lundi 20 mai 2024

Stöld - Ann-Helén LAESTADIUS


Stöld suit l'histoire d'une communauté sami et plus particulièrement les évènements subits par Elsa, une fillette âgée de 9 ans qui s'attache à un faon de renne qu'elle nomme Nástegallu. Elle est témoin de l'assassinat gratuit de son faon par un homme qu'elle reconnait mais qui menace de la tuer. Choquée, elle ne veut en parler à personne. Dix ans plus tard, Elsa décide d'agir à sa façon en avertissant les médias, car d'une part, les assassinats récurrents de rennes sont considérés par la police comme des vols et non des meurtres et il y a toujours un classement sans suite (faute de preuve mais surtout faute d'enquête), et d'autre part, les anciens de la communauté Sami choisissent de faire profil bas pour ne pas attirer l'attention sur eux qui subissent déjà la haine de ceux qui ne font pas partie de leur communauté.




Pour ceux qui me suivent sur mon autre blog consacré aux films et séries, vous savez déjà que j'ai vu récemment le film adapté de ce roman ; mais là où le film consacre 10 minutes à l'enfance d'Elsa, celle-ci est détaillé sur un tiers du roman.

Il y avait longtemps que je ne m'étais pas sentie aussi bien en lisant un livre, comme si je retrouvais un endroit satisfaisant, très proche des récits de "nature writing" de mon cher Jim Harrison (ici le lien vers le site que je lui consacre).

En effet, la prose est très agréable, ce roman est très bien traduit (par Anna Postel), il n'y a aucune faute de style, aucune redondance, tout est parfait pour découvrir le peuple sami et partir dans le grand nord en compagnie d'Elsa, le personnage principal mais le roman suit également d'autres personnages : 
- les membres de la famille d'Elsa : son père Père Niels Johan, sa mère Marika, son frère Matthias, les grands-parents,
Anna-Stina, sa meilleure amie âgée de 2 ans de plus, 
- les parents d'Anna-Stina : Ante et Hanna, 
Lasse, l'oncle d'Anna-Stina (petit-frère d'Hanna qu'elle considère comme son fils),
Jon-Isak, le petit frère d'Anna-Stina.

Les journalistes se contentaient généralement d'une brève à propos des rennes morts. Ils ne cherchaient pas à creuser. Celle-ci était peut-être différente. A moins qu'elle ne soit attirée par ces dépouilles de rennes insolemment posées devant la porte du commissariat. Elsa ne voulait pas passer pour une pleurnicharde, elle voulait juste que les gens comprennent. Trop souvent c'étaient les Samis qui criaient le plus fort qui parvenaient à s'imposer dans les médias, car les journalistes aimaient attiser les conflits. Certains Samis aimaient repousser les limites, s'exprimer avec âpreté, mépris, voire de manière menaçante à propos de la société majoritaire. C'était "eux" contre "nous". Elsa avait du mal avec ce genre de rhétorique. C'était beaucoup trop facile pour ceux qui les haïssaient de faire des amalgames, de traiter tous les Samis de chouineurs ou de révoltés. Aujourd'hui c'était peut-être elle qui dépassait les bornes. En restant plantée là, les bras en croix, devant les cadavres de ces animaux. (p.205)

 


Les Sami, dernier peuple indigène d’Europe, sont principalement des éleveurs de rennes (renniculture) et leurs activités s'opposent à la vie des mineurs, ce qui fomente des conflits haineux, qui évoluent parfois de façon dramatique lorsque les rennes en sont les victimes.
La discrimination se propage jusqu'à l'école : petite, Elsa subit du harcèlement (intimidation, y compris de la part d'adultes, elle est mise à l'écart par les autres enfants car la cantine est mixte entre les indigènes samis et les autres) et plus tard, Jon-Isak se bat avec un autre enfant lorsqu'il est traité de "sale lapon" (mot très péjoratif).

L'histoire est fictive mais Ann-Helén Laestadius (journaliste et auteur de livres) s'inspire d'événements vécus par les Samis et détaillent les rapports qu’ils entretiennent avec la nature, les animaux, le cycle des saisons.

