Affichage des articles dont le libellé est roman science fiction. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est roman science fiction. Afficher tous les articles

mercredi 30 juillet 2025

Nick et le Glimmung - Philip K. DICK


Le chat Horace s'est offert une petit balade mais il a été repéré c'est pourquoi la famille de Nick a quitté la Terre pour vivre sur la planète du Laboureur où ils croisent de nouvelles races toutes plus bizarres les unes que les autres, certains combattent le puisant Glimmung, d'autres tentent de survivre. Lorsque l'un d'entre eux donne à Nick un livre du destin qui écrit ce qui fut ce qui est et ce qui sera, Glimmung cherche à le récupérer à tout prix car le livre indique comment l'anéantir.

« Vous êtes conscients, n’est-ce pas, dit M. McKenna, que les créatures natives de la planète du Laboureur sont coincées dans une lutte à mort qui dure depuis plusieurs siècles ?

— Oui, nous le savons. Les Werjs nous l’ont expliqué.

— À cause de cette guerre, la plupart des colons humains qui s’installent ici veulent repartir, dit Mme McKenna. Ils sont même prêts à retourner sur Terre malgré la surpopulation.

— Nous ne pouvons pas rentrer, à cause d’Horace, intervint Nick.

— Un chat est-il une raison suffisante pour se retrouver banni de son propre monde ? demanda M. McKenna d’une voix teintée de mépris.

— C’est une question de principe, expliqua calmement M. Graham. Nous estimons qu’il devrait y avoir de la place pour les animaux, quel que soit le degré de surpopulation atteint par la planète.

— Vous comptez faire de l’agriculture, ici ? demanda M. McKenna. Vous allez labourer la terre et faire des semis ?

— Exactement, répondit le père de Nick.

— Et vous avez de l’expérience dans ce domaine ?

Roman lu juste après le roman qui précède "Le guérisseur de cathédrale" car il se trouve généralement dans le même livre (c'est plus exactement une relecture). 

Personnellement je ne vois pas en quoi c'est censé être un roman "jeunesse" car ce n'est pas mièvre ni léger et le fait de mettre un chat en personnage important n'est pas une raison suffisante.

Ceci étant dit, j'ai trouvé le récit très long et très pénible et pas du tout positif ni formateur. C'est même plutôt inquiétant : entre un futur sans animaux, des écoliers sans professeur autre qu'un prof en vidéo qui fait cours à des centaines d'enfants, des assassinats sur la planète du Laboureur pris un peu à la légère.

L’Imprim s’ébranla et se dressa haut dans le ciel. Il se vrilla en colonne, et de cette colonne jaillit un spectre : dans son agonie, l’Imprim avait produit une copie de Glimmung. Une réplique médiocre, certes, mais néanmoins vivante et immense. Le spectre, coiffé lui aussi d’un casque à cornes étincelant, brandit sa lance fantôme et, les yeux brûlants de malveillance, la plongea dans la gorge de Glimmung.

Glimmung s’élança dans le ciel en serrant le livre dans sa main gantée. La lance dépassait de son cou. Tout en grimpant, Glimmung l’attrapa pour tenter de l’arracher. En vain : elle tenait bon et une plaie se forma autour, béante à jamais. Pas plus qu’il ne pouvait retirer la lance, Glimmung ne pourrait soigner cette blessure. Il avait été transpercé et il porterait l’entaille que son double inexact et mal modelé lui avait infligée pour toujours, pour toute l’éternité.

Le chat est sauvé, Glimmung est mutilé (ce n'est pas le même que dans le roman précédent) et un double de Nick, supposé maléfique, se balade sur la planète, donc pas de quoi trouver en cette matière du rêve ou de la philosophie.

Glimmung ne se cachait plus dans le Werj. Sous une forme qui lui était propre, il soufflait maintenant comme un vent visible vers Nick, peinant pour se dépêcher. Il approchait aussi vite qu’il le pouvait, irrésistiblement attiré par le livre, son livre, celui grâce auquel il régnait sur cette planète.

