mercredi 26 août 2026
La Place de l'Étoile - Patrick MODIANO
dimanche 16 août 2026
Paris au mois d'août - René FALLET
Paris au mois d'août dans les années 60. Henri Plantin, 40 ans, vendeur d'articles de pêche au grand magasin la Samaritaine n'a pu obtenir son mois de vacances aussi sa femme et ses enfants partent sans lui ce qui ne le chagrine pas trop car il aura ainsi son mois de septembre tranquille pour pêcher. Sa vie bascule lorsqu'il rencontre une jeune anglaise de 27 ans ; le couple va vivre 3 semaines de parenthèse amoureuse rythmée par des visites, des repas, et beaucoup d'amour et de thé chaud.

Un livre qu'une amie m'a offert il y a quelques mois, j'ai attendu le mois d'août pour être raccord avec le titre même si je ne l'ai pas lu à Paris. C'est léger, souvent drôle, mais je n'ai pas trop apprécié cette histoire d'adultère "crise de la quarantaine" pour monsieur, mon côté vieux jeu sans doute.
Il est en revanche intéressant de découvrir 60 ans plus tard ce que l'auteur raconte du Paris d'alors :
- les halles qui existent encore (elles ont été détruites en 1971) : "C'est passé au conseil municipal, se lamenta Rosenbaum, vont transférer les Halles en banlieue et raser le secteur. -- Nous avec ? -- Nous avec, Bitouillou. On est pas monuments historiques". (p.43),
- la circulation dans Paris,
- le tourisme et les touristes (très drôle),
- les retrouvailles d'amis au café pour discuter et jouer au tiercé,
- un peu de politique aussi :
A cette heure, c'était le meilleur moment de la journée pour Ulysse Gogaille, dans les couloir du métro Châtelet. Assis sur une pliant - il tenait à ses aises -, calamiteux et l'oeil humide, il psalmodiait ses appels à la pitié tout en couvrant d’opprobre un gouvernement dont l’essentielle grandeur consistait à laisser les vieillards autochtones crever de faim, quitte à gaver de manioc d'autres vieillards, en Oubangui-Chari. (p.29).
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| publié en 1964 |
mercredi 22 juillet 2026
Dimanches d'Août - Patrick MODIANO
Quelques années après certains évènements douloureux pour Jean, le narrateur, celui-ci rencontre incidemment Villecourt, l'ancien compagnon de Sylvia avec qui il a vécu une histoire d'amour rocambolesque. Pressé par ce dernier qui demande des nouvelles de Sylvia, Jean cherche à l'éviter et se réfugie dans ses souvenirs en partageant avec le lecteur les circonstances de leur rencontre et de leur séparation.

Voici mon huitième roman de Modiano (j'ai emprunté celui-ci à la bibliothèque ais j'en possède la plupart) et je suis toujours épatée par sa capacité à mener son lecteur par le bout du nez, ou plutôt, au bout du livre, réorganisant à la guise la mémoire de son protagoniste, qui doute parfois de la réalité des personnes rencontrées, qui superpose les lieux comme le boulevard des anglais à Nice où il réside désormais, et un même boulevard à La Varenne, sur les bords de Marne, où il rencontra la dénommée Sylvia.
Modiano lève le voile progressivement sur les mystères qui entourent le début du roman où l'on atterrit comme si l'on arrivait en retard à une pièce de boulevard, sans oser demander à son voisin "qu'est-ce qui se passe"? Patience, tu le sauras bien assez tôt murmure alors le maître du temps...
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| A.Édouard bord de Marne |
Comment les amants réfugiés dans la grande Nice le temps de se débarrasser avantageusement d'un bijou encombrant tombent sous la coupe d'un non moins étrange couple des plus suspects, quasi fantomatiques. Comment Jean se retrouve, des années plus tard tel un fantôme, avec pour seul témoin son album photos de son projet éditorial des "plages fluviales".
