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jeudi 7 août 2025

L'ange noir - William Irish

June Vincent dans l'adaptation


New York, 1940. Alberta, une jeune femme de 22 ans se découvre des talents de détective lorsqu'elle se met sur la trace de celui qui a tué la maitresse de Kirk, son mari, lequel se retrouve condamné à mort pour ce meurtre qu'il n'a pas pu commettre. Il lui reste à peine 3 mois pour trouver qui a assassiné la belle Mia Mercer, une artiste de music hall aux relations et motivations douteuses.

édition Omnibus 1000 pages en 2004

Je poursuis ma lecture du "pavé" emprunté à la médiathèque (plus de 1000 pages toutes fines et écriture minuscule) et je veux aujourd'hui parler du 3è roman de ce livre "L'ange noir" que j'ai beaucoup apprécié. 133 pages de pure roman noir comme je les aime, et je ne suis pas la seule, c'est à dire avec aucun passage dégoulinant de sang, aucun passage où l'on suit la psychologie d'un tueur sadique etc. (certains pourront reconnaître de récents "romans" qui me sont tombés des mains).

Étrangement j'ai aimé l'humour, peut-être inconscient de l'auteur mais je n'ai pu m'empêcher de me dire que cette épouse, du genre "desperate housewife" qui ne travaille pas et qui passe sa journée à attendre son mari, a vraiment du cran et c'est certainement ce décalage que j'ai trouvé plutôt drôle.

Ayant pris possession du carnet téléphonique de la morte et d'un indice sur la scène du crime, Alberta décide de partir sur les traces des protagonistes afin de les approcher et de les tester sur leur capacité à avoir pu éliminer cette femme, quitte à se mettre en danger.

La qualité littéraire est au rendez-vous de ce polar noir : la construction des chapitres (un pour chaque suspect), les dialogues, le suspens, tout est parfaitement mené sans que l'on ressente ni impatience, ni désolation. Une petit défaut à la fin lors de la scène finale assez rocambolesque qui pour surprendre tant il s'en est fallu de une pour qu'elle y reste, mais tout se tient si l'on garde en tête mon impression de départ : lire un polar qui réserve quelques tours de passe-passe malicieux.

Il parait que ça arrive à tout le monde au moins une fois. Il parait aussi que le mieux est de laisser courir, de faire semblant de ne rien remarquer, et que ça passera tout seul. c'est ce qu'on dit. mais essayez donc cette recette, à vingt-deux ans, quand c'est la première fois que ça vous arrive. (p.276)

The Black Angel (1943) Publié en français sous le titre Ange


En tête de billet : June Vincent qui jour le rôle d'Alberta, renommée Catherine dans le film (1946) adapté du roman

lundi 4 août 2025

La Mariée était en noir - William Irish (Cornell Woolrich)


Son mari est abattu à la sortie de l'église et à compter de ce jour, rien n'arrête sa veuve de retrouver et tuer ceux qu'elle pense responsable de son malheur.

Un homme tombe du 17è étage lors d'une party, une femme qui était sur les lieux mais qui n'était pas invitée est introuvable. Peu après, un homme reclus dans un hôtel minable est empoisonné par une femme qui disparait par l'escalier de service. Ensuite, un père de famille se retrouve aux prises d'une femme qu'il croit être l'institutrice de son fils envoyée par son épouse partie chez sa mère en urgence et se retrouve enfermé dans un placard colmaté où il succombe.
L'enquêteur sur le premier meurtre aune intuition en apprenant les autres, pour lui cela ne fait aucun doute : une femme cherche à se venger et il lui faut désormais trouver le lien entre les victimes.

Une construction assez singulière pour cette course contre la montre à la recherche d'une tueuse implacable : chaque partie du roman est libellée du prénom de la victime et s'articule ainsi : 
  • l'entrée en scène de la tueuse dans l'entourage familier de la victime,
  • la mise à mort,
  • l'enquête.
Certaines parties sont plus étudiées que d'autres dans la psychologie des personnages, ainsi j'ai beaucoup aimé la 3è partie "Moran", le père de famille tellement critique vis à vis du mariage, de la charge mentale de la mère de famille qui s'inquiète du fait que son mari est incapable de s'occuper de son fils et de lui-même. Lorsqu'elle voyage en direction de sa mère qu'elle croit malade, elle ne fait que pourtant penser à son foyer, sa charge mentale a atteint un niveau maximal. C'est aussi le chapitre où l'auteur met beaucoup de sentiment personnel sur ce que devrait être une famille, du rôle de chacun, et dans son portrait, on ne eut pas dire que les hommes soient à leur avantage.
Le paysage glissait le long du car avec des ondulations pareilles à celles d'une terre soulevée par la charrue, mes les arbres, les prés et les maisons n'étaient pas renversés au passage. Margaret ne voyait qu'avec la surface de ses yeux : on eût dit que les images s'arrêtaient à l'entrée de la pupille. Toutes les dix minutes, régulièrement, elle se souvenait de quelques petite chose qu'elle avait omis de dire à Franck, à propos de Cookie, de la maison, du laitier ou de la blanchisseuse ; peu importait, finalement, se disait-elle, car il aurait probablement déjà oublié. (p.53)
 
Révélation
[Ce roman a été adapté par François Truffaut avec une fin différente cependant (dans le livre les victimes sont innocentes du crime qui leur est attribué car elles passaient par hasard au même moment où un gangster embusqué a tiré sur l'époux, dans le film, les victimes et le tireur se connaissent).]

J'ai lu ce livre dans le pavé des éditions Omnibus de 1000 pages emprunté à la médiathèque, je lirai les autres romans et nouvelles dans les jours prochains.
publié en 1940 "The Bride Wore Black" sous son nom Cornell Woolrich 
et en 1946 pour la version française sous son pseudo William Irish



illustration : George Goodwin Kilburne