Enquête royale à Balmoral - Anna CAZINE
Eté 2004, la Reine Elizabeth II part en vacances pour Balmoral où elle recevra également la visite de ses deux dames de compagnies et amies depuis plusieurs dizaines d'années : Lady Susan et Lady Helena. Les rejoignent également Lord Barteley membre des Affaires étrangères et son épouse pour un premier séjour, ce qui s'avère assez stressant pour le couple peu habitué aux mondanités en vigueur lors du séjour écossais. Au cours d'une randonnée en direction d'un pique nique, Lord Barteley rebrousse chemin, officiellement car il a oublié de prendre ses médicaments. Toutefois, il n'arrivera jamais au château, une battue est alors décidée pour le retrouver sans succès. La Reine décide d'aller elle-même à l'endroit de la disparition présumée et découvre le corps du diplomate en contrebas d'un talus. Débute alors une enquête discrète pour déterminer qui a voulu éliminer le lord car son fils Charles semble cacher son emploi du temps et elle craint qu'il ne soit lié à cette affaire.

Avec ce roman, je retrouve les cosy-mystery ou les mystères en vase clos, comme les écrivaient si bien ma chère romancière Agatha Christie dont j'ai lu tous les romans.
Comme dans Pas le moral à Balmoral de S.J.Bennett, sa majesté Elizabeth II est l'enquêtrice d'un drame qui la touche personnellement : dans le "pas le moral à Balmoral", elle voulait protéger son époux, ici elle cherche à savoir si son fils est coupable de quelque chose car il n'a pas d'alibi à l'heure présumée du meurtre, car il ne s'agit pas d'un malencontreux accident.
Aidée de ses dames de compagnie en qui elle a toute confiance, elle cherche à découvrir des indices sur les raisons qui pousseraient quelqu'un à éliminer un membre du gouvernement et au fil de ses rencontres avec les voisins de Balmoral, elle découvre qu'une vieille superstition parle d'un Guerrier noir qui revient d'entre les morts pour protéger le souverain.
— Vous avez vu quelque chose ? interrogea la reine, intriguée.— Et bien... oui et non. Je ne veux pas vous effrayer, Madame, mais je pense que vous êtes en danger... — Pourquoi dites-vous cela ? demanda-t-elle en conservant son sang-froid.— Je crois que le Guerrier Noir est revenu pour vous protéger.— Qui ? Essayez d'être claire, et cessez de parler par énigmes, voulez-vous ? s'impatienta-t-elle. De quoi parlez-vous ?— Oh... s'étonna son interlocutrice. Je croyais que vous connaissiez la légende. Devant l'expression abasourdie de la reine, elle enchaîna, tandis que Jeff commençait à brouter ce qui se trouvait à sa portée, devinant que l'arrêt allait se prolonger. — Alors, je vais vous l'expliquer. Depuis la bataille de Culloden, le Guerrier Noir revient quand son seigneur est en danger, pour le protéger. On raconte que ce guerrier, lors de cette terrible bataille, n'avait pas réussi à protéger Charles Stuart, et qu'il se sentait responsable du massacre de Culloden, commença-t-elle. Durant cette bataille, qui avait eu lieu en 1746, les Highlanders écossais avaient été massacrés par l'armée anglaise. Les Highlanders se battaient pour mettre sur le trône Charles Stuart, qu'ils considéraient comme le seul roi légitime. Après cette défaite, les Ecossais ne pouvaient plus mettre en avant leur culture, et n'avaient plus le droit de se vêtir de kilt, ou de jouer de la cornemuse. Et Charles Stuart avait dû fuir pour se mettre à l'abri. — Le Guerrier Noir est ensuite retourné finir ses jours dans son manoir de Crathie Lodge, où il est mort de honte, seul, dit-on. Depuis, son fantôme erre en ces lieux. Mais s'il sent son seigneur en danger, il réapparaît, accompagné de trois corbeaux, et il tue celui qui en veut à son maître. Et aujourd'hui, son maître, c'est vous, Madame, n'est-ce-pas ?
Mêlant habilement faits historiques, légendes du cru, complot pour destituer la couronne, hasard de rencontres improbables, détails du quotidien de la famille royale : son emploi du temps entre marche, promenade à cheval, pêche, jeux de société, l'auteur brosse un portrait plutôt sympathique d'Elizabeth II qui n'a pas de jour de repos : même en vacances elle se tient au courant des évènements politiques et sociaux et répond à ses nombreux courriers ; de plus, elle doit toujours sembler maîtresse d'elle-même et de ses émotions même dans la plus grande inquiétude.
La lecture est très facile et agréable, la fin arrive un petit peu trop vite après les longues tergiversations liées au passage en revue de tous les suspects, mais le plaisir de lecture est constant et la conclusion au mystère tient la route.
Dévoilement [Les pièces du puzzle commençaient à se mettre en place. Depuis le début, elle avait pensé que lord Barteley avait découvert un complot la visant, et qu'il avait été tué par la taupe, le traître... Mais si c'était lui, lord Barteley, le traître, et que Duncan l'ait compris en surprenant une discussion à Marrakech entre le lord et ce Zwatsky ? Et qu'il ait profité de la présence du lord à Balmoral pour le supprimer ? Et qu'il ait donc rempli son rôle de guerrier noir, protecteur de la Couronne, comme dans la légende ? Tout s'expliquait... la disparition du dossier, l'attitude étrange de lord Barteley, toujours en retard mais qui devait fouiller un peu partout quand tout le monde était sorti... Qui se serait méfié d'un personnage aussi maladroit ?] fin du dévoilement.
Illustration d'entrée de billet : Bataille de Culloden par David Morier (1746)
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