Un véritable coup de coeur !
 
publié en 2022 (suédois)
2024 pour la version française


La famille n'avait pas choisi une pierre lisse à la surface brillante  et polie, mais une pierre rugueuse sous la pulpe des doigts, voire acérée par endroits. Aucune ligne droite. Une pierre indomptée pour un homme indomptable. Elsa ne pouvait s'empêcher de penser  que c'était exactement ce qu'il aurait voulu, être dompté, se trouver, être comme les autres, mais cela n'avait pas été possible. Pour des raisons qu'elle était à l'époque trop petite pour comprendre. Les promesses qu'il lui avait faites s'étaient envolées au loin. Et les réponses qu'elle attendait, qui devaient revenir avec le vent, étaient restées lettre morte. (p.180)


Illustration d'entrée de billet : troupeau de rennes sur Les Sami, peuple de Laponie

dimanche 12 mai 2024

Toutes les enquêtes de Chen Cao par Xialong QIU



Voici le billet pour découvrir les enquêtes de l'inspecteur Chen Cao dans l'ordre, les dates correspondent aux publications en VO (anglais)

[Chen Cao a la trentaine]

Mort d'une héroïne rouge / Death of a Red Heroine (2000)

Visa pour Shanghai / A Loyal Character Dancer (2000)

Encre de Chine / When red is black (2004)

Le très corruptible mandarin / A case of two cities (2006)

 [Chen Cao a la quarantaine]

De soie et de sang / Red mandarin dress (2007)

La Danseuse de Mao / The Mao Case (2009)

Les Courants fourbes du lac Tai / Don't cry, Tai lake (2012)

 [Chen Cao a la cinquantaine]

Cyber China / Enigma of China (2013)

Dragon bleu, tigre blanc / Shanghai redemption (2013)

Chine retiens ton souffle / Hold your breath, China (2019)

Un dîner chez Min / Inspector Chen and the Private Kitchen Murder (2020)

Amour, meurtre et pandémie / Love and Murder in the Time of Covid (2023)

Hors temporalité des enquêtes :

genèse de l'inspecteur avec les débuts dans la cité de la poussière rouge et mini biographie de l'auteur

Il était une fois l'inspecteur Chen / Becoming inspector Chen (2015)




illustration : Tony Leung dans "In the mood for love"

Un dîner chez Min - Xiaolong QIU



Les dirigeants du Parti à Pékin offrent un tout nouveau poste à l'inspecteur Chen en tant que Directeur du tout nouveau Bureau de la réforme judiciaire récemment créé pour lui. Sa secrétaire et lui sont d'ailleurs les seuls employés. Dans l'attente de prendre ses fonctions, il est mis en convalescence. C'est alors que Vieux chasseur, le père de son ex coéquipier Yu, le contacte afin qu'il soit consultant dans sa nouvelle affaire de détectives privés. Chen, ne désirant pas attirer l'attention sur lui, refuse dans un premier temps. Vieux chasseur lui parle alors de l'enquête en cours : Min, une célèbre cuisinière tient une table privée qui n'accepte que des personnages hauts placés qui réservent longtemps à l'avance. Elle vient d'être inculpée pour le meurtre de Qing, son apprentie, et l'agence de détective de Vieux chasseur est largement payée par un mystérieux commanditaire pour prouver son innocence.

Chen, désirant réfléchir à la manière d'aborder son nouveau travail sur la justice, jette son dévolu sur une histoire inspirée du juge Ti écrite par Robert van Gulik, qu'il pourrait reprendre en mettant en opposition la juridiction passée avec le présent. En effet, l'inculpation de Min ressemble beaucoup à l'histoire de cette poétesse qui fut accusée sans preuve d'avoir tuée sa servante et condamnée à mort.

Tandis que Min est placée en détention dans la Villa Moller (déjà vue dans Cyber China), Chen aidé de Jin sa secrétaire dévouée, va découvrir le véritable assassin.



