dimanche 30 octobre 2016

LE VIEUX SALTIMBANQUE - Jim HARRISON


Un écrivain septuagénaire se remémore les débuts difficiles depuis son enfance qui le laissa borgne suite à un accident de jeu, son amour pour la poésie dans son adolescence, les débuts de sa vie active à tirer le diable par la queue pour subvenir aux besoins de sa famille, les années affolantes de scénariste à Hollywood, les désenchantements et les plaisirs, ses cauchemars et ses lancinantes terreurs, heureusement contrecarrées par des activités comme la pêche ou en compagnie de ses animaux familiers.




Il y a des livres étrangers dont il ne faudrait pas traduire le titre : The Ancient Minstrel est tellement plus parlant que Le Vieux Saltimbanque le dernier roman ou devrais-je dire "livre-mémoire" de Jim Harrison. Je ne voulais pas particulièrement lire ce livre dès sa sortie et si peu de mois après la disparition de mon écrivain favori, mais j'ai succombé à la tentation et abandonné ma lecture en cours pour partir avec ce bouquin en long week-end.
J'ai passé de merveilleux moments à lire les premières pages, j'étais dans le train, un lieu tout à fait propice pour être transformé en salon de lecture, pour peu que vos voisins respectent le silence qui sied aux endroits publics.
Mon plaisir est un peu retombé avant la centième page car pour moi qui connaît tout ce qui peut être connu de cet auteur (romans, nouvelles, poèmes et différents articles écrits sur Harrison) je n'ai rien appris de nouveau. Il s'agit bien d'une autobiographie, où l'auteur distille méthodiquement le patchwork de sa carte du tendre, tenue d'un côté par des figures solaires : auteurs, animaux, amis, amours préférés, et de l'autre le reflet sombre de ses dépendances et aversions : alcoolisme, manque d'argent, recherche de l'authentique (conduisant à un état dépressif).

Il reste le style généreux que j'aime tant, la description des promenades, le goût des choses, l'observation tendre de tous ses amours qui sont comme des couches disposées une à une pour transformer la silhouette d'un petit garçon curieux en vieil homme rattrapé par le temps.
Par la suite, il envoya au gouverneur de l'Etat une lettre imprudente disant qu'il était l'auteur de Légendes d'automne, son livre le plus connu, qu'il avait besoin de conduire sa voiture et d'explorer des endroits nouveaux pour écrire et gagner sa vie. Il ne pouvait quand même pas rester assis chez lui et écrire Légendes de mon arrière-cour. Cette lettre resta sans effet. Il prit son mal en patience et décida un beau jour qu'il était capable de conduite de nouveau. (p.17)



The Ancient Minstrel
Traduit en français par Brice MATTHIEUSSENT
lu en broché (Flammarion)
année de sortie 2016
140 pages

mon blog consacré à Jim Harrison


illustration d'entrée de billet : © liasynthis

dimanche 18 septembre 2016

VA ET POSTE UNE SENTINELLE - Harper LEE


Alabama, années 1950. Jean Louise (je prononce "Jine" Louise), une jeune femme travaillant à New-York revient pour quelques jours dans sa ville natale dans la maison où vit Atticus son père veuf et sa tante Alexandra, une femme stricte qui tient la maison. Au départ, Jean Louise se plie aux conventions un peu étriquées de sa tante (bien se tenir, sortir en belle tenue etc..), et écoute avec bienveillance la déclaration d'Henry, son ami et amoureux d'enfance devenu le bras droit de son père dans son cabinet d'avocat, qui lui demande de devenir sa femme. Alors que replongée dans les souvenirs et lieux de son enfance, elle se sent prête à remettre en question son exil à New York, Jean Louise découvre que son père et Henry se rendent à une assemblée raciale ce qui l'anéantit.
L'enfer était et serait toujours aux yeux de Jean Louise, un lac de feu aux dimensions très exactes de Maycomb, Alabama, entouré d'un mur de briques de cinquante mètres de haut. Satan embrochait les pêcheurs et les précipitait par-dessus cette muraille dans une sorte de bouillon de soufre liquide où ils marinaient pour l'éternité. (p.78)


Un roman choisit sur un coup de coeur parce que j'avais lu et aimé Ne tirez pas sur l'Oiseau moqueur du même auteur (que j'ai lu mais pas critiqué). Quel beau roman ! Le plus surprenant est de savoir que l'auteur a écrit ce livre avant le précédent titre pour mettre en scène "Scout", son héroïne un peu garçon manqué (sans doute un peu elle -même) vingt ans plus tard, lorsque la jeune femme vers sa trentaine, découvre que son père et son prétendant font partie d'une communauté "anti-noirs". Cette découverte la blesse profondément et elle décide de repartir pour New-York sans attendre la fin de ses vacances.
Vous ne me croirez pas, mais je vous l'assure : jamais de toute mon existence, jusqu'à aujourd'hui, je n'ai entendu le mot "nègre" prononcé par un membre de ma famille. Jamais je n'ai appris à penser "les Nègres". J'ai grandi entourée de Noirs, mais c'était Calpurnia, Zeebo l'éboueur, Tom le jardinier, et tous les autres. Il y avait des centaines de Noirs autour de moi, c'étaient eux qui travaillaient dans les champs, qui ramassaient le coton, qui réparaient les routes, qui sciaient le bois avec lequel nous construisions nos maisons. Ils étaient pauvres, ils étaient sales et ils avaient des maladies, certains étaient fainéants, indolents, mais jamais, pas une seule fois, on  ne m'a donné à croire que je devais les mépriser, les craindre, leur manquer de respect, ou que je pouvais me permettre en toute impunité de les maltraiter. (p.216)
Harper Lee a une très belle écriture, simple et profonde, décrivant des sentiments, interrogeant sur le sens de la vie, et c'est tout cet ensemble que j'aime retrouver dans un livre. Elle fut un écrivain avec un grand E et je regrette qu'elle ne nous ait laissé que deux romans, à la fois chaleureux comme un rêve d'enfant et déstabilisant comme la claque de la vérité que l'on se prend au moment où on ne s'y attend pas.
  


