MEURTRE A CANTON - ROBERT VAN GULIK

Chine, année 680. Le juge Ti séjourne officiellement à Canton pour prendre connaissance des voies commerciales particulières de cette ville portuaire. Officieusement, il enquête aidé de ses deux fidèles lieutenants sur la disparition du censeur Liou, réputé incorruptible qui a été vu récemment dans la ville alors qu'il ne devait pas y revenir après y avoir réaliser son contrôle. Le censeur a t-il découvert  une irrégularité ? a-t-il voulu revenir de façon anonyme et est-il tombé dans un piège ? c'est ce que le juge Ti veut découvrir mais il lui faut déjouer les diverses tentatives de meurtre qui ne manquent pas de se produire dans son cercle de proches.

Ce roman est la 13ème aventure du juge Ti, personnage récurrent de l'oeuvre de l'auteur dont la Chine est la spécialité. Il s'agit d'une relecture pour ma part, ma première date de 1998 et j'en avais gardé un excellent souvenir. Cette fois, déception, je n'ai pas été convaincue par les intrigues emmêlées entre passion amoureuse, empoisonnement, revanche etc... malgré les louanges que je peux lire un peu partout sur ce roman je trouve que les personnages ne sont pas attachants. J'avais l'impression de voir des marionnettes agitées sans parvenir à leur mettre un visage et une personnalité.

Les chapitres sont bien menés et courts, il y a en fait 3 intrigues liées les unes aux autres : la disparition du censeur fait mener l'enquête parmi la communauté arabe, les deux assistants du juge tombent dans un piège et manquent de peu de se faire assassiner. Beaucoup de morts (les malfrats ne sont pas doués : ils se trompent de cibles !) et un final grand-guignolesque.
J'ai cependant apprécié toute la partie sur la société, les coutumes, les trafics à cette époque.
En résumé, une relecture ratée pour moi qui me réjouissait de partir en Chine à une époque ancienne.

Un extrait page 64 :
Ce fut ensuite au tour de Yao de prendre la parole. Assez intimidé au début, il s'enhardit en décrivant son travail, et le juge reconnut en lui un homme d'affaires très entendu. Lorsqu'il eut finit de dresser la liste des produits importés par les divers marchants arabes, le juge lui demanda :
-Mais comment faites-vous pour reconnaître ces gens-là ? Pour moi ils se ressemblent tous ! Ce doit être pénible d'avoir des contacts quotidiens avec ces barbares sans culture.
Monsieur Yao haussa ses confortables épaules.
-Dans les affaires, il faut savoir s'accommoder de bien des choses, Seigneur Juge ! Et un certain nombre de ces étrangers ont beaucoup appris chez nous.

titre original : MURDER IN CANTON
année sortie 1966
traduit de l'anglais par Roger GUERRET
300 pages
illustration d'entrée de billet : View of the European factories par William Daniell

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