Je n'étais pas encore un fantôme, comme ce soir. Je me disais que nous allions tout oublier et tout recommencer à zéro. C'était la phrase que je me répétais en suivant la rue Gounod d'un pas de plus en plus léger. (p.38)
En effet, la fin arrive vite, comme une urgence qui laisse le lecteur libre de combler les non-dits ; avec Modiano, ce procédé ne me gène pas trop, en tout cas, il ne me gêne plus, car chaque histoire poursuit la mythologie de cet auteur atypique qui continue sa broderie littéraire des amours perdues.
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| publié en 1986 |
illustration : La fenêtre ouverte à Nice, 1919, Henri Matisse
mardi 26 mai 2026
L'artiste - Lucy STEEDS
1920. Joseph Adelaide, un jeune journaliste anglais en rupture avec son père qui désapprouve son métier pénètre l'intimité de Savinien Goubert, un peintre renommé réfugié en Provence sur lequel il souhaite écrire une série d'articles. Il fait la connaissance de Suzanne, la nièce du peintre qui cache un sombre secret. Dérouté par l'accueil froid qu'on lui réserve après l'invitation pourtant reçue, il l'est encore plus lorsque le peintre se retrouve pris comme modèle du peintre.

Mon avis
Développement
- difficultés / impossibilité pour les femmes d'accéder à une instruction égale à celle des hommes dans les écoles d'art (Suzanne),
Durant les séances de pose avec modèle, elles étaient priées de sortir. Elles avaient le droit de peindre des paysages et des corbeilles de fruits, mais pas des personnes. Pas de corps, pas de membres dénudés.
- avoir des appuis pour être reconnus dans le milieu de l'art (Raimondi),
- difficulté d'écrire lorsqu'on est submergé par d'autres émotions (Joseph),
- séquelles traumatiques de la guerre : blessures physiques et mentales (Rupert, le frère de Joseph et Suzanne),
- engagement des algériens dans la 1ère guerre mondiale pour la France (normal puisque l'Algérie étaient alors 3 départements français !!!)
- recherche de paternité (Suzanne),
- famille dysfonctionnelle avec des relations peu amènes, humiliation, harcèlement moral (Vigou envers Suzanne),
- place de la femme dans la famille : aide, support, pourvoyeuse de nourriture, effacée (Suzanne).
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| publié en 2025 "The Artist" publié en 2026 en français |
dimanche 1 février 2026
Les années - Virginia Woolf

La guerre était finie – quelqu’un le lui apprit pendant qu’elle faisait la queue à l’épicerie. Les canons tonnaient et les sirènes se lamentaient. (chapitre 1918)
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| Dudley house (près de Hyde park comme la maison des Pargiter) |
Elle (*) s’était parlé à elle-même, tout haut, dans l’omnibus. Il fallait perdre cette habitude, attendre l’heure de se laver les dents. L’omnibus s’arrêtait, heureusement. Elle sauta à terre, pressa le pas sur Melrose Place, et se sentit jeune et vigoureuse. Elle observait tout avec des yeux neufs, après le Devonshire, et remarqua la longue perspective d’Abercorn Terrace, avec ses nombreuses colonnades. Les maisons ornées de porches et de jardins en façade avaient toutes un aspect éminemment respectable ; dans chaque pièce, sur le devant, elle croyait voir le bras d’une femme de chambre passer sur la table, mettant le couvert pour le déjeuner. Dans plusieurs salles à manger, les gens s’asseyaient déjà. On les apercevait par l’entrebâillement en forme de tente que traçaient les rideaux. Eleanor serait en retard chez elle, pour le déjeuner ; elle monta en courant les marches du perron et enfonça sa clef dans la serrure. Puis, comme si elle les entendait prononcer, des mots se formèrent dans son esprit : « Quelque chose de joli, qu’elle pourrait porter. » Elle s’arrêta, avec sa clef dans la serrure. L’anniversaire de Maggie, le cadeau de son père, elle l’avait oublié et redescendit les marches en hâte. Il lui fallait encore allez chez Lamley. (* il s'agit d'Eleanor)
Elle avait l’impression que les choses passaient devant elle, tandis qu’elle était étendue sous le drap. Mais ce n’est plus le paysage qui passe, songea-t-elle, ce sont les vies humaines, nos vies changeantes.