Comme dans l'affaire Dragon bleu, tigre blanc, Chen Cao n'est plus inspecteur mais porte le titre de directeur alors qu'en réalité il n'y a pas vraiment de service ni de travail. A ce propos, il y a un "saut" dans la carrière de Chen Cao que je n'arrive pas à expliquer :
Le bureau a été créé il y a un mois seulement, quand j'ai été démis de mes fonctions dans la  police. (p.235)

Quelques personnages du passé font une brève apparition, comme de bonnes fées, le temps d'un avertissement ou d'un coup de pouce :
Le fil de ses pensées fut à nouveau interrompu par un appel reçu sur son téléphone privé. C'était Ling, son ex-petite amie, aujourd'hui ex-femme d'une autre homme. Malgré les années, ils avaient réussi à rester en contact, bien que leur lien se fût quelque peu distendu. Ils étaient comme dans la fable des deux poissons dans l'océan : une immense distance les séparait, chacun était occupé à lutter contre les courants, mais ils savaient que l'autre nageait dans les mêmes eaux et ils se rappelaient de temps en temps les moments passés ensemble. (p.66)
  • Gu, le promoteur ultra riche et une aide souvent précieuse pour Chen
Chen hésita un instant, puis composa le numéro privé de M.Gu. c'était une des rares personnes que Chen n'avait jamais réussi à cerner. Homme d'affaires au flair indéniable, il avait été un des premiers à deviner le potentiel du complexe immobilier du New World, aujourd'hui l'un des endroits les plus en vue de Shanghai. Président de la New World Coopération, propriétaire de multiples magasins au sein du centre commercial et promoteur de gigantesques projets dans tout le pays, il était devenu une des plus grosses fortunes de Chine. Bien qu'il se prétendit grand ami et admirateur de l'inspecteur principal, Chen avait toujours pris soin de garder ses distances. Par le passé, M.Gu n'avait pourtant jamais refusé de l'aider et n'avait pas hésité à le tirer de plusieurs mauvais pas au cours de ses enquêtes. (p.170)

  • D'autres apparaissent comme Jin, la secrétaire de Chen ; la jeune femme a fait des études d'histoire et celle-ci va s'éprendre du ténébreux et tourmenté ex inspecteur. 
Chen, avait-elle constaté avec amusement, s'exprimait plus comme un intellectuel que comme un inspecteur de police - et pas du tout comme un cadre du Parti à la bouche pleine de formules ronflantes.
Et il n'avait pas l'air d'un homme vieillissant et malade, ce qui semblait confirmer les rumeurs au sujet des véritables raisons de son congé. (p.61)

Si je suis toujours heureuse de lire les aventures de Chen j'avoue ne pas bien comprendre le sort que l'auteur lui réserve même s'il y a cette piste annoncée à plusieurs reprise qui consisterait à le nommer directeur du bureau de la réforme du système judiciaire à Pékin.

Affaire à suivre ! 
publié en 2020, et 2021 pour la traduction française


Une autre sonnerie s'échappa de  son téléphone. sans doute un message WeChat de Jin. En réalité, c'était un selfie la montrant appuyée contre la fenêtre du bus, les doigts posés sur les lèvres comme pour lui envoyer un baiser. Il se retint d'accorder trop d'importance à son geste. (p.242)

 

Illustration d'entrée de billet : Chen Yiming

Chine retiens ton souffle - Xiaolong QIU



L’inspecteur Chen est réintégré dans la police au service des "affaires spéciales" qui nécessitent discrétion, rapidité et mise en évidence de la capacité du Parti à régler les problèmes épineux.
Cette fois, un meurtrier en série sévit au petit matin, les victimes n'ont à priori rien en commun mais l'on retrouve à leur côté un masque jaune. Parallèlement à cette enquête, l'inspecteur Chen est prié par son mentor Zhao supérieur de se renseigner sur l'une de ses connaissances : Shanshan qu'il avait rencontré il y a quelques années lors de sa mise au vert à Wuxi (roman Les courants fourbes du lac Tai). Celle-ci est désormais mariée avec un "gros-sou", tient un blog très célèbre sur les questions environnementales et travaille à la finalisation d'un documentaire sur la pollution atmosphérique en Chine, fatale pour nombre d'individus. Tandis que son fidèle adjoint Yu prend en charge l'enquête sur le tueur en série, Chen fait jouer ses relations de l'union des écrivains pour en apprendre plus sur la teneur du documentaire qui doit bientôt être diffusé.



Cette enquête est le 11è roman des aventures de Chen Cao mais il vient en 10è position des enquêtes dans la mesure où le roman numéro 10 : "Il était une fois l'inspecteur Chen" n'est pas une enquête mais un retour en arrière sur la genèse de l'inspecteur qui rejoint l'histoire personnelle de l'auteur.

En cinq jours (1 chapitre par jour), Chen va résoudre le mystère du tueur au masque jaune et faire en sorte de protéger la sortie du documentaire de son ancien amour.

Ce que j'apprécie dans les romans du cycle de Chen Cao c'est la permanence des rôles et des personnages :
  • Yu, le coéquipier fidèle de Chen
"Yu disait toujours : "Travailler avec l'inspecteur Chen est lune des meilleures choses qui me soit arrivée", et elle ne pouvait qu'approuver. (p.59)
  • Peiqin, l'épouse de Yu, comptable d'un restaurant d'état, restauratrice, cuisinière hors pair et détective amateur pour Chen et Yu.
"Ne parle pas de ton travail en mangeant. Ca va t'empêcher de digérer" conseilla Peiqin dans un sourire malicieux avant de déposer une autre pousse de bambou dans le bol de son mari. (p.60)
  • Zhao, un haut gradé dans la hiérarchie du Parti, qui cherche à sauver Chen de ceux qui veulent s'en débarrasser
"-- Zhao, l'ancien premier secrétaire de la Commission centrale de la discipline l'a appelé ce matin, de but en blanc, pour requérir ses services. Une mission tellement confidentielle que le secrétaire du Parti Li n'a même pas osé poser des questions, encore moins refuser.
--C'est peut-être une bonne chose pour Chen, Ca montre qu'il a au moins une personne dans la Cité interdite qui lui fait confiance. je comprends mieux pourquoi il ma contactée avec autant de précautions. Encore une affaire particulièrement sensible, je parie. (p.62)
  • Et aussi la reprise de certains personnages apparaissant dans d'autres romans ; ici Shanshan que Chen avait rencontré quelques années auparavant.
"Au cours de cette enquête, il a vécu une histoire d'amour qui l'a énormément fait souffrir.
-Comment tu le sais ? Il ne m'en a jamais parlé.
- Tu es un bon enquêteur, mais tu ne sens pas ce genre de choses, surtout quand il s'agit de ton cher inspecteur.
Elle posa ses pieds nus sur le sol et alla chercher un numéro de Littérature de Shanghai sur une petite étagère  d'angle. "Il a écrit un poème sur son aventure. je l'ai lu dans ce magazine.
- Un poème d'amour ?
- Pas vraiment. La femme est une militante écolo. Chen a écrit ce poème après ses vacances là-bas. Quand il est rentré, pendant des mois il n'était plus que l'ombre de lui-même. Tu crois que ce voyage à Wuxi a un rapport avec cette femme ? (p.63)

Je dois avouer qu'à chaque roman, j'attends que Chen trouve un peu le repos qu'il mérite et c'est aussi pour cela que je suis attachée à lire ses aventures.



