AILLON Jean (d') - Juliette et les Cézanne

Début 1944, le capitaine John Cavendish alias "Forbin" est parachuté en Provence en mission secrète pour le compte de Churchill. Il lui faut approcher de dangereux nazis, tenter de vendre deux tableaux de Cézanne en se faisant passer pour le petit-fils héritier de sa femme de ménage. Sa cible est l'antiquaire hollandais Aloys Miedel, envoyé de Goering pour acquérir ces toiles inestimables pour une "bouchée de pain" puisque invendables sur le marché de l'époque. Par le truchement d'une manipulation, la garde rapprochée d'Hitler apprend cette future vente car il y est question d'un tableau qu'a acheté Hitler pour son musée de Linz peu de temps avant. Or le tableau de Linz est un faux et son "entourage", veut absolument récupérer le vrai tableau avant qu'Hitler ne se rendre compte qu'il s'est fait avoir. Kraut, le terrible lieutenant SS est envoyé lui aussi en Provence avec la mission de revenir avec les tableaux coûte que coûte pour la gloire d'Hitler. A Aix, Cavendish rencontre Juliette, une résistante, restauratrice au musée Granet. Les deux jeunes gens affrontent maints quiproquo et dangers pour garder le secret de Cavendish dont les véritables motifs de négoce des tableaux de Cézanne avec les nazis doit rester d'un secret absolu.
Les six hommes étaient assis autour d'une table ronde, sous un énorme ventilateur. Le sol était recouvert de tapis d'Orient et une carte du monde occupait tout un mur, une carte de l'empire britannique qui avait cinquante ans.
Sur la table se dressait une inquiétante statuette romaine en bronze : un faune dansant. Ce faune était le dieu maléfique des forêts, celui qui trompe les hommes avant de les perdre. C'était aussi l'emblème et la marque de la London Controlling Section. (p.342)

De Marseille à Aix, Jean d'Aillon brosse cette fois le portrait non pas d'un policier mais d'un noble anglais engagé dans une histoire d'espionnage destinée à détruire la cohésion allemande pour accélérer la fin de la guerre. L'auteur aime beaucoup ce livre qui emprunte à l'Histoire quelques personnages romanesques inspirés des vrais. Je dois dire que bien que n'aimant guerre les livres sur toute cette période "39-45" ce roman est captivant (lu en 5 jours trajets du matin et du soir !). Un roman émouvant aussi lorsque l'on est plongé dans la vie au quotidien : la peur d'être embarqué pour les camps (seul l'anglais sait que ce sont des camps de concentration, les autres imaginent une simple prison), les tortures, la faim, la malpropreté etc...on comprend bien que ceux qui ont vécu cette période sont marqués à vie. J'ai été étonnée de lire qu'il y avait autant de groupes résistants, qui ne pouvaient absolument rien coordonner entre eux vu qu'ils devaient déjà eux mêmes cloisonner leurs rencontres au cas où l'un d'eux serait pris.
A lire pour découvrir l'art de la guerre !

année sortie 2005 _ édition Grand Chatelet
réédité en 2010 chez Lattès
existe en kindle
275 pages
illustration d'entrée de billet : Les baigneuses par Paul Cézanne

Leave a Reply

Merci pour votre contribution à ce carnet de lectures (la modération des commentaires est activée pour les anciens articles)