Alors Crosby,* avec Rover au bout de sa chaîne, se mit à descendre de biais les marches glissantes. Eleanor tint la porte ouverte et les suivit des yeux. C’était un moment affreux, malheureux, confus, où tout semblait faux. Crosby avec son désespoir, et elle-même si satisfaite. Cependant, ses larmes se formaient et tombaient, tandis qu’elle tenait la porte. Ils avaient tous vécu là ; c’est d’ici qu’elle faisait un geste de la main à Morris lorsqu’il allait à l’école ; là, dans ce petit jardin qu’ils plantaient des crocus. Et maintenant Crosby, sous les flocons de neige qui tombaient sur sa capote noire, grimpait dans le fiacre avec Rover dans les bras. Eleanor ferma la porte et rentra. (Crosby : l'aide de maison des Pargiter)
Tandis qu’elle restait les yeux fixés sur le fleuve, un sentiment, enfoui au fond d’elle-même, traça une ébauche avec les lignes du courant. Le dessin était douloureux. Elle se souvenait d’une soirée, après certaines fiançailles. Elle était à cette même place ; elle pleurait ; ses larmes coulaient, et son bonheur, semblait-il, s’effondrait.
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| publié en 1937 |
Les années apportent des changements, détruisent certaines choses, en entassent d’autres ; ennuis et soucis reparaissent.
jeudi 18 septembre 2025
Jours de révolte - Gigi LEUNG LEE-CHI
« Retrait ! » – retrait des cours d’éducation patriotique chinoise, retrait du plan de développement urbain dans les Nouveaux Territoires, retrait de la décision du 31 août, retrait de la loi d’extradition.
Tandis que pour ces jeunes sous pression, tristes et en colère qui, quelques jours plus tôt, faisaient encore du sport, allaient à l’école, révisaient et mangeaient ensemble, un ami, leur ami, avait été filmé en train de se faire tirer dessus avant de s’écrouler au sol pour se taire, le torse en sang. Ils n’avaient toujours pas pu le voir. Pourquoi s’était-il effondré dans une mare de sang tandis qu’eux, en parfaite santé, continuaient à aller en cours, à faire leurs devoirs, à manger, à faire leurs besoins, à dormir, à utiliser leurs portables – à vivre, finalement ? Comment digérer ça ?
Telles des aiguilles, ces remarques avaient crevé le ballon de son idéalisme.
Certains d’entre eux, hongkongais par le droit du sol ou frontaliers, habitent Shenzhen mais vont à l’école à Hong Kong pour des questions d’état civil. Ils partent tous les après-midi à 16 heures pour avoir le temps d’arriver à Lo Wu et de prendre ensuite le bus de Shenzhen qui les ramène chez eux en deux heures. Ils arrivent à 20 ou 21 heures, finissent leurs devoirs ou révisent puis se couchent car ils doivent se lever à 4 heures tous les matins. Ils passent presque huit heures par jour dans les transports.
Ce sentiment, son moi d’avant, celui qui ne portait qu’un masque ordinaire et qui traînait sans but, l’a connu lui aussi. Un jour, une grenade lacrymogène s’est coincée dans un arbre tout proche de lui, explosant dans une pluie d’étincelles rouges. Il y a eu de la fumée partout. Ça lui a rappelé un feu d’artifice qu’il avait vu au Japon : à l’instant précis où les premières fusées avaient explosé, ses yeux l’avaient fait affreusement souffrir.
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| 13 août 2025 |
samedi 6 septembre 2025
Tant mieux - Amélie NOTHOMB
Parfois, elle se jetait dans les bras de sa mère et lui déclarait son amour. Maman souriait et répondait tendrement à ses effusions. - Moi aussi je t'aime ma chérie. La petite levait alors vers le visage maternel un regard adorateur. Les yeux disaient le tant mieux de l'amour, l'amour sans causalité, je t'aime, j'ai horreur de tes actes, je ne te changerai pas, tu ne changeras pas, je t'aime, ni donc, ni alors, ni par conséquent, ni malgré, ni rien. Tant mieux.
