Compostelle Chemin vers une autre vie - Marc CHALLET


En 2015, l'auteur entreprend avec sa sœur un parcours de 800 km (103 jours de marche) propice à de nombreuses réflexions tant sur le plan personnel que sur le plan de ses motivations profondes de s'engager dans un tel parcours. Le mystère, les coïncidences, l'intuition et l'instinct parcourent avec lui ce chemin de renouveau.

Même si nous avons compris que le camino nous fait revivre en accéléré ce qui est devenu obsolète dans nos vies, chaque jour nous offre aussi le bonheur simple d’assister au lever du soleil, de contempler les paysages et sa végétation méridionale, de discuter avec des hongrois, des italiens, des suédois, des australiens, et bien sûr de boire l’après-midi en terrasse la petite bière désaltérante et régénératrice. 



Je retiens : des qualités littéraires remarquables. C'est un très beau roman sur le dépassement de soi en affrontant les difficultés d'une marche à pieds à partir de Saint-Jean Pied de Port jusqu'à Saint-Jacques de Compostelle soit 800 km. Le narrateur du récit est le marcheur et il est accompagné de sa sœur, ensemble ils se soutiennent, quelques soient leurs difficultés, ressentis au long du chemin et hésitations.
 
 
 
Comme vous le voyez, la coquille comporte des nervures. Savez-vous ce qu’elles représentent ? Chacune d’elle est un chemin, celui qu’emprunte le pèlerin pour venir à Santiago. Disposées en éventail, nous comprenons qu’elles viennent de tous les horizons, et chacune d’elle converge vers le centre. Car bien plus qu’un voyage, bien plus qu’une destination, le pèlerin accède au cœur de son Être. Et que trouve-t-on parfois quand on ouvre une coquille Saint Jacques ? 
— Une perle ? propose une personne attentive. 
— Une perle ! Et savez-vous comment la perle prend naissance ? Il s’agit au départ d’une impureté qui pénètre dans le coquillage. Pour se défendre, celui-ci l’isole et l’entoure de nacre, où elle finira par mourir. Vous voyez, si le pèlerin n’était pas porteur de ses impuretés au départ du chemin, il ne découvrirait jamais la perle qui se trouve dans son cœur. Mais le chemin ne s’arrête pas là. Lorsqu’il l’a trouvée, il n’a fait que la moitié du chemin. Il lui reste à emprunter de nouveau les nervures, à retourner d’où il vient, porteur de sa richesse, et à l’exprimer tout autour de lui. 
 
Tout sonne juste, parfois étonnant voire incroyable parce qu'il y a beaucoup de circonstances exceptionnelles qui frôle le mystère mais c'est aussi le charme de ce roman qui est un coup de cœur. Le récit aurait pu s'arrêter à la destination atteinte, en effet, ce qui leur arrive les mois après le retour (nouveau travail etc..) m'a beaucoup moins intéressée et j'ai trouvé cette dernière partie trop longue ; en effet le récit du chemin fait 7 chapitres et après le retour il y a 5 chapitres et l'épilogue, j'avoue avoir hâté ma lecture de ces derniers chapitres moins passionnants. Je retiens ce beau passage : 
Je suis seul et en communion absolue avec la nature. Je pense à toutes les personnes que j’aime, et je me dis que peut-être, le fait de penser à elles va leur permettre de recevoir un peu de ce que je ressens à cet instant, et illuminera ainsi leur journée. 
  

publié en 2026 (135 pages)


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