McGUANE Thomas - Le club de chasse


Montana, fin des années 60. James Quinn, un riche et jeune patron d'entreprise prévoit de passer quelque semaines de vacances afin de se reposer de son usine et tenter d'oublier la médiocrité de sa secrétaire qu'il n'a pas le courage de renvoyer malgré ses nombreuses bourdes. Il apprend avec déplaisir que Vernon Stanton, son ami d'enfance avec lequel il a fait les 400 coups, est également présent, accompagné de sa fiancée Janey. Les deux compères disposent chacun d'un chalet sur cette propriété où est érigée un club de chasse construit voici une centaine d'années, où séjourne la haute société du coin et leur famille, des membres qui héritent de la carte du club de génération en génération. Le club est gardé par un ancien braconnier qui fait régulièrement l'objet de controverse car nombre des membres du club voudraient bien s'en débarrasser. Le club, appelé également "Club du centenaire", s'apprête à fêter le 4 juillet et déterrer le message enfouit 100 ans auparavant par les membres d'alors dont ils sont les descendants. Quinn tente d'échapper à Vernon dont il réprouve les méthodes bizarres, voire dangereuses, celui-ci s'offrant de malins plaisirs comme des simulacres de duels aux pistolets chargés de balles en cire qui blessent l'amour propre des perdants. Tandis que Quinn tombe peu à peu sous le charme de Janey, il comprend également que son ami ne tourne pas rond, sujet à des crises de démence (Janey lui apprend peu à peu celles qu'il a manquées depuis leur dernière entrevue), dont l'une le fait renvoyer le gardien. Voilà le club aux mains d'un nouvel intendant, un truand, lequel ne tarde pas à faire voler en éclats l'équilibre fragile d'une micro société en proie à bien des envies de turpitudes refoulées qui ne tardent pas à émerger lorsque les masques tombent.

C'est après la lecture de "En marge" que j'ai eu envie de découvrir le grand ami de Jim Harrison et j'ai naturellement choisi ce roman qui est le premier de l'auteur et que Harrison évoque largement dans le livre autobiographique précédemment cité.
Dès les premières pages j'ai su que McGuane ne supplanterait pas Harrison dans mon cœur de lectrice. Un style qui, s'il n'est pas commun, est tout de même moins vivifiant que celui de Harrison, malgré les nombreuses descriptions de la nature, des animaux et du comportement humain dont il est ici largement fait le procès.
Un montage du récit, trop alambiqué, nous fait perdre rapidement l'enjeu du récit qui focalise sur une compagnie de rejetons nantis en pleine déroute morale.
C'est parfois drôle, mais trop rarement. Je me laisserai peut-être tenter pas un autre roman, mais je reste dubitative car celui-ci n'est pas aussi exceptionnel que la critique (française ou anglo-saxonne de l'époque) ne l'a laissé entendre.

titre original : The sporting club
année sortie 1968
édition française en 2011 chez Bourgois
traduction de l'anglais (américain) par Brice MATTHIEUSSENT
238 pages
illustration d'entrée de billet : sculpture (auteur inconnu)

Leave a Reply

Merci pour votre contribution à ce carnet de lectures (la modération des commentaires est activée pour les anciens articles)