Blackwater, tome 5 : La fortune - Michael McDowell
Un cinquième tome peut-être un peu plus sombre avec un accouchement qui ne se fera pas sans douleur spirituelle pour une mère obligée d'abandonner l'une de ses jumelles à la Perdido. Nous lecteur, on peut comprendre à quel point cela peut-être ardu cette coupure maternelle. L'auteur a une incroyable façon de donner aux monstres l'autorisation d'exister dans leur véritable nature sans jugement.
Moi, je ne la trouve pas laide du tout, bien au contraire ! ajouta-t-elle en glissant affectueusement un doigt dans la bouche sans lèvres du nouveau-né et jouant avec sa langue noire et gonflée. Bien au contraire !
- Mais qui va s'occuper d'elle ?
Elinor prit l'enfant et se débarrassa des langes dans lesquels elle avait été emmaillotée.
"Il y en a d'autres là-dessous ? insista Frances. Quelqu'un qui va s'assurer qu'elle mange à sa faim ?" (p.124)
Le titre est on ne peut plus clair et réaliste tant les chapitres se suivent et martèlent comme les machines de forages des puits de pétrole, toutes les étapes qui feront des Caskey de grands propriétaires terriens richissimes. Lors de la lecture, je ne pouvais pas m'empêcher de faire le parallèle avec son roman précédent - écrit en 1980 - "Les aiguilles d'or", dans lequel l'auteur avait pris le parti des scélérats qui s'en sortent au détriment de personnages seulement coupables d'être nés riches.
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édité en 1983 |
Ses puissantes jambes grises glissèrent sur les draps avec un bruit mouillé. A présent qu'ils n'étaient plus captifs de lourdes couvertures, elle étira ses pieds palmés et les fit gigoter. Puis elle se tourna légèrement, et sa puissante queue grise glissa sur le côté du lit pour pendre vers le sol. (p.218)
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origine inconnue (pinterest) |
Illustration d'entrée de billet : Vasilisa Romanenko
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