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| publié en 2025 |
dimanche 31 août 2025
Europolis - Jean Bart
À la table des capitaines de chalands et de remorqueurs, les marins qui n’étaient jamais sortis du Danube – les marins d’eau douce, comme les appelaient par dérision ceux de la mer – approchaient silencieusement leurs chaises, dressaient l’oreille pour mieux saisir tout ce qui se disait à la table des véritables capitaines, ceux des bateaux maritimes.Ils écoutaient tous avec attention et dévotion. Certains hochaient la tête avec mélancolie, en souvenir et au regret des occasions perdues de leurs jeunesses. D’autres, silencieux, étaient plongés dans leurs pensées, les yeux dans le vague, égarés dans le mirage de l’Amérique vue à travers le prisme de leurs esprits. Où seraient-ils ? Qu’auraient-ils fait s’ils étaient eux aussi partis au bon moment de l’autre côté de l’océan ? Et chacun croyait dur comme fer qu’il aurait gagné des milliards là-bas, sur la terre des promesses, que cette marâtre de destinée n’avait pas consenti qu’ils atteignent au cours d’une vie écoulée en pure perte. (p.19)
Et tous, les yeux avides, la déshabillaient du regard. Ignorante de la tempête qu’elle déchaînait, elle passait, sereine, pleine d’aplomb, d’une gracieuse harmonie, hautaine comme une reine orientale. Le turban donnait à sa beauté un air biblique. (p.78)
L’Américain fut célébré comme un authentique héros de l’Antiquité, de retour dans sa patrie après une longue odyssée. (p.66)
L’Américain gardait le silence. Il avait compris ces embrouilles dès son arrivée. Tous le croyaient riche. Que faire ? Devait-il crier sur tous les toits qu’il était cramé ? Personne ne l’aurait cru. Il patientait en silence. Il s’était forgé une carapace, rigide, impénétrable, comme un escargot, il se terrait dans sa coquille.Silencieux, renfermé, il répondait à peine aux questions. Il avait du mal à s’exprimer, dans ce grec écorché mâtiné de mots roumains et français.– Le pauvre a oublié sa langue maternelle, compatissaient certains. (p.70)
Un autre mécanicien se passionnait pour l’aviation. Il tenait fin prêt le prototype d’un avion qui se déplaçait en l’air, dans l’eau et sur terre. Il ne lui manquait plus que le moteur. Le fuselage, il l’avait fabriqué seul. Pour les ailes, revêtues de soie, il avait sacrifié la robe de mariée de sa femme. (p.75)
Cette jeune fille innocente et frêle, qui avait grandi à l’abri des souffrances endurées par son père, au couvent des religieuses missionnaires, qui avait été accueillie avec admiration et miellosité aussi longtemps que le monde l’avait crue riche, découvrait subitement la férocité des gens et les misères de la vie. (p.231)
- La population mixte de Sulina et le lieu de l'embouchure. Le village de pêcheurs roumains se transforme avec l'installation de la commission européenne du Danube qui fait prospérer le site. Le Danube drainant toute sorte d'alluvions, il faut régulièrement l'entretenir sans quoi il se bouche et rend impossible la navigation en entrée et sortie.
- Le rêve américain. Le nom d'Amérique évoque un renouveau mais aussi un enrichissement possible, les temps étant ce qu'ils sont et ce qu'ils seront toujours, chacun se met à spéculer et à envisager une fortune à portée de main.
- L'amour, l'innocence, la vertu. Les femmes, ce que j'ai nommé les "reines" dans mon résumé, sont victimes de l'amour. L'amour non partagé, absolu, sans réserve.
