Un Noël semé d'embûches - Sylvie BARON



Valuéjols, un petit village du Cantal, les habitants se préparent à fêter Noël. Tous ? Non Marc Despretz (surnommé "Amidon" pour sa rigueur légendaire) le maire adjoint, en charge du village pendant la convalescence du maire, a interdit toute manifestation non laïque : exit la parade de la crèche vivante et ses animaux, exit les chants de Noël et exit Joseph et Marie. Mais peu avant la fin de la soirée de festivités qui se déroulent tant bien que mal, son corps est retrouvé poignardé à mort. C'est alors que les membres du tricot-club, sous la direction de Joséfa Casarès, qui est un peu leur "chef" spirituel, vont tenter de découvrir le coupable en parallèle de l'enquête officielle, car Joséfa a escamoté quelques indices sur la scène du crime pour éviter que les soupçons ne se portent sur une personne de son entourage qui s'avère être l'enfant dont elle a la garde et qui, vu son âge, ne peut être qu'un témoin et qu'elle doit protéger.

—  Vous avez raison, madame Casarès, j’ai besoin de vos lumières sur l’affaire Despretz, d’autant plus qu’une partie de vos tricoteurs sont les premiers concernés par l’enquête. —  N’exagérons pas, commissaire, vous savez aussi bien que moi qu’il n’y a aucune raison de m’inclure, ainsi que Reine Cazals, dans les suspects pour le seul fait d’avoir découvert le corps. Le pauvre homme était mort bien avant notre arrivée et nous n’avions aucune possibilité de pénétrer dans la mairie au cours de cette fameuse soirée.


J'ai découvert très récemment le site NetGalley qui permet la lecture ou l'écoute de roman et, toujours en quête de nouvelles lectures j'ai postulé pour recevoir ce titre qui m'a été accordé.

J'avais envie de lire un policier type cosy-mystery et c'est bien de ce genre qu'il s'agit : une enquête de meurtre dans un espace contraint, ici un village, sa mairie et ses commerces (bar, restaurant, salon de coiffure, boucherie, etc..). Il s'agit du 3è tome de la série des "Petits Meurtres du tricot-club", je n'ai pas lu les premiers mais les personnages récurrents nous sont présentés en note de bas de page. La narration est omnisciente ce qui permet à l'auteur de décrire les pensées et réflexions de nombreux personnages.

J'ai bien aimé la description de l'aspect terroir : on sent que l'auteur est sensible à la prise en compte de l'environnement indispensable à tout équilibre, sans occulter les médisances mais en mettant l'accent sur la fraternité. J'ai moins aimé les nombreuses descriptions et digression sur les natures des tricots même si je comprends que l'auteur devait tout de même placer ses aiguilles quelque part !

La Grenouille, c’est leur lieu de rencontre, leur caverne secrète, presque leur deuxième maison. On se sent si bien chez Reine Cazals, la patronne de cet établissement hétéroclite, qu’on en oublie un moment la dureté de la vie et la violence du monde. On est projeté dans un autre temps, dans une ambiance de solidarité, de connivence, de regards graves mais toujours sincères. Comme aime à le dire Joséfa, «  ici, on n’est pas ensemble, on est avec  », prêt à donner, à écouter, à comprendre, à partager.

Le roman se lit assez facilement car le style est vivant et comporte de nombreux dialogues. J'ai regretté quelque aspect psychologique sur le comportement de certains personnages, notamment Joséfa, vis à vis des enfants qui détiennent un élément clé qui n'est révélé qu'à la toute fin.

—  Eh bien, moi je te trouve trop indulgente  ! ne peut s’empêcher de rouspéter Reine. Ce gamin nous roule dans la farine depuis le début. On vient de comprendre avec bien du mal comment il est entré dans la mairie mais on ne sait toujours pas ce qu’il y a fait, ce qu’il y a vu ou qui il y a rencontré. Il serait peut-être temps maintenant de le bousculer. Si tu veux mon avis, il serait temps d’arrêter de prendre des gants avec lui. —  Tu crois qu’il a croisé le criminel  ? J’en ai peur moi aussi  !

Révélation de l'intrigue
[Il m'est incompréhensible qu'elle ne les ai pas interrogés avant, ce qui aurait évité des victimes supplémentaires.]fin de l'aparté.

publié en octobre 2024


Illustration : Thomas Cooper Gotch "Alleluia"

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