Faits divers - Léonid ANDREÏV
4 nouvelles pour illustrer comment Léonid Andreïev maîtrise l'art de camper des scènes apparemment anodines et néanmoins révélatrices des petits travers humains, et de transformer des petits riens de la vie quotidienne en mini-drames qui donnent à réfléchir. A replacer dans un contexte politique russe fin XIXe - début XXe donc rude.
1/ En passant. Un homme attend un train et observe deux binômes de voyageurs : un couple amoureux et deux ivrognes.
2/Il n'y a pas de pardon. Après sa journée de travail un homme prend l'omnibus et se glisse mentalement dans la peau d'un espion en poursuivant une jeune fille ; persuadé qu'il a attiré l'attention et ayant peur que celle-ci ne le reconnaissance il décide de changer son apparence et se rase.
Il rangea son attirail de barbier, éteignit la lampe et les bougies, puis, faisant claquer ses pantoufles, entra dans sa chambre. Et il s'endormit très vite, enfouissant dans l'oreiller ce visage rasé dont tout le monde allait se moquer le lendemain - ses camarades, sa femme, et lui-même.
3/Un fait divers. Un docteur rentre chez lui avec une nouvelle lampe. Témoin d'un voleur qui tente se s'échapper il se met en travers de la route du malandrin et la lampe se casse.
Le voleur heurta sa poitrine de plein fouet; laissa échapper un cri qui montait du fond de ses entrailles, fit tomber la lampe et, repoussant le docteur, se remis à courir. Mais une poigne de fer l'avait saisi au collet.
4/Dans un gare. Un homme observe le gendarme qui travaille dans une gare ; un jour il est témoin d'un fait déconcertant : le gendarme se met en effet à continuer la construction d'un mur du futur bâtiment de la gare pendant la pause des maçons
Je partis dans la forêt, et quand je revins en passant par la gare, il était une heure de l'après-midi ; les ouvriers se reposaient et les lieux étaient déserts; comme toujours. Mais quelqu'un s'affairait près du mur commencé : c'était le gendarme. Il prenait des briques et terminait la cinquième rangée inachevée.

Il règne une atmosphère inquiétante dans ces nouvelles qui ont un point commun, ou plus exactement un fil rouge : au cours d'observations singulières, un homme découvre la puissance de sentiments enfouis : désir de domination, invention de secrets, perturbation de la vie tranquille suite à un évènement anodin.
Beaucoup de poésie en si peu de mots, c'est rare. J'ai moins aimé la seconde histoire et ma préférée est la première.
- À demain ! cria-t-il.
À jamais ! répondis-j en mon for intérieur. "À jamais ! " me disaient les silhouettes noires des arbres défilant à reculons. "À jamais ! " me dit le quai avant de disparaître derrière un tournant. (nouvelle "En passant")
À jamais ! répondis-j en mon for intérieur. "À jamais ! " me disaient les silhouettes noires des arbres défilant à reculons. "À jamais ! " me dit le quai avant de disparaître derrière un tournant. (nouvelle "En passant")


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