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| publié en roumain en 1933 publié en français en 2016 |
En savoir plus sur la CED en image sur cette page
Une réédition en 2025 chez les argonautes éditeur
samedi 9 août 2025
Les prénoms épicènes - Amélie NOTHOMB
"J'ai onze ans. Encore sept années à tirer dans cette prison. Comment vais-je tenir ?"En guise de réponse, un grand froid s'empara d'elle. Il existe un poisson nommé cœlacanthe qui a le pouvoir de s'éteindre pendant des années si son biotope devient trop hostile : il se laisse gagner par la mort en attendant les conditions de sa résurrection. Sans le savoir, Epicène avait recouru au stratagème du cœlacanthe. Elle commit le suicide symbolique qui consiste à se mettre entre parenthèse.(p.71)
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| Alexandra Mazilu (unsplash) |
Quand on a été mordu par un serpent, il faut aspirer le venin et le recracher. "Comment procéder quand la morsure est située partout en soi ?" se demandait-elle. (p.135)
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| publié en 2018 |
dimanche 13 juillet 2025
La gouvernante italienne - Iris MURDOCH
Une voix féminine au-dessus de moi prononça doucement mon nom. Je m'arrêtai et levai les yeux. Un visage me regardait par-dessus la rampe, un visage que je reconnus confusément, en partie. Puis je me rendis compte que ce n'était que mon ancienne gouvernante, l'Italienne. Depuis que nous étions petits, nous avions toujours eu dans la maison une série de gouvernantes italiennes. (p20).
Et il y a toujours, je suppose, nombre de bonne raisons pour les femmes malheureuses de supporter le mal qu'elles connaissent plutôt que se jeter dans l'inconnu. (p26).
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| publié en 1964 (anglais) et en 1967 pour la version française |
lundi 14 avril 2025
Rue des boutiques obscures - Patrick MODIANO
Nous pénétrâmes dans le labyrinthe par une de ses entrées latérales et nous nous baissâmes, à cause de la voûte de verdure. Plusieurs allées s'entrecroisaient il y avait des carrefours, des ronds-points, des virages circulaires ou en angle droit, des culs-de-sac, une charmille avec un banc de bois vert... Enfant, j'avais dû faire ici des parties de cache-cache en compagnie de mon grand-père ou d'amis de mon âge et au milieu de ce dédale magique qui sentait le troène et le pin, j'avais sans doute connu les plus beaux moments de ma vie. (p.90)
Je pensais à Freddie. Non, il n'avait certainement pas disparu en mer. Il avait décidé, sans doute, de couper les dernières amarres et devait se cacher dans un atoll. Je finirais bien par le trouver. Et puis, il me fallait tenter une dernière démarche : me rendre à mon ancienne adresse à Rome, rue des Boutiques obscures, 2. (p.251)
lundi 3 février 2025
Love, Lies and Indomee - Nuril BASRI

"Raison et sentiments" (Sense and sensibility")
Développement
I use a Hello Kitty doll as my profile picture, so I seem like a cute—yet mysterious—girl. Here is the problem: if I use my real face, nobody would want to meet me. I swear! It’s not that I make a habit of asking boys out—I’m not that cheap—but I need a boyfriend. Right now. And because work keeps me so busy, I only get to meet boys online. (p. 5)
ma traduction
J'ai mis une image Hello Kitty en guise de profil sur Facebook pour me donner un air mignon et mystérieux, car le problème c'est que si j'utilise mon vrai visage, personne ne va vouloir me rencontrer, je le jure ! Je n'ai pas non plus l'habitude de demander aux garçons de sortir avec moi, je ne suis pas si misérable, mais j'ai besoin d'un petit ami. maintenant. Etant donné que je travail trop, je ne peux le trouver que sur Internet.
I’m not thinking about all that. Sure, I did, once. A dream wedding with a dream man. But the way things have turned out? I’m not marrying for love anymore. You could say I’m marrying against my will (and also for vengeance)—to somebody I don’t even know. This is not the wedding of my dreams. So I don’t care. (p. 74).
Ma traduction
Je ne pense pas à ça (la robe, la bague). Bien sûr, j'y ai pensé autrefois : un mariage de rêve avec un homme de rêve, mais les choses ont mal tourné. Je ne me marie pas par amour et tu pourrais même dire que je me marie contre mon gré, et même pour me venger, à quelqu'un que je ne connais même pas. Ce n'est pas le mariage de mes rêves alors je m'en fous.
