Jean-François est un jeune homme très brillant mais qui est moqué par ses comparses car il est incapable de tenir une conversation banale ; il porte le surnom "Les Bas Bleus," car il a la manie d'en mettre chaque jour. Mais ce jeune garçon qui parait simplet a une autre particularité invisible qu'il garde secrète : il a le terrible pouvoir de ressentir en lui la mort de quelqu'un sur l'instant.
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— Que regarde-t-il donc là-haut ? se demandoient-ils entre eux. Le passage d’une volée d’oiseaux rares, ou l’ascension d’un ballon ?
— Je vais vous le dire, répondis-je pendant que je me faisois un chemin dans la foule, en l’écartant du coude à droite et à gauche. — Apprends-nous cela, Jean-François, continuai-je ; qu’as-tu remarqué de nouveau ce matin dans la matière subtile de l’espace où se meuvent tous les mondes ?…
— Ne le sais-tu pas comme moi ? répondit-il en déployant le bras, et en décrivant du bout du doigt une longue section de cercle depuis l’horizon jusqu’au zénith. Suis des yeux ces traces de sang, et tu verras Marie-Antoinette, reine de France, qui va au ciel.

J'ai choisi ce titre intrigant sur le site https://www.litteratureaudio.com/ et je suis tombée sur cette nouvelle qui met en scène un jeune homme dont on dirait lui aujourd’hui qu'il est autiste ou haut potentiel car il sait beaucoup de choses mais s'avère incapable de gérer les choses et évènements simples du quotidien. Son surnom de "bas bleus" se réfère peut-être à l'expression anglaise « blue stocking » qui désigne les participants à des salons littéraires, ou gens de lettres.
Charles Nodier (1780-1844) n'est pas un inconnu pour moi car j'ai eu l'occasion de visiter La bibliothèque de l'Arsenal-Maison de Charles Nodier dans ma quête des visites des maisons des Illustres mais c'est le premier écrit que je lis de lui. Le récit est conté par l'un de ses camarades, témoin de son comportement, la nouvelle est courte et la chute est dramatique avec cette sentence qui m'a donné des frissons : « La vérité est inutile ».

