
Bombay, automne 1922. Perveen est mandatée par "Champa Films", le studio dirigé par le réalisateur Subhas Ghoshal pour éclaircir la position professionnelle de son épouse Rochana, une actrice très connue qui n'hésite pas à se battre avec une épée, qui joue sans doublure avec des animaux impressionnants comme le tigre apprivoisé Tora ou un crocodile, et qui vient de quitter l'ancien studio "ABC productions" de Calcutta qui l’a rendue célèbre et qui invoque désormais une rupture de contrat déloyale. De son côté Rochana affirme n'avoir signé aucun contrat qui la lie à ABC. Lors d'une soirée de présentation du dernier film de Rochana "Queen of Hearts" (dont on apprend plus tard qu'il dure 29 minutes), Perveen découvre le corps d'un homme et donne l'alerte. Or cet homme, le sergent Joseph Morgan, était un policier travaillant pour le bureau des censures cinématographiques. Tandis que la police enquête sur les circonstances de cette mort, Perveen qui est obligée de faire profil bas pour ne pas attirer l'attention, cherche à savoir qu'elles étaient les motivations de cet homme présent à la soirée de "première" sans y être invité, et qui plus est, agissait étrangement en cachant son identité et se comportant de façon grossière avec certaines personnes dont Rochana. Pire encore ! Rochana disparaît le lendemain du drame et sa meilleure amie Alice semble lui cacher des faits très importants.

Quelques révélations mineures
Dans ce nouveau roman des aventures de Perveen Mistry, l'auteur évoque de nombreux thèmes comme :
- les débuts de l'industrie cinématographique indienne en plein essor, qui deviendra "Bollywood" et qui cherche à se faire valoir dans l'économie mondiale ;
- la censure du gouvernement britannique qui peut exiger des coupures de scènes afin d'autoriser le visa de distribution ;
- le travail des actrices indiennes qui doivent s'imposer car il n'est pas convenable d'être acteur pour une femme, leurs rôles sont d'ailleurs parfois joués par des hommes ;
- les relations amoureuses de même sexe ;
- la place des femmes dans le monde du travail, forcément dépendantes d'un homme qu'il soit le père ou l'époux ;
- l'impossibilité pour Perveen de divorcer de Cyrus qu'elle a épousé à 20 ans (4 plus tôt) avant que celui-ci ne révèle sa cruauté ;
- les ravages de la guerre mondiale chez les survivants et l'usage de l'opium chez certains.
The city government wants to tax films made here for the reason of gathered people causing a danger to society.” He shook his head. “They truly don’t like us consuming anything that doesn’t come from England.”
Le gouvernement britannique veut taxer les films indiens sous prétexte que les rassemblements de personnes seraient dangereux pour la société. » Secouant la tête il ajouta « Mais la réalité c'est qu'il refuse tout ce qui ne vient pas d'Angleterre. »
Mon avis
Je n'ai pas été déçue de cette nouvelle histoire qui poursuit l'idée de l'auteur de mettre en scène une jeune femme parsie, séparé de son mari abusif, qui développe une relation amoureuse avec un anglais rencontré dans la seconde aventure : La malédiction de Satapur.
Le personnage d'Alice, jusqu'à présent peu développé, prend une grande part de l'intrigue sur deux sujets : tout d'abord l'auteur écrit clairement qu'Alice est attirée par les femmes ce qui contrarie tellement ses parents que sa mère interdit à Alice de revoir Perveen qui n'est pourtant l'amoureuse d'Alice, puis Alice découvre qu'elle est la demi-sœur de Rochana, son père ayant eu une aventure avant son mariage.
A la fin, l'auteur liste les nombreux soutiens qu'elle a eu de la part de ceux qui maîtrisent les sujets de niche comme le développement du cinéma indien, également les livres de reportages photographiques illustrant les combats ou les prisonniers de guerre (1e guerre mondiale).
