Affichage des articles dont le libellé est Christine ANGOT. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Christine ANGOT. Afficher tous les articles

lundi 6 octobre 2025

La nuit sur commande - Christine ANGOT


Pour ce volume, Christine Angot nous raconte sa relation avec l'art, la littérature, l'écriture qui est sa vie, tandis que l'art et la peinture se conçoivent comme "hors d'atteinte", comme lorsque fillette, elle longeait le musée de sa ville sans y être jamais entrée.

« Je me revois dans les rues de Châteauroux, à quatre ans, cinq ans, six ans, sept ans… En train d’aller à l’école. Je passais par une petite ruelle pavée, qui longeait le musée. Je me revois avancer entre les murs, en chantonnant les dernières chansons de Sheila, et en contemplant à mes pieds du haut de ma taille les chaussures vernies noires que ma mère venait de m’acheter. Je ne savais rien de ce qu’allait être ma vie. L’avenir ne m’inquiétait absolument pas. Au contraire. »

Ce n'est qu'après plusieurs chapitres que je me suis demandée quand elle allait enfin entrer dans le musée, j'avais hâte car je n'y suis jamais allée et j'avais envie d'avoir son impression. Bien que ce moment finisse par arriver, brièvement puisque la nuit se termine sous les coups d'une heure du matin, le récit exprime avant toute chose la difficulté de vivre, de dormir, d'avoir des relations amoureuses sérieuses, arrêter de travailler dans des activités qui lui déplaisent mais qui rapportent de l'argent et pouvoir enfin vivre du seul métier qui lui plaise : l'écriture. 

Le récit n'est pas désagréable à lire car j'ai été touchée par sa solitude, sa volonté de se sortir d'une situation qui ne la rend pas heureuse, immergée dans une société d'artistes, de journalistes au sein de laquelle elle se sent étrangère.

Le mot "commande" résonne pour Christine Angot comme une terreur, celle vécut lorsqu'elle devait subir les relations incestueuses ordonnées par son père dans son adolescence. Il traduit un état de soumission, la ramène à une "chose" sans volonté, comme une poupée de chiffon, et explique sa réticence à passer la nuit dans un musée pour y écrire l'expérience, malgré l'installation d'un bureau et d'un ordinateur, pour elle et sa fille Léonore qui l'a rejoint, et à qui elle dédie le livre.

cliquer sur la composition d'images pour agrandir

Si je devais choisir entre trois oeuvres d'art, il y aurait Les heureux hasards de l'escarpolette, la sculpture de sainte Thérèse par Le Bernon et les souliers de Van Gogh. (p.68)

publié en 2025

samedi 19 juin 2010

L'inceste - Christine ANGOT

Moïse Kisling


Christine Angot n'aime plus son amante. Christine aime sa fille, mais ne s'aime pas. Pas trop, pas depuis cette terrible épreuve vécue après la rencontre d'avec son père, cet inconnu. Elle avait 14 ans et il aimait la baiser.



Mon amie Thierry ("Desmurmures" du blog LIRE VOIR ENTENDRE) m'a prêté ce livre car depuis longtemps, il "est pour" Angot.

Moi je ne la connaissait pas. Je l'avais vue à la télévision. Répondant aux questions perçantes et pressantes. Cela me faisait mal ; j'ai donc lu ce livre un peu sans savoir à quoi m'attendre, coté style. J'ai eu du mal : il faut aimer la déstructuration, le passage du coq et l'âne. C'est spécial. Le contenu aussi est spécial ("space" comme je dis toujours). Spécifique et extrêmement discursif. Heureusement, le livre est court. 

Je ne sais pas si j'ai aimé. J' l'ai lu rapidement, pas pour m'en débarrasser, mais bon, on ne lit pas ce genre de livre pour le plaisir, ça non.

Christine Angot (se) raconte : comment elle est devenue homosexuelle, pendant 3 mois, avec Marie-Christine ; le prénom a été modifié pour le récit, peu importe : Marie-Christine ne l'aime pas, pas comme elle voudrait, alors Christine veut rompre. Christine envisage qu'elle ne peut être aimée normalement depuis l'inceste ; ce sujet est traité, mais pas tout au long du livre, quelques pages et heureusement !

Christine peut-elle être heureuse ? Grâce à l'écriture j'espère. Au moins, il reste cela. Christine peut-elle écrire sur un autre sujet qu'elle même ? Je ne sais pas.

Merci Th. pour m'avoir fait connaître Angot. Et l'autofiction. Je découvre, et même si je ne comprends pas tout, cela fait partie du mystère.

publié en 2001