Go set a watchman
traduit de l'anglais (américain) par Pierre DEMARTY
année de sortie 2015 (écrit dans la fin des années 50)
lu en broché Grasset
330 pages


illustration d'entrée de billet : Gordon Parks "At Segregated Drinking Fountain, Mobile, Alabama, 1956"

samedi 3 septembre 2016

DIX PETITS NEGRES - Agatha CHRISTIE


Dix individus ne se connaissant pas se retrouvent sur une île au large de l'Angleterre. Certains ont accepté l'invitation d'une vague connaissance se rappelant à eux dans un courrier parfois surprenant, d'autres ont été embauché pour servir en tant que domestiques ou secrétaire. Quelle n'est pas la surprise de tous lorsque durant le premier souper qui les réunis, une voix sortie d'un disque déposé sur le gramophone énumère leurs anciens méfaits ayant entraîné la mort d'une personne. Pour punir leur crime resté impuni par une loi défaillante, la voix leur promet qu'eux aussi vont mourir. Bientôt, la première mort survient, semblable au premier couplet de la comptine des dix petits nègres affichée dans chaque chambre.


Dernier roman des quatre d'Agatha Christie relus cet été après :
Ici, point de Miss Marple ou Hercule Poirot, nous sommes enfermés sur une île avec les 10 protagonistes dont le meurtrier qui s'est dissimulé parmi eux ; saurez-vous le découvrir ? Moi j'ai eu le plaisir de la surprise jusqu'à la fin car je ne me souvenais plus du tout du coupable. Ceci étant dit, je n'ai pas été vraiment convaincue par le dénouement que j'ai trouvé un peu tiré par les cheveux et grand-guignolesque, moins soigné que les mises en scènes tragi-comiques du détective belge ou les explications de cette chère Miss Marple.
Ce fut si brutal, si inattendu, qu'ils en eurent tous le souffle coupé. Médusés, ils restèrent là à regarder stupidement la forme recroquevillée sur le tapis.
Enfin, le Dr Armstrong se leva d'un bond et alla s'agenouiller près du corps. Lorsqu'il releva la tête, ses yeux étaient remplis d'incrédulité.
Comme frappé de stupeur, il murmura :
- Nom de Dieu ! Il est mort.
Ils ne comprirent pas. pas tout de suite.
Mort ? Mort ? Ce jeune dieu nordique éclatant de santé et de vigueur ? Terrassé en une seconde ? Les jeunes gens robustes ne meurent pas comme ça, en s'étranglant avec un wisky...
Non, ils ne comprenaient pas.



Ten little niggers
année de sortie 1939
lu en poche
204 pages

samedi 27 août 2016

UN CADAVRE DANS LA BIBLIOTHEQUE - Agatha CHRISTIE


Le cadavre d'une jeune inconnue est découvert dans la bibliothèque des époux Bantry. Dolly Bantry, l'épouse fait appel à Miss Marple car elle craint que les retombées de cette affaire n'ostracise son époux. Les deux femmes s'installent dans l'hôtel où la jeune femme était danseuse et entreprennent d'étudier le comportement de tous les personnages qui ont eu affaire avec la jeune femme. Bientôt, un cadavre calciné est découvert dans une voiture volée et retrouvée brûlée. Heureusement, Miss Marple bien que célibataire a l’œil en ce qui concerne les jeunes filles.


Sans doute l'avant-dernier roman de mon été 2016 dans le cadre de mes relectures d'Agatha CHRISTIE (il m'en reste encore un sur ma pile). Nous évoluons ici dans le cadre chic d'un manoir et d'un hôtel où de monstrueux comploteurs n'hésitent pas à tuer deux jeunes filles quine demandaient qu'à s'élever un peu dans la société ou à devenir célèbres. Là encore, une histoire qui pourrait être facilement transposée de nos jours car Agatha Christie est indémodable.