J'ai ressenti certains passages un peu forcés et incongrus comme :
- le livre des photos de guerre que Colin a failli acquérir pour la Royal Asiatic Society où il a un rôle de vice-président et dans lequel Perveen, comme par hasard, pense reconnaitre Morgan ;
- le passage où Diana, la chienne d'Alice, doit faire un "bout d'essai" dans le but de remplacer la chienne de Rochana qui a été récemment empoisonnée ;
- Alice, qui est une professeur renommée, laisse tomber son amie Perveen dans l'espoir de faire tourner son chien dans un film, cela ne m'a pas paru crédible.
Au final, j'ai passé un bon moment en compagnie de Perveen mais je ne vois pas trop comment l'auteur va faire décoller un peu ses relations personnelles et professionnelle.
But a woman can’t have her own bank account without her husband or father’s permission,” Perveen said, thinking about her own situation.
Mais une femme ne peut pas avoir de compte en banque sans l'autorisation de son mari ou de son père songea Perveen en réfléchissant à sa propre situation.
Et après ?
La relation entre Perveen et Colin passe à une étape charnelle mais ils conservent l'obligation de garder leur relation secrète ; pour que tout s'arrange pour eux, il faudrait que Cyrus meure (il est en très mauvaise santé). Côté professionnel, il faudrait que Perveen s'émancipe de sa famille et qu'elle quitte Bombay mais elle est encore très attachée à sa famille, à sa mère, au bébé de son frère depuis que la maman dépressive (post partum) est retournée vivre chez ses parents et à son père qui lui offre un cabinet de travail et accessoirement une voiture avec chauffeur.
Mes recherches pour illustrer
Le Ripon club
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| Ripon club, cuisine parsie |
J'apprécie tout particulièrement lorsque l'auteur évoque des lieux emblématiques de la religion parsie comme le Ripon club qui existe toujours.
The Ripon Club was located on Esplanade, just a few minutes’ walk from Mistry House. The august Parsi establishment was situated on the upstairs floors of another law practice building almost as handsome as Mistry House.
Le Ripon club était sur l'esplanade à quelques minutes du cabinet des Mistry, l'honorable établissement parsi était aux étages supérieurs d'un autre cabinet d'avocat aussi classe que le bâtiment des Mistry.
Mistry House, le cabinet d'avocat où travaillent les Mistry
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| Bruce street où se situe Mistry house |
When they arrived in Bruce Street, the rain was hammering down. Perveen and Jamshedji hustled out of the car and up the stairs to Mistry House, the high-roofed stone mansion decorated with gargoyles that was a former family home but now served as a grand law office.
Lorsqu'ils arrivèrent dans Bruce Street (actuellement Homi Modi street), la pluie tombait à verse. Perveen et Jamshedji se ruèrent hors de la voiture et grimpèrent les marches de la maison Mistry, un immeuble en pierre de plusieurs étages avec des gargouilles au niveau du toit, ce qui était autrefois une maison familiale était devenue un prestigieux cabinet d'avocats.
La fête de Durgā pūjā
Une fête de la religion indoue à laquelle Perveen assiste.
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| Durgā pūjā années 20 |
L'Asiatic Society Of Bombay (Mumbai)
Où travaille Colin (pour rappel il est cartographe).
La Société Asiatique de Bombay a vu le jour sous le nom de Société littéraire de Bombay, qui s’est réunie pour la première fois à Mumbai le 26 novembre 1804, et a été fondée par Sir James Mackintosh. Elle a été créée dans le but de « promouvoir des connaissances utiles, en particulier celles qui sont aujourd’hui directement liées à l’Inde ». Après la création de la Royal Asiatic Society of Great Britain and Ireland à Londres en 1823, la Literary Society of Bombay y fut affiliée et fut connue sous le nom de Bombay Branch of the Royal Asiatic Society (BBRAS) à partir de 1830.
La Société géographique de Bombay fusionna avec elle en 1873, suivie par la Société d’anthropologie de Bombay en 1896.
Les couvertures
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| publié en 2026 (en anglais) |
illustration d'entrée de billet : l'actrice indienne Kanan Devi
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