Au nom de la justice - Vish DHAMIJA



New Delhi, la fille de Gayatri, la domestique du couple d'avocats Vansh et Priti Diwan est violée par Maheep, un camarade d'école de leur fille Vamini mais aussi le fils de Maninder Singh, un magnat malhonnête pour lequel Diwan est l'avocat d'affaires attitré, et laissée pour morte après avoir été frappée et avoir perdu beaucoup de sang ; la jeune fille est dans le coma mais finit par se réveiller. Vansh Diwan se retrouve dans une situation délicate lorsque son "patron" lui demande de mettre en place une défense contre les accusations de viol dont son fils va être accusé, et que son épouse Priti attend de lui qu'il représente leur domestique qui n'a aucune chance devant les pressions que pourrait mettre en oeuvre Singh si elle doit se contenter de l'aide juridictionnelle gratuite. Finalement Priti demande à Akash Hingorani, leur camarade de promotion, de prendre en charge l'affaire. Mais la situation s'inverse lorsque Maheep est retrouvé mort : Singh accuse Gayatri d'avoir voulu venger sa fille en assassinant son fils et Hingorani doit désormais défendre sa cliente qui se retrouve accusée de meurtre.

Vansh était un homme honnête, mais, en tant qu’avocat pénaliste, il était inévitable qu’il côtoie des personnages peu recommandables, ce qui perturbait Priti. L’un de ces personnages était le plus gros client de Vansh Diwan en termes de revenus annuels : Maninder Singh. Priti trouvait extrêmement pénible d’être en présence de Jaya et Maninder lorsqu’ils se voyaient. Elle les décrivait comme désagréables, pitoyables, mais inéluctables, tout comme des excréments. Cependant, ils étaient obligés de se fréquenter de temps en temps, car leur fils et Vamini étaient dans la même classe.

L'auteur Vish Dhamija a fait des études de droits et cela explique les détails de l'affaire judiciaire mis en scène durant de nombreux chapitres. L'histoire est bien menée et sans faux pas ou explication tarabiscotée de dernière minute, la culpabilité de celui qui a assassiné Maheep est révélée à la toute fin avec subtilité et une sorte de satisfaction jubilatoire. Le roman dénonce les inégalités sociales dans le prisme de ce procès mais on comprend bien que si Gayatri n'avait pas été domestique chez des avocats, son cas aurait été vite traité et elle aurait été arrêtée, condamnée et emprisonnée alors que non coupable. Le récit passe même en revue ce que risquent Gayatri et sa fille si Singh s'occupe de leur sort : élimination pure et simple sans crainte d'être poursuivi.
Maninder avait commencé par attirer de jeunes étudiantes dans les lits des politiciens, puis était devenu proxénète à plein temps. La prostitution n’était pas une idée novatrice ni une activité nouvelle, mais il avait réussi à éliminer sans pitié les rivaux qui lui faisaient concurrence sur le marché. Il avait repris leurs affaires, et leurs filles. Ceux qui s’opposaient à lui avaient tout simplement disparu du jour au lendemain.
 

photo libre de droits par Ayrus Hill via Unsplash


  • Coup de coeur : oui
  • Structure du roman : correcte, divisé en 32 chapitres
  • Crédibilité de l'auteur : oui, nombreux détails du déroulé de la justice indienne 
  • Style : excellent, vif et agréable à lire, nombreux dialogues et de l'humour aussi malgré les deux tragédies (viol et assassinat),
  • Tension narrative : présente, on a envie de savoir si Gayatri sera acquittée et surtout si le magnat véreux aura son bras long enfin coupé
  • Intérêt de l'histoire : affaire judicaire démontrant la nécessité pour les pauvres d'avoir des relations efficaces pour les défendre sans subir de pressions devant les "grands". 
  • Psychologie : l'auteur s'attache à mettre en lumière les réflexions de nombreux personnages, on a vraiment l'impression de les côtoyer et de connaître leur pensées, leurs craintes et leurs combats intimes
  • Bémol : j'aurais aimé que le roman intègre plus de détails sur l'Inde, il y a très peu de descriptions sur l'environnement, à part le port d'un sari pour une femme, et le fait de la crémation pour Maheep ; pour le reste, peu de description des intérieurs, des repas - à part un petit déjeuner au jus d'orange et aux toasts beurrés. Il est également dommage qu'il y ait un grand déséquilibre entre les personnages : certains sont très développés mais d'autres sont quasi inexistants comme la mère de Maheep, on en parle au début (frivole) et à la fin (mère en deuil) mais c'est une ombre le reste du roman sur 350 pages.
Elle fit griller du pain, le beurra généreusement, remplit un verre de jus d’orange, monta les marches menant à sa chambre et frappa doucement à la porte. Pas de réponse. Elle frappa à nouveau. Rien. Elle regarda l’heure : il était presque 10 heures. Redoutant l’idée de le réveiller – elle se dit qu’il ne serait pas de très bonne humeur, compte tenu de ce qu’il avait vécu, la veille – elle retourna à la cuisine pour continuer ses autres tâches. Elle pourrait toujours refaire le petit-déjeuner quand Maheep baba serait debout. (paragraphe où la servante des Singh s'inquiète de la non réponse de Maheep et pour cause...il est déjà mort)

publication 2026


Lu en avance grâce aux éditions Mera et offre Netgallay
#Aunomdelajustice #NetGalleyFrance

Illustration en entrée de billet : un pichwai origine inconnue (trouvé sur Pinterest)

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