ai trouvé les personnages un peu trop superficiels, dommage. En gros, je n'ai pas ressenti une réelle empathie avec cette jeune Manon, pas du tout comme j'arrive à "aimer" Nicolas Le Floch de Jean-François Parot ou encore Louis Fronsac de mon ami Jean d'Aillon.


année sortie 2013
édition Presse de la cité
242 pages
illustration d'entrée de billet : femme à sa toilette, école française (auteur inconnu)