mardi 1 septembre 2026

Le Bal des foudroyés - Camille PASCAL

 
A la mort de Mazarin, l’échiquier politique autour du roi Louis XIV, qui jusqu'à présent ne pensait qu'à la jouissance et aux réjouissances, se réorganise lorsque Louis XIV découvre l'effondrement des finances de la France à cause de détournements colossaux par ceux-là même qui étaient chargés de leur intendance.
Déterminé à reprendre les rênes du pouvoir, Louis XIV élabