Crime à quatre mains - Christian JACQ
Il passa, sans y prêter attention, devant une statue en marbre d’Athéna, déesse de la sagesse, l’emblème du club, puis monta un escalier dont la rampe en fer forgé était ornée de volutes aériennes, traversa un palier et pénétra dans le salon de musique, son havre de paix. Tentures de velours couleur or, lampadaires de style retour d’Égypte, fauteuils victoriens au dossier en forme de lyre, canapé rouge semi-circulaire, piano à queue et harpe se détachant sur un tapis d’Iran aux motifs géométriques… L’endroit était chaleureux, empli de mélodies muettes. Sur le plus long mur, des tableaux signés sir Francis Branir. Ils représentaient des hommes en méditation devant des montagnes, des pêcheurs, un combat entre deux épéistes. Bien des marchands avaient tenté de persuader le peintre de les vendre et d’entamer une carrière artistique. Mais sir Francis était demeuré intraitable. Le salon de musique… sa création. Avec la plus belle de ses réussites, la présidence du club Tradition. Ici se faisaient et se défaisaient bien des destinées, ici se rencontraient les plus hautes personnalités, loin des oreilles indiscrètes. Sir Francis, tel un grand prêtre, régnait sur cet univers secret dont il était le seul à posséder toutes les clés. (p.14)
À Londres, dans le très sélect club "Tradition" réservé aux hommes de qualité pour y faire des alliances professionnelles ou politiques, est retrouvé le corps de son directeur sir Francis Branir, un ancien as de l’aviation britannique. Une ou plusieurs mains l'ont poignardé quatre fois dans le dos alors qu'il était assis à son piano. Scott Marlow de Scotland Yard est sur le coup et se fait aider de l'ex-inspecteur Higgins car l'enquête doit être rapidement bouclée. Interrogeant patiemment les quatre 4 couples invités ce soir là, le secrétaire et confident de Branir, mais aussi une clocharde installée non loin du club, Higgins va démêler le vrai du faux avant de révéler les noms des coupables.
Une enquête assez classique de cosy mystery : peu de protagonistes, un lieu unique, l'atmosphère d'un club anglais décrit comme étant un lieu de refuge, voilà tout ce qu'il faut pour passer un bon moment de lecture sans effusion d'hémoglobine exagérée. C'est pour moi le premier roman des enquêtes de l'inspecteur Higgins mais c'est le 52è dans l'ordre de sortie. L'auteur, que je connaissais pour ses romans sur l'Egypte, m'a convaincue de sa capacité à écrire des romans policiers et il est vraisemblable que j'en lise un autre. Le style est agréable sans être très littéraire, j'entends par là : pas de phrases extraordinaires qui sortent des lieux communs mais l'ensemble reste plaisant.
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publié en 2024 |
— La victime a été assassinée de manière sauvage et barbare. À quatre reprises, on lui a planté une lance dans le dos. L’une des blessures est si profonde qu’elle lui a transpercé le cœur. Le coup a été porté avec précision et une grande violence. Un deuxième coup, lui aussi mortel, a perforé le poumon droit. Les deux dernières plaies sont moins graves. L’arme a dérapé sur l’omoplate. (p. 27).
Illustration d'entrée de billet : © Françoise Augustine "Amadeus"
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