Il est vrai que le neveu de miss Marple - écrivain, donc farfelu - s'était déjà manifesté aux heures les plus aberrantes, une fois même à minuit moins 10 ! Mais quelques soient ses excentricités, Raymond West n'avait pas celle de se lever tôt le matin. Ni lui ni aucune des connaissances de miss Marple n'était susceptible d'appeler avant 8 heures du matin. 8 heures moins le quart, en fait.
Trop tôt pour un télégramme, même, puisque la poste n'ouvrait qu'à 8 heures.
Trop tôt pour un télégramme, même, puisque la poste n'ouvrait qu'à 8 heures.
- Ce doit être une erreur, décida-t-elle.
Cette certitude acquise, elle se dirigea d'un pas résolu vers l'appareil impatient et coupa court à ses trilles en décrochant le combiné.
- Oui ? fit-elle.
- C'est vous, Jane ?
Stupeur de miss Marple :
- Oui, c'est moi. Vous êtes bien matinale, Dolly.
La voix de Mrs Bantry lui parvint, haletante, de l'autre bout du fil :
- Il est arrivé quelque chose de terrible.
- Seigneur Dieu !
- Nous venons de trouver un cadavre dans la bibliothèque.
L'espace d'un instant, miss Marple crut que son amie avait perdu la raison :
- Vous avez trouvé un quoi ?
- Je sais. Ça paraît incroyable n'est-ce pas ? Je pensais que ces choses-là n'arrivaient que dans les romans. Il m'a fallu des heures pour convaincre Arthur de descendre voir.
Miss Marple essaya de rassembler ses esprits.
- Mais c'est le cadavre de qui ? demanda-t-elle, suffoquée.
- Une blonde.
- Une quoi ?
- Une blonde. Une blonde sculpturale - comme dans les romans, encore une fois. Aucun de nous ne l'avait jamais vue et elle est étalée là, dans la bibliothèque, tout ce qu'il y a de plus morte. Il faut que vous veniez tout de suite. (p.13)




The Body in the Library
année de sortie 1941
lu en poche
185 pages


illustration d'entrée de billet : George Frederic Watts "Found Drowned"

lundi 15 août 2016

COLORADO KID - Stephen KING


Moose-Lookit. Après le déjeuner, sur une île, au large du Maine, Dave Bowie et Vince Teague, deux vieux journalistes profitent du départ d'un journaliste du continent venu glané des histoires à sensations et reparti bredouille, pour raconter à leur jeune stagiaire Stephanie les circonstances de la découverte du corps d'un inconnu plusieurs dizaines d'années auparavant - le cheminement des faits depuis le prélèvement des objets sur son cadavre suivi par la reconstitution de son itinéraire depuis sa petite vie tranquille dans le Colorado jusqu'à cette île fatale - qui ont conduit à l'identification de cet homme désormais appelé le "Colorado Kid".


Un livre lu en un après-midi (152 pages) et j'avoue avoir été happée par le récit qui se veut être une ode au genre policier avec de multiples références à la série télévisée "Arabesque" avec Angela Lansbury ou aux romans d'Agatha Christie avec Miss Marple citées à de nombreuses reprises ; que des femmes.
Et Stephanie, la nouvelle recrue espérée par les deux anciens journalistes pour prendre leur relève, il va falloir la retenir et lui montrer son importance dans la continuité de la "mémoire", en lui racontant une histoire des plus étranges et qui reste encore à ce jour une énigme.
Bonne fluidité du récit qui ne laisse pas de répit. Parfait dénouement qui fleurte évidemment avec l'étrange, mais avec Stephen King, on s'y attend et ce n'est pas incongru.
A chacun de bâtir ses propres déductions.

A découvrir !
Le sergent Murray n'a eu cependant aucun mal à retrouver la fiche de dépôt, portant la signature de Paul Devane. Il m'a dit l'avoir trouvée dix minutes après avoir raccroché. Il avait ensuite passé le reste du temps à obtenir la permission de son supérieur de me donner les informations que je demandais... Ce qu'il avait fini par avoir. Les cigarettes étaient des Winston, et le timbre sous le paquet étaient bien tel que Paul Devane se le rappelait : un petit autocollant estampillé COLORADO, en minuscules lettres noires. (p.89)



The Colorado Kid
année de sortie 2005
lu en poche
152 pages


illustration d'entrée de billet : Edward Hopper "Road in Maine" (1914)

dimanche 14 août 2016

A L'HÔTEL BERTRAM - Agatha CHRISTIE


Miss Marple est enchantée à l'idée de partir en vacances 2 semaines à Londres dans un bel hôtel hors de prix offert par son filleul, un hôtel à l'élégance surannée et aux services irréprochables. Mais très vite, Jane Marple ressent une sensation de malaise, comme si quelqu'un dans le décor n'était pas ce qu'il prétend être. Comme à l'accoutumée, la vieille fille va observer, écouter et être le précieux témoin d’événements, la disparition d'un chanoine distrait, l'amourette d'une jeune héritière de 18 ans, pour un champion automobile qui a eu une liaison avec sa propre mère, une belle aventurière célèbre et adulée, ce qui permettra aux enquêteurs de découvrir qui a tué le portier de l'hôtel, un ancien militaire irlandais.


Je reste avec Miss Marple et l'accompagne dans son séjour à Londres (moi qui n'y suis jamais allée j'ai l'impression d'y être !). Tout d'abord, j'ai envie d'insister sur la qualité de ce roman tellement agréable : je le trouve étonnamment moderne, Agatha Christie y parle d'éducation (de jeunes filles), mais aussi de certaines addictions : l'alcool, le jeu, les truanderies, les coulisses du pouvoir... Honnêtement, à part l'absence des objets connectés qui font désormais partie de notre quotidien (téléphone mobile, internet etc...), ce roman pourrait tout aussi bien être contemporain. Quelle perspicacité ! Quel humour !