153 pages quand même, ce qui n'est pas rien. A lire comme une curiosité.




illustration : Finnegan Matthews

vendredi 25 juillet 2025

Le guérisseur de cathédrale - Philip K. DICK



Dans une société future livrée à un taux de chômage tel que les gens restent enfermés chez eux et passent leurs temps à des jeux infantiles et inutiles, Glimmung, une entité extraterrestre vient démarcher Joe Fernwright, un restaurateur de céramique hautement compétent mais qui n'a pas eu de travail depuis plusieurs mois et qui accepte de suivre Glimmung sur la planète, d'autant plus qu'il est poursuivit par la police. 

Sur les trottoirs de la ville, l'immense entité ahanante quasi animale que formait la masse des éternels sans-emploi de Cleveland se rassemblait et se dispersait, se regroupait pour attendre, attendre toujours, se fondre en un agglomérat triste et instable. Muni de son sac de pièces, Joe Fernwright heurtait leur flanc collectif en se frayant un passage vers la cabine téléphonique de monsieur Travail. Il humait l'odeur familière, vinaigrée et pénétrante, de leur présence massive, passionnée et pourtant porteuse d'un regret plaintif.

Le projet est renflouer Heldscalla, une antique cathédrale engloutie au fond de l'océan sur Sirius V, la planète du Laboureur, dont Glimmung est devenu le maître.

« Je n'ai pas travaillé depuis sept mois et on me propose un boulot qui me mènera hors du système solaire. J'ai peur. Et si je n'y arrive pas ? Si j'avais perdu mon doigté après toute cette oisiveté ? »

Après s'être réveillé au terme de son voyage spatial, Joe fait connaissance des autres compagnons qui comme lui, ont été embauchés pour leur capacité : spécialiste des coraux, télékinésiste, etc... il découvre également que tous ont été visités par le Glimmung alors qu'ils étaient, comme lui-même, en perte de confiance, voire prêts à se suicider. Puis ils découvrent les créatures habitant la planète, en particulier les répandeurs qui vendent le livre constamment mis à jour par les Kalendes, où sont écrites les prédictions de leur avenir. Bientôt ils font connaissance de Glimmung :

« le personnel de l'hôtel ne va pas apprécier », remarqua Joe à mi-voix. Bon Dieu ! Cette énorme montagne dotée de centaines de bras qui se contorsionnaient et cinglaient l'air frénétiquement, semblant sortir de tous les points de la carcasse gigantesque… cet amas grouillant oscilla un instant, puis, dans un rugissement furieux, fit s'écrouler le sol qui le supportait ; la chose disparut à la vue, laissant partout des immondices. de la crevasse béante montaient de fines volutes de fumée, sans doute de la vapeur d'eau. Mais Glimmung s'en était allé. Tout s'était passé selon les prévisions de Mali : le plancher n'avait pu résister à ce poids, Glimmung était tombé à travers dix étages jusqu'au sous-sol.

Il y a quelques temps, je n'aurais jamais pensé pouvoir apprécier de nouveau la science-fiction comme au temps de mon adolescence ; mais voilà, Philip K.Dick n'est pas qu'un auteur qui dépeint le futur à bord de vaisseaux spatiaux et à grand renfort de monstrueuses créatures extraterrestres. Personnellement, je lis le témoignage visionnaire d'un excellent auteur inventeur qui imagine une technologie permettant d'interroger une encyclopédie (me fait penser à Internet / Wikipedia) ou de jouer avec l'ordinateur, ou encore des équipements capables de créer la réalité augmentée (scène avec le SSA). On lit avec inquiétude (les écoutes) et une lueur d'espoir l'aventure de Joe sur la planète du Laboureur où il rencontrera son destin et une raison d'être.

C'est très drôle, comme lorsque l'auteur fait défiler tous les religieux auxquels Joe demande conseil, prémonitoire avec le traducteur. Une lecture dépaysante et étonnante qu'on peut relire avec le même intérêt car ce n'est pas compliqué et qu'il y a beaucoup de notions philosophiques sur le sens de la vie, le besoin d'appartenir à une société ou de trouver un repos bienfaisant. 

publié en 1969
puis en 1977 en français
avec le titre "manque de pot"




illustration : Sparth