TARTT Donna - Le chardonneret


New York. A 14 ans, Theo est victime d'un attentat à la bombe dans le MET (Metropolitan Museum of Art). Il s'en sort mais sa mère meurt. Avant de trouver une issue dans le chaos qui l'entoure, le garçon assiste aux derniers instants de Welty, un vieil homme qui lui donne une bague ancienne et lui demande de la rapporter à une adresse qui est celle d'une boutique d'antiquités. Dans sa fuite, Theo emporte aussi un tout petit tableau provenant d'une exposition temporaire hollandaise, peint par un certain Fabritius, et qu'il sauve ainsi des flammes. Theo est accueillit presqu'une année dans la famille très snob d'Andy, son meilleur ami, jusqu'à ce que son père ne vienne l'y chercher, accompagné de sa nouvelle compagne (une écervelée) et part vivre à Las Vegas où il ne tarde pas à se faire la connaissance de Boris, un migrant russe vivant avec un père alcoolique et violent. Bientôt, les deux adolescents livrés à eux-mêmes dans la mesure où leurs parents respectifs ne s'en occupent pas du tout, préférant, les sorties, la drogue et la boisson, en viennent eux aussi à se droguer et à boire plus que de raison. Ceci dure plusieurs années jusqu'à ce que le père de Theo meure. Pour éviter d'être placé en famille d'accueil, Theo décide de s'enfuir pour retourner à New York et débarque chez Hobie, l'ami de Welty à qui il avait autrefois remis la bague et avec qui il a continué à correspondre durant son exil à Las Vegas. Hobie devient son tuteur une fois que l'avocat de Theo qui s'occupe de ses intérêts ait tout arrangé. L'avocat, ami de sa mère, avait fait en sorte que le père de Theo ne puisse sous aucun prétexte, jouir de l'argent de son fils, argent que sa mère avait mis de côté pour ses études. Avec Hobie, Theo append la restauration d'antiquités et se rapproche aussi de Pippa, la fille dont il est amoureux, pupille de Welty, victime comme lui de l'attentat du musée, et qui revient parfois en visite chez Hobie quand elle n'est pas dans sa pension suisse.
Quelques années plus tard, Theo alors âgé de 24 ans, reprend la boutique laissée à l'abandon depuis la mort de Welty, et cherche une manière discrète de rendre le tableau qu'il avait précieusement conservé pour pouvoir l'admirer car sa vue lui procurait un bienfait inestimable après toutes les épreuves subies. Son besoin de se débarrasser du tableau devient urgent lorsqu'il est approché par un personnage louche lui laisse entendre qu'il sait qu'il détient ledit tableau et qu'il est prêt à payer une fortune pour l'avoir.
Pleinement conscient de ma folie, j'avais téléchargé sur mon ordinateur et mon téléphone des photos représentant le tableau pour pouvoir jubiler devant l'image en privé, coup de pinceau au rendu digital, éclat de lumière du soleil du XVIIème siècle compressé en points et en pixels, mais plus la couleur était pure, plus le sentiment d'empâtement était puissant, plus je voulais l'objet lui-même, irremplaçable, glorieux, inondé de lumière. p.528)


12 chapitres pour ce très beau roman qui, malgré sa longueur, se lit d'une manière impérieuse : c'est très bien écrit, c'est intéressant, ce roman agit comme une drogue : le lecteur est vite "accro" comme nos jeunes héros qui tombent vite dans la spirale infernale de la drogue. Portrait sans doute réaliste d'une certaine jeunesse, je ne peux dire, mais ce qui est sûr, c'est que celle-ci est épouvantable ! Enfants livrés à eux-mêmes par des parents démissionnaires, qui s'amusent à chercher la mort, ou en tout cas, qui ne vivent pas sainement c'est le moins que l'on puisse dire : aucun soin, des repas inexistants, de l'alcool qui coule à flots, tout ce qui leur tombe sous la main, des drogues douces, dures en veux-tu en voilà.... Je me demande comment ça se passe en classe car, tout de même, des ados qui ne mangent rien, qui ne dorment pas, qui boivent et qui se droguent : ça doit se voir ! Mais l'auteur ne développe pas cet aspect là de l'éducation scolaire américaine.
J'ai apprécié ma lecture mais j'ai été déçue par les dernières pages où l'auteur tente une sorte de justification de ce qu'est l'art, la beauté, la rédemption...pour ma part une partie inutile.


titre original : The goldfinch
année sortie 2013 - édition française en 2014
Traduction de l'anglais (EU) par Edith SOONCKIDT
780 pages
illustration d'entrée de billet : "le chardonneret" de Carel Fabritius (1654)

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