A lire ou à redécouvrir (pour moi c'est une relecture et je ne m'en lasse pas).

- Et il a disparu de l'hôtel Bertram...quand ça ?
- Il y a environ une semaine : le 19 novembre.
- Et ils viennent juste de la signaler. Ils ont pris leur temps, vous ne trouvez pas ?
- Bah ! je crois que tout le monde pensait qu'il allait revenir.
- Vous avez une idée de ce que cela cache ? demanda l'Ancêtre. Un homme respectable, vivant dans la crainte de Dieu, a-t-il brusquement levé l'ancre avec la veuve d'un bedeau ? Boit-il le vin de messe en cachette, ou bien a-t-il détourné les fonds de la paroisse ? A moins que ce ne soit le genre de vieux chnoque distrait à qui ça arrive toute le temps ?
- D'après ce que je sais, monsieur, je le rangerais plutôt dans la dernière catégorie. Il est coutumier du fait.
- Quoi, ça ? Disparaître d'un hôtel respectable du West End ?
- Non, pas exactement. Mais il ne rentre pas toujours chez lui quand on l'attend. Et il lui arrive de débarquer chez des amis pour dîner le jour où on ne l'a pas invité, ou de ne pas y aller alors qu'on l'en a bel et bien prié. Ce genre d’étourderies.
- Oui, réfléchit l'Ancêtre. Oui. Ma foi, tout ça me semble parfait, normal et réglé comme du papier à musique, non ? Quand a-t-il disparu au juste, m'avez-vous dit ?
- Jeudi. Le 19 novembre. Il devait assister à un congrès à... Il se pencha pour examiner les documents sur son bureau :
- Ah ! oui, à Lucerne. La société d'études d'histoires bibliques. C'est du moins la traduction de son titre. C'est en réalité un organisme allemand, je crois bien.
- Et ça se passait à Lucerne ? Le vieux croûton...il est vieux, j'imagine ?
- Soixante trois ans, monsieur.
- Le vieux bonhomme, donc, ne s'y est pas présenté, c'est ça ? L'inspecteur Campbell compulsa le dossier et transmis à l'Ancêtre les faits vérifiables pour autant qu'on les ait vérifiés.
- Rien à voir avec une fugue en compagnie d'un enfant de coeur, on dirait, remarqua l'inspecteur-chef Davy.
- Je suis persuadé qu'il va réapparaître un de ces quatre en pleine forme, affirma Campbell. Cela dit, nous enquêtons, bien entendu. (p.128)





At Bertram's Hotel
année de sortie 1965
lu en poche
275 pages


illustration d'entrée de billet : le salon du Lanesborough hotel à Londres

mercredi 3 août 2016

NEMESIS - Agatha CHRISTIE


Bien tranquille dans son village de St. Mary Mead, Miss Marple apprend le décès de Jason Rafiel, un richissime homme d'affaire avec lequel elle fit équipe lors d'une de ses précédentes enquêtes. Peu de temps après, elle reçoit une lettre d'avocats londoniens qui lui confient une mission de la part de feu monsieur Rafiel. Intriguée par cette lettre posthume et malgré ses rhumatismes, miss Marple accepte le défi d'élucider un meurtre en participant à une excursion en car à la rencontre de jardins et demeures anglais de toute beauté.



Vacances est synonyme, plus que jamais, de lectures et point de vacances littéraires sans ma chère Agatha Christie que je vénère, mon héroïne préférée étant la délicieuse Miss Marple, délicate comme un châle de couleur pastel, et qui doit sentir la poudre de riz ou quelque senteur rappelant les fleurs de son jardin. Nous la retrouvons dans ce roman en quête d'un meurtre non élucidé vieux de 10 ans mais Miss Jane Marple n'a pas son pareil pour détecter les mauvais sujets ou les atmosphères inconfortables.

Il était probable qu'il avait été soigné par d'éminents médecins et qu'on avait adouci ses derniers instants. Par contre, il avait énormément souffert au cours de ces quelques semaines passées aux Caraïbes. C'était un homme courageux, et elle regrettait qu'il fût mort. Pourtant elle ne savait pas comment il était en affaires. Impitoyable, sans doute. Agressif et dominateur. Mais ce devait être un ami sûr. Et elle était persuadée qu'il y avait en lui une réelle bonté qu'il prenait grand soin de ne pas laisser paraître. Et maintenant, il avait disparut à jamais. Elle ignorait même s'il avait été marié, s'il avait eu des enfants. (p.19)


Nemesis
année de sortie 1971
lu en poche
232 pages


illustration d'entrée de billet : Nemesis par Gheorghe Tattarescu

jeudi 14 juillet 2016

LE COMMISSAIRE BORDELLI - Marco VICHI


1963. Le commissaire Bordelli enquête sur la mort suspecte d'une richissime vieille dame asthmatique dont la mort semble à première vue naturelle. Avec un naturel profondément empathique, Bordelli croise dans Florence écrasée dans la chaleur d'un été étouffant des personnages où se reflètent le souvenir d'une guerre encore proche. Sa pugnacité lui fait douter de l'innocence des neveux qui étaient loin à l'heure présumée de la mort. Mais le destin garde parfois une carte dans sa manche qui s'abat au moment où on ne l'attend plus.