I am an only child, too. Well, not really. There was my sister. She was two years older. She has been gone a long while. She died when she was in her second year of secondary school. I was in my third year of middle school. I try not to think about her. It is all heartache. I loved her. The fact that somebody I loved so much is gone…that is torture. I don’t want to remember her. She should be here, sharing this with me. My best friend. She always listened to me. When she was alive, I wasn’t fat. We’d watch our weight together. People used to say we looked alike, but she was way prettier than I. (p.77)
Ma traduction
Je suis moi aussi enfant unique. Enfin, pas vraiment car j'avais une grande soeur nous avions 2 ans d'écart, elle est morte depuis longtemps elle avait 16 ans et j'en avais 14. J'essaye de ne pas penser à elle car cela me brise le coeur et je ne veux pas trop me rappeler d'elle. Elle devrait être ici et partager ce moment avec moi. Ma meilleure amie, elle m'écoutait toujours. Quand elle était là je n'étais pas grosse, on surveillait notre poids mutuellement. Les gens disaient qu'on se ressemblait mais elle était bien plus belle que moi.
The car fills up. A conductor comes around, renting out pillows. What for? The pillows all run out, oddly. Do these passengers expect to sleep all the way there? Really? Hah. Turns out they do really sleep all the way. I’m not joking. “You go to Yogyakarta often, Mr Inu?” I ask. “Not really,” he says. “Oh.” That’s all. Nothing else to say. Why doesn’t he say anything? Ask me something, maybe. The places I’ve been to. Where I like to go. Anything. He’s like some kind of bad actor. “Have you been to Jogja?” he asks. Finally! At least he’s talking. So I won’t fall asleep. This bad actor knows how to improv a little, after all. “Once, when I was in middle school, on a study tour,” I say. His response? “Oh.” Exactly like I answered, a moment ago. It really hurts. What is this? Oh. Oh. Doesn’t he have a follow-up question? Act interested, at least? So irritating. Why did God make a person like Inugrahadi and forget to make him a brain? “How long do you think this journey will take?” I ask him. What my tone is saying is: “Oh God, I can’t wait for this to end!” (p. 111).
Ma traduction
Le bus se remplit et le chauffeur passe dans l'allée pour louer des oreillers. Pour quoi faire ? Etonnamment, tous les oreillers sont empruntés. Est-ce que les passagers espèrent vraiment dormir tout le trajet ? Vraiment ? Ah et bien il s'avère qu'ils ont vraiment dormi tout ce temps, je ne plaisante pas. Je demande à mon époux : "Est-ce que vous êtes souvent allé à Yogyakarta Monsieur Inu ?" Il me répond : "Non pas vraiment".
"Oh" ! Et c'est tout ? Rien de plus ? Pourquoi est-ce qu'il ne dit rien ? Demande moi quelque chose par exemple. Les endroits que j'ai visité. Ceux que j'apprécie, n'importe quoi. Il ressemble à un mauvais acteur.
"Etes-vous allée à Jogja (= Yogyakarta), me demande-t-il. Enfin ! Il a finit par placer un mot ainsi je ne vais pas avoir à dormir. Cet acteur raté sait finalement comment se bonifier. Je lui réponds : "J'y suis allée une fois quand j'étais au collège en voyage d'études".
Sa réponse fut : "Oh !" la même exclamation que la mienne juste avant. C'est vexant. Qu'est-ce que cela veut dire ? Oh. Oh. est-ce qu'il n'a pas d'autre question à poser ? Faire semblant au moins ? C'est tellement énervant. Pourquoi Dieu a-t-il créé une personne comme lui et oublier de lui donner une cervelle ? "Tu crois que ce voyage va durer longtemps ?" lui demandai-je ? Mais ce que je voulais sous-entendre c'est "Oh mon Dieu vivement que ce voyage se termine".
Sous une apparente tragédie comique, l'auteur raconte avec beaucoup de psychologie les relations complexes au sein des familles, d'un couple qui s'apprivoise, la perte d'un enfant ou d'une soeur, le monde du travail, les bonnes et mauvaises raisons du mariage, la nécessité de se convertir à la religion du conjoint, l'abandon d'un rêve face à la réalité et surtout, la difficulté de se trouver une raison de vivre.
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| roman publié en 2019 langue anglaise 250 pages |
Ma page sur l'auteur



































