Allmen et le dernier des Weynfeldt - Martin Suter


Le détective Allmen est mandaté par Adrian Weynfeldt, un richissime amateur d’art qui vient de remarquer la disparition d'un tableau auquel il tient : un Picasso qui n'entre dans aucun catalogue raisonné car réputé faux, il ne souhaite pas contacter la police pour cette raison. Allmen entreprend d'interroger les amis conviés pour un diner et dont au moins l'un d'entre eux aurait pu faire le coup. La requête des vidéoprotections de l'entrée de son immeuble permettrait de voir qui entre ou sort encombré d'un gros paquet mais curieusement les caméras n'ont rien enregistré ce soir là.


Je me suis laissée tentée par ce roman par le bouche-à-oreille et l'ai réservé à la médiathèque (je limite désormais mes acquisitions). C'est très sympathique car les deux protagonistes s'entendent bien dans leur disposition à boire et manger dès que possible, toutefois je n'ai pas réussi à leur donner corps et parfois ils se confondaient dans ma tête.

Moins de 200 pages et pourtant l'enquête avance très lentement, d'interrogation en interrogation. C'est effectivement du genre cosy-mystery quoiqu'il y ait un mort qui n'a rien à voir avec le vol du tableau. La bonne surprise vient des associés d'Allmen, qui sont ses serviteurs qui ont double casquette, c'est drôle et original.

– Eh bien ? demanda Allmen. 
– Il est manifestement très, très riche. Carlos se leva, plongea la main dans la poche ventrale du tablier qu’il portait pour cirer les chaussures et en sortit un morceau de papier qu’il déplia. C’était une photo peu avantageuse d’Adrian Weynfeldt debout à côté d’un chevalet supportant un tableau qui représentait une femme nue agenouillée devant un feu de cheminée. La légende annonçait : Vente aux enchères chez Murphy’s. Femme nue devant une salamandre de Félix Vallotton a changé hier de propriétaire moyennant le prix sensationnel de 4,1 millions. À côté du tableau, sur la photo : l’expert en art suisse de la salle des ventes.
– J’ai tapé son nom sur Google. Il a hérité une fortune de ses parents.

Pour moi c'est une première lecture de cet auteur auquel je crédite un style très correct mais pas exceptionnel. La singularité de ce roman réside surtout dans les protagonistes, plutôt sympathiques.

Structure du roman : bien
Crédibilité de l'auteur : oui
Style : correct et drôle
Coup de coeur : non
Tension narrative : aucune (on se fiche royalement de qui a volé le tableau)
Intérêt de l'histoire : se détendre avec un livre policier sans scène obscène.

Traduit de l’allemand (Suisse) par Olivier Mannoni

illustration d'entrée de billet : "La Salamandre" de Félix Vallotton (1900) collection particulière.

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