Chen ne pouvait en vouloir à Shanshan de ne pas avoir quitté Jiang pour lui. A l'époque, elle ne savait pas qu'il était marié. Et une fois qu'elle l'avait appris, Chen ne pouvait pas lui reprocher non plus d'avoir  quitté Jiang pour Yao. Lui-même était loin, il ne donnait pas de nouvelles, son travail occupait tout son temps et on esprit.
Depuis leurs adieux à Wuxi, il lui avait fait signe une fois en lui envoyant le numéro de "Littérature de Shanghai" où était publié son poème. Mais il ne lui avait pas transis ses coordonnées. Avait-il agi par magnanimité, comme disait Huang ? Il savait bien que non. Il avait simplement adopté une posture pathétique dictée par un égo blessé. (p.113)

  

Illustration d'entrée de billet : Junyi Liu "Walking Into Utopia"

samedi 4 mai 2024

Katie - Michael MCDOWELL

"Bien mal acquis ne profite jamais"


Philomena "Philo" Drax vit très chichement avec sa mère depuis la mort du père, car si elles possèdent leur maison, elle doivent encore rembourser un emprunt à peine couvert par les travaux d'aiguilles de la mère. De son côté, Katie Slape vit avec son père et la deuxième femme de celui-ci qui n'a pas hésité à éliminer son premier mari afin d'acquérir sa fortune. Il reste encore le beau-père à éliminer, et celui-ci n'est autre que le grand-père de Philomena. Echappant à la surveillance du trio maudit, le grand-père parvient à envoyer une lettre pour demander l'aide de Philomena afin qu'elle vienne le sauver des griffes des Slape. Philomena arrive incognito dans la maison de son grand-père pour constater qu'il est retenu prisonnier et harcelé afin qu'il cède sa fortune aux Slape.

Philomena la douce va se heurter à Katie la sanglante dans une traque sans pitié entre le New Jersey et new York.



Le roman prend place entre 1863 et se termine en 1891, sur la côte est des États-Unis (New Jersey, New York). Dans ce roman, Michael McDowell explore de nouveau le thème de la famille maudite (voir "les aiguilles d'or") dont le seul but dans l'existence semble être d'accroitre sa fortune afin de vivre sans travailler et profiter des spectacles de fin de journée. Pour cela, le don de Katie est bien utile car elle détrousse (et tue) celles et ceux qui sont venus écouter leur bonne aventure. Pour s'opposer à cette famille sans scrupule, l'auteur choisit une jeune fille du même âge que Katie, qui ne dispose pour toute force que sa volonté, sa droiture, sa bonne éducation, et son amour pour les siens et ceux qui lui sont chers : des qualités qui lui vont lui permettre de déjouer beaucoup de pièges mortels.

Le roman est découpé en chapitres courts, consacrés à l'une ou l'autre des filles (Katie ou Philo, jusqu'aux retrouvailles finales) ; j'ai beaucoup aimé cette histoire de vengeance que j'ai lu très rapidement malgré les 450 pages. Car malgré la noirceur du fond de Katie la terrible, l'auteur nous offre un conte de fée pour Philo qui trouvera son prince charmant ! Et ceci est suffisamment réjouissant pour que l'on pardonne la succession de meurtres tous plus horribles les uns que les autres.

McDowell est un auteur dont j'apprécie beaucoup le style, et j'ai hâte de découvrir ses autres romans que la maison d'édition "Monsieur Toussaint Louverture" a décidé de rééditer dans l'ordre de parution originale. 

réédition le 19/04/2024

John passait des journées à l'échoppe du barbier, Hannah faisait du lèche-vitrine, et Katie attendait patiemment des clients. Le soir, ils allaient au spectacle. Ils n'étaient pas recherché par la police pour le meurtre du vieil homme, ils étaient loin de Goshen et de Philadelphie, ils n'utilisaient même pas leur vrais noms. (p.151)
parution initiale 1980


Bonus

La maison Monsieur Toussaint Louverture proposait un pack de goodies pour promouvoir la sortie de ce roman et commencer à s'immerger dans son atmosphère particulière 

les goodies : la lettre du grand-père de Philo qui demande le secours
une invitation à l'occasion de la sortie du roman
la carte de visite de Katie, la voyante
de l'argent envoyé par le grand-père pour les frais de voyage de Philo


Illustration d'entrée de billet : The Ferry at Brooklyn, New York - William Henry Bartlett, colorié par G. K. Richardson