Sidney Chambers et le problème du mal - James RUNCIE
Nous retrouvons Sidney Chambers dans le 3è tome des mystères de Grantchester, petite bourgade près de Cambridge où notre charmant clergyman est professeur au Corpus Christi College. Dans ce recueil quatre histoires que j'ai trouvé un peu légères et moins profondes que dans les deux tomes précédents. L'auteur ne nous régale plus avec l'humour de ces premiers tomes : ici je n'ai souri qu'une seule fois !
De plus, je ne suis personnellement pas du tout "fan" de son épouse et à bien y regarder, je déplore que Sidney trouve encore du bonheur à s'envoyer chaque semaine 1 litre de bière (2 pintes) avec son ami policier : oui à 30 ans mais là avec la quarantaine, cela me semble assez artificiel.
Il y a également beaucoup de réflexions sur le fait que le mal existe alors que Dieu devrait l'empêcher : des notions de théologie un peu trop abstraites à mes yeux dans un pareil volume.
Ceci est le dernier tome traduit en Français à ce jour et pour moi ce sera sans doute le dernier avant longtemps car je ne me sens pas encore de lire un roman complet en anglais.
1. le problème du mal
Nous sommes en 1957, Sidney est marié avec Hildegard et assiste à une cérémonie en mémoire du bombardement de Coventry (1940). Sidney fait ensuite équipe avec son ami l'inspecteur Geordie Keating car à la suite de la cérémonie, plusieurs pasteurs connus de Sidney sont victimes d'un sérial killer qui met en scène les corps de manière laissant planer un besoin de revanche.
La victime (Philip Agnew) était un célibataire de plus de cinquante ans, un homme qui accueillait les sans-abris dans son église, et qui donnait aux pauvres la plus grande partie de son argent. Il croyait que l'Eglise devait être une "oeuvre d'art" et une "offrande d'amour" plutôt qu'une institution ou une "cause".../... Un jour Sidney l'avait entendu faire un sermon à partir de cinq mots de l'Evangile précédant l'arrestation du Christ dans le jardin de Gethsémani : "Puis ce fut la nuit." D'après Philip Agnew, la phrase n'indiquait pas seulement le moment de la journée et l'avènement des ténèbres au moment de l'arrestation, mais c'était l'annonce d'un mal imminent et absolu. p.21
2. Nu féminin
1962. Lors d'une visite au musée Fitzwilliam de Cambridge où travaille sa grande amie Amanda, Sidney est témoin d'une apparition peu banale : une jeune femme ôte son manteau et déambule entièrement nue avant de sortir du musée, dans le même temps disparait un tableau.
Le tableau volé était Le trapèze, une scène de cirque à Dieppe où le peintre s'était rendu de 1919 à 1922. Légué au musée en 1939, il était considéré comme l'une des plus belles oeuvres de Sickert, et des plus libre. le sujet en était une jeune trapéziste, vue de très en dessous, s'apprêtant à se balancer d'un bond à l'autre de la coupole du chapiteau. C'était un hommage au drame, au risque et à la bravoure, débordant de l'amour du peintre pour le théâtre, mais on ne voyait pas trop pourquoi quelqu'un aurait voulu dérober cette oeuvre plutôt qu'un Monet tout proche. (p.94)
3. Mort par noyade
Un ancien camarade de régiment demande à Sidney de jouer le rôle d'un pasteur dans le film qu'il réalise. Lors d'une scène de noyade un acteur succombe à la noyade et son fidèle labrador Dickens, qui joue lui aussi dans le film, tombe malade. Sidney cherche à déterminer si la cause de la noyade est vraiment accidentelle tout en constatant qu'il est compliqué pour lui de cumuler son travail de pasteur, sa volonté de mettre au jour la vérité et bientôt il apprend qu'il va être père.
C'était l'un de ses sombres moments où Sidney se disait qu'il n'aurait peut-être jamais dû devenir pasteur. Cela aurait certainement facilité les choses pour sa famille et maintenant, assurément, pour sa femme. (p.171-172)
4. Noël 1963
Sidney rend visite à l'une de ses paroissiennes qui vient d'avoir un bébé prématurément. Mais voici que le bébé est enlevé à la clinique tandis que la mère s'était assoupie et Sidney recherche dans l'entourage de la jeune mère le ou la coupable.
- La vieillesse dépouille la vie de sa poésie, dit l'homme.Sidney se demanda dans quelle mesure c'était vrai. le caractère éphémère de la vie l'avait toujours poussé à jouir de la jeunesse qu l'habitait encore ; goûtant chaque jour qui se présentait et compensant la future menace de la mort en vivant le plus vigoureusement et le plus joyeusement possible. (p.254)
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