Un livre choisit sur un "coup de coeur" : envie de lire un "polar" et celui-ci nous emmène dans une époque où les technologies nouvelles étaient encore à inventer. J'ai eu un peu de mal à "visualiser" Bordelli, la cinquantaine solitaire, bien décidé à s'arrêter de fumer mais tirant frénétiquement sur son mégot dès que possible, intéressé par les femmes (jeunes), une sorte de bon vivant qui, au fil du roman, rassemble des convives de divers horizons qui finiront autour d'un (drôle de) repas bien arrosé. Épicure au pays du Caravage. Une lecture plaisante sans plus, je n'ai pas vraiment été emballée par Bordelli qui reste un personnage dépeint peut-être de manière trop superficielle. J'ai plus été intéressée par le personnage haut en couleurs de Dante, le frère savant-fou mais oh combien intrigant de la morte. L'enquête en elle même n'est pas transcendante et, pour tout dire, pour une fois, j'avais deviné le mode opératoire avant le dénouement !
Il alluma une cigarette et poussa le portail avec une certaine pudeur, comme s'il violait l'intimité de quelqu'un. Il traversa le jardin, entra dans la maison et gagna aussitôt la chambre de Rebecca, au premier étage. Il ouvrit tout grand la fenêtre u'il avait laissé entrebâillée, s'empara d'une chaise et s'assit devant. Il regarda le vent agiter lentement les branches des arbres majestueux, puis,s'endormit, le menton sur la poitrine, bercé par les stridulations des cigales. (p.166)



Il Commissario Bordellli
année de sortie 2002
lu en poche
210 pages


illustration d'entrée de billet : couple (détail) dans une peinture du palais Pitti

samedi 11 juin 2016

UNE JOURNÉE D'IVAN DENISSOVITCH - Alexandre SOLJENITSYNE


Cinq heures du matin. Ivan Denissovitch, "Choukhov", incarcéré dans un camp de travail, se réveille fiévreux en cette froide journée d'hiver et se demande comment il va tenir jusqu'à la fin du jour sans aller à l'infirmerie. Cela fait 8 ans qu'il est emprisonné, et ses chances de sortir sont quasi nulles : personne n'est jamais sorti. Surpris encore au lit par un surveillant qui le punit, il commence sa journée par une corvée avant d'aller voir le médecin qui lui refuse le repos et le renvoie au travail. Heureusement, Choukhov est une force de la nature et malgré ses douleurs, il se démène avec ses camarades pour construire un mur. A la fin de la journée, Choukhov est satisfait d'avoir réussi à survivre tout en manigançant pour grappiller de la nourriture ou des cigarettes. Choukhov restera 10 ans et 3 jours dans son goulag (les 3 de plus à cause des années bissextiles).


Inspiré par sa propre expérience, Soljenitsyne décrit les pensées lancinantes qui surnagent dans le gouffre au fond duquel il est tombé lorsqu'il a été envoyé aux travaux forcés. C'est lors de sa cinquième année de goulag, que l'auteur conçoit ce récit qui met en scène un double de lui-même, débrouillard, respectueux de ses comparses, et prompt à la recherche de toute manière d'éviter la faim ou le froid qui sévissent dans les camps aussi pugnaces que les mauvais traitements, la malpropreté et une certaine cruauté des habitudes. Certains passages ne sont pas exempt d'un humour timide qui montre à quel point même en captivité, l'homme garde une forme d'espoir en se détachant de certaines contingences matérielles.

Un classique de la littérature étrangère que je recommande mais que j'ai mis du temps à achever, moins intéressant que LE PAVILLON DES CANCEREUX que j'ai vraiment adoré et dévoré.

Et dire qu'il existe de ces fainéants qui s'en vont, sans que personne les oblige, courir dans les stades, à qui ira le plus vite. Faudrait les faire cavaler comme nous, ces cocos là, après toute une journée de travail, les reins encore tout cassés, avec des moufles mouillées, des bottes de feutres usées, et au froid par dessus le marché. (p.167)



Один день Ивана Денисовича
année de sortie 1962
lu en broché
250 pages


illustration d'entrée de billet : © Daehyun Kim

samedi 4 juin 2016

SATANACHIAS - LARTAS Christophe


1ère partie : SATANACHIAS (4 récits)

1-Satanachias _ Un homme parcourt le monde à la recherche du créateur mais la personne qu'il trouve n'est pas ce qu'il imaginait...
Tu me cherchais l'homme ? Me voici. Comme tous les autres que tu as pu apercevoir çà et là, tu penses avoir d'excellentes raisons pour me déranger ? pour t'introduire jusqu'ici de sorte à me dévisager ? Mais avant de poser d'éventuelles questions, réfléchis bien, car si je les juge idiotes ou fastidieuses tu finiras, de même que tous ceux qui t'ont précédé au cours des siècles et des millénaires, dans ces décorations bariolées et quelques peu macabres que tu viens d'examiner, ébahi au possible. (p.24)
2-Un cycle _ Sur une planète surpeuplée, les animaux et végétaux prennent leur revanche.
Le monde n'était plus du tout tel que nous l'avions connu - et, hélas ! tant aimé... Le monde n'était plus qu'une marée montante d’irrationalité malveillante et malsaine qui nous noyait sous ses vagues de délires surgies droit de l'hostile nuit des temps et de nos cauchemars les plus tabous. (p.67)
3-Marssygnac _ Parvenu au terme d'une longue marche, Marssygnac gravit enfin les marches d'une mystérieuse tour.
Quoiqu'il en fût Marssygnac ne cessa d'avaler les marches durant des heures et des heures, et c'est à peine s'il puisait de temps à autre un peu de fruits secs dans sa besace de cuir ou buvait par-ci par-là une gorgée d'eau à sa gourde mêmement de cuir tant il ne se ressentait pas de la fatigue de cette si longue journée. (p.91)
4-Megalopolis _ Dans une cité où vivent, d'un côté les nantis dans une confortable zone surveillée, et les autres, livrés à la maladie, la mort, les insectes et divers animaux et les immondices toujours plus envahissants, un homme se méfiant de ses congénères cherche à quitter la ville pour un ailleurs où il espère vivre enfin normalement.
Et chaque fois que je m’efforçais d'observer leurs visages ou leurs corps avec calme et impartialité, toute idée de sexe ou d'amour, voire de simple sympathie, semblait devoir me quitter sans retour. (p.110)

2ème partie : HOWARD PHILLIPS LOVECRAFT bloc d'éternité (7 proses)

7 poésies en prose dédiées à Lovecraft, au mythe de Cthulhu et ses nombreuses créatures.



Heureuse surprise que ce livre où je renoue avec le fantastique délaissé depuis quelques années grâce à la plume formidable de Lartas, qui serait un mélange de Houellebecq et de Rimbaud.

Megalopolis a ma préférence : il m'a fait songer à La Femme des sables de KÔBÔ Abe avec cette frénésie de vouloir à tout prix s'échapper sans savoir que c'est impossible... L'histoire met en scène un homme désirant échapper à une ville maudite et déshumanisée où grouillent toutes sortes de bestioles, maladie et dégénérés. Après avoir entrepris sa fuite et échapper à de repoussantes créatures, il retourne contraint et forcé à la case départ pour y vivre quelque chose de plus épouvantable que ce qu'il a quitté.

Vengeance de la nature, des animaux, des dieux sur les hommes conquérants qui se croient supérieurs, voilà le fil rouge de ce volume qui se lit facilement car les différents histoires qui le composent sont courtes.

J'ai également trouvé que les histoires pouvaient se (re)lire sur une échelle moins "fantastique" si l'on repositionne les récits au niveau contemporain de nos fléaux : la pollution, les OGM, le scandale des abattoirs, les savants fous, les épidémies, etc...

Pour la dernière partie consacrée à Lovecraft dont je ne suis pas une grande adepte, j'ai été moins touchée que pour la première dans laquelle j'ai pu m'immerger dans une macabre poésie désenchantée.
J'étais ainsi dans l'obligation de me retrouver face à moi-même, et, vu l'incurie morale dont je faisais preuve depuis belle lurette, cela m'était aussi peu plaisant, en somme, que d'endurer jour et nuit la psyché pathologique des habitants de la cité. (Megalopolis)






année de sortie 2016
Edition de l'Abat-Jour
214 pages


illustration d'entrée de billet : Chulhu par Sharksden (sur Deviantart)


dimanche 28 février 2016

LES RATS DE MUSÉE - LEE Eun


D'abord la mort accidentelle d'un peintre en vogue, puis la disparition mystérieuse d'un autre peintre célèbre et maintenant, le suicide du vénérable directeur du musée Jeongno. Parallèlement à l'enquête de police, le jeune peintre KIM Jun-ki et son amie Nuri, assistante-conservateur dans le musée, cherchent eux aussi à découvrir quel secret se cache dans le musée, partant du principe que le directeur PAK avant de se suicider, avait demandé l'aide de Jun-ki pour découvrir le pot aux roses.



LEE Eun
Après les 8 nouvelles, voici mon premier roman coréen ! Un polar dans le monde de l'art dans la plus grande tradition, j'ai tout de suite pensé au roman d'un auteur que j'ai beaucoup apprécié autrefois "Le Tableau du maître flamand" d'Arturo Pérez-Reverte.

Il est ici question d'un message caché dans une peinture, d'un jeu de pistes, de déduction, sur fond de trafic d'art. Du style et un mystère intrigant : tout est là pour passer un très bon moment de lecture.
Sans quitter des yeux 'la tempête', Jun-ki essaya de mettre de l'ordre dans ses idées. En pure perte. Ses pensées étaient tellement embrouillées qu'il n'arrivait pas à saisir ce que le directeur avait voulu lui dire à travers ce tableau. Depuis qu'il avait perdu le fameux manuscrit, il se sentait concertait concerné par toute cette affaire. Et ses récentes découvertes ne faisaient que l'impliquer davantage. Ce qui était sans doute le souhait du défunt. Jun-ki laissa échapper un gros soupir et concentra son regard sur la femme à moitié nue du tableau. (p.83)



Misulgwaneui
année de sortie 2007
lu en poche
260 pages
traduit du coréen par LIM Yeong-hee et Françoise NAGEL


illustration d'entrée de billet : La tempête de Giorgione (XVIème siècle)

SEOUL, VITE, VITE ! (collectif)


8 nouvelles de 8 auteurs.

KIM Ae-ran

1-Cours, Papa ! (2005) _ KIM Ae-ran _ 22 pages

Réflexions d'un jeune homme qui vit avec sa mère tandis que le père les a abandonnés.
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KIM Yong-ha

2-Le déménagement (2004) _ KIM Yong-ha _ 42 pages

Un couple déménage d'un appartement vers un autre dans la même journée et subissent des mésaventures.
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SHIN Kyung-sook

3-Quand viendra l'heure ? (1997) _ SHIN Kyung-sook _ 76 pages

Une femme et son beau-frère vivent dans le souvenir de l'épouse et soeur aimée qui s'est donnée la mort avant de mourir d'une maladie incurable.
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JEONG Yi-hyun

4-Au grand magasin Sampung (2005) _ JEONG Yi-hyun _ 42 pages

Une femme se souvient d'une camarade qui l'avait fait travailler dans un grand magasin et qui y est morte lorsque celui-ci s'est écroulé, juste quelques minutes après qu'elle en soit sortie.
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KIM Jung-hyuk

5-Une bibliothèque d'instruments (2008) _ KIM Jung-hyuk _ 30 pages

Un jeune homme désœuvré trouvé un travail dans un magasin de musique et se prend d'une passion soudaine alors qu'il ne connaît aucun instrument.
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JO Kyung-ran

6-J'ai acheté des ballons (2008) _ JO Kyung-ran - 46 pages

Une jeune femme échaudée par l'amour finit par accepter l'idée que quelqu'un s'intéresse à elle.
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JEON Seong-tae

7-La forêt de l'existence (2004) _ JEON Seong-tae - 36 pages

Un homme convalescent fait connaissance avec les habitants d'un village et leurs petites habitudes, mais sont-ils encore vivants ou bien a-t-il rencontré des fantômes ?
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KIM In-sook

8-Une autobiographie féminine (2005) _ KIM In-sook - 34 pages

Une jeune écrivain rejoint dans un hôtel un homme d'affaires à la réputation sulfureuse afin de prendre les notes nécessaires à la rédaction de sa biographie.


Pour débuter dans la littérature coréenne, je me suis débrouillée toute seule ou presque : je suis allée sur le site des éditions Philippe Picquier afin de parcourir l'offre, j'en ensuite sélectionné 3 volumes que je me suis commandé. J'ai commencé par le recueil de nouvelles, afin d'avoir un florilège des thèmes auxquels je pouvais m'attendre. Je n'ai pas été déçue. Déjà familiarisée avec la Corée du Sud avec les films et séries que je regarde (en VO) depuis plus de 6 mois, j'ai visité de l'intérieur, si je puis dire, le ressenti coréen, les difficultés, l'évolution de la société également.

Les thèmes et le style coréen ressemblent beaucoup au style japonais : j'avais parfois l'impression de lire Ogawa. Mon histoire préférée est "Le déménagement", bien après la lecture il en reste des traces : l'humour et une once de mystère est coincée entre les pages.
Une fois la dernière armoire descendue, l'appartement se trouva complètement vide. Jin-su inspectait les lieux en évitant la femme qui balayait négligemment le plancher. C'est là qu'ils s'étaient installés, juste après leur mariage. Vrai, au début, on avait l'impression que c'était grand. Ce n'est qu'après que ça s'était rétrécit. (p.60)
J'ai bien aimé aussi "J'ai acheté des ballons" : réflexions philosophiques et une pensée vers mon amie M-P avec cet extrait que j'ai relevé :
Evidemment, j'aurais pu faire ceci ou cela ou vivre avec Untel ou Untel. Mais j'ai choisi d'étudier Nietzsche et aujourd'hui, je me retrouve seule. C'est un choix tout à fait personnel. Et puisque je ne peux l'expliquer, pourquoi ne pas en parler de la manière suivante ? Il y a quelqu'un parmi mes connaissances, qui se posait sans arrête des questions, depuis son plus jeune âge, sur tout ce qui l'entourait. Il se perdait dans des considérations variées, mais en revenait toujours au sujet qui le passionnait : les métaux. Pourquoi est-ce qu'ils brillent ? D'où leur vient leur aspect lisse ? Comment se fait-il qu'ils soient froids ? Pourquoi sont -ils durs ? Il a fini par être chimiste, comme cet homme qui était devenu accordeur de pianos après avoir fabriqué à la perfection pas moins de deux cents vingts accessoires employés dans ce métier. De même, les questions que je me posais me ramenait toujours à l'Homme. Pour ceux qui placent les idées avant toute autre chose dans la vie, Nietzsche est incontournable. J'ai donc décidé de chercher dans ces œuvres la réponse à toutes les questions qui me préoccupaient. (p.546)



Hankukmunhak danpyun seonjib
année de sortie 1997 à 2008
lu en poche
328 pages et 15 pages de postface
traduit du coréen par KIM Jeong-yeon et Suzanne SALINAS


illustration d'entrée de billet : Séoul (tradition et modernité)

samedi 30 janvier 2016

LES REVEURS LUNAIRES - Cédric VILLANI et Edmond BAUDOIN


Sur fond de 2ème guerre mondiale. Le destin de quatre savants dont les découvertes et les travaux ont permis de modifier le monde sont racontés par le mathématicien Villani et mis en images par le dessinateur Baudoin.

Nous partons tout d'abord sur les traces de l'allemand Werner Heisenberg qui a inventé la mécanique quantique, ce qui lui a permis d'expliquer la nature des proton, neutron et noyau. Ensuite c'est le destin tragique de l'anglais Alan Turing qui est en quelque sorte le père de notre informatique qui est mis en lumière juste avant l'émouvante histoire du physicien hongrois Leó Szilárd qui a eut l'intuition de l'application militaire des découvertes atomiques. Pour finir, c'est l'engagement d'un autre soldat inconnu, l'anglais Hugh Dowding, qui a mis en oeuvre la bataille d'Angleterre.



Après avoir vu Cédric Villani à la télévision, j'ai acheté ce livre qu'il venait présenter, très pressée par l'envie de le lire, et puis il a rejoint ma "pile à lire" avant d'en sortir voici quelques semaines. Mes motivations pour lire ce livre étaient doubles, peut-être triples :
  • un intérêt illimité pour les sciences et toutes découvertes scientifiques
  • Werner Heisenberg pour me rapprocher de mon amie MP
  • enfin je dois l'avouer, j'aime les récits en images ! de tout âge j'ai apprécié les bandes dessinées et aujourd'hui je lis quelques mangas et je me régale de tous les dessins qui me tombent sous la main dans les magasines, les journaux etc... c'est ce que je lis en tout premier ! Mon fils aussi aime les bandes dessinées et les mangas.
Pourtant j'ai mis du temps avant d'entreprendre la lecture de ce livre, j'ai au départ été déçue par les dessins, j'aurai aimé un récit en couleur, avec moins de noirs, de gribouillages (pardon). Mais bon, une fois le livre commencé, je me suis plus intéressée au récit qu'à la forme.

Globalement, le livre n'est pas d'un accès facile si on ne connaît pas grand chose aux domaines évoqués, ce n'est pas très important si l'on se contente d’absorber l'histoire, mais cela peut être frustrant : ça l'a été pour moi et je n'ai malheureusement pas pris le temps de me documenter sur toutes les notions qui m'échappaient même si la consultation d'internet au cours de la lecture a levé quelques voiles d'ombres sur mes manques de connaissance.

Turing reste le personnage qui m'a marqué : j'ai pleuré sur toutes ses pages et à chaudes larmes !!! La dernière partie sur Hugh Dowding est très bien faite aussi.
  • Le point faible : pas assez d'objectivité (dans certains propos on a l'impression d'avoir affaire à des gauchistes ce qui n'est certainement pas le cas !)
  • Le point fort : mise en lumière de destins incroyables, ces fameux génies qui ont changé l'histoire (et donc la face du monde) 
Je recommande ce livre qui ne peut laisser indifférent mais je ne sais pas si mon fils (12 ans) pour qui j'avais également choisi ce bouquin, saura s'y intéresser.



année de sortie 2015
190 pages


illustration d'entrée de billet : une page du chapitre sur Turing (que je trouve très amusante : lisez dans la bulle de droite = "...chacun discutera avec sa machine personnelle pendant le jogging ou le soir avant de se coucher...)

dimanche 24 janvier 2016

THE ANCIENT MAGUS BRIDE- Koré YAMAZAKI


Chisé Hatori, une jeune japonaise de 15 ans est vendue aux enchères car elle a un don pour attirer la magie, c'est une slay vega, une sorte de fée capable de produire à son tour une grande puissance magique qu'elle doit apprendre à contrôler et canaliser. Chisé peut également voir toutes les créatures magiques qui restent invisibles aux humains. Elias Ainsworth, son acheteur s'avère être un sorcier de plus énigmatiques : il a un crâne de cheval en guise de tête et, peu après leur arrivée en Angleterre où ils vont résider, il l'informe qu'elle sera son apprentie mais aussi sa future épouse.


Après BLOOD LAD je poursuis ma découverte des mangas avec Chisé (je l'avais offert à une amie de ma fille il y a quelques années et je viens de me le commander ^^). Bien sûr, je suis intéressée par les mystères, la poésie, le fantastique, les relations atypiques, et c'est pour cette raison que je choisis parfois ce genre de lecture, bien que je n'apprécie pas tellement le format du manga : ce n'est pas la lecture à l'envers qui me dérange (le livre se lit en commençant par la fin et ainsi de suite) mais c'est la calligraphie qui laisse à désirer (police de caractères "pattes de mouches") et le graphisme en noir et blanc (sauf les premières pages et la couverture)! quel dommage ! j'adorerai des mangas colorés.

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Après ce premier tome, j'ai bien envie de lire la suite ! Il y a en tout 4 volumes et le dernier traduit en français sortira en 2016.


MAHOUTSUKAI NO YOME
année de sortie 2014
traduction française éditée par Komikku Éditions
175 pages


illustration d'entrée de billet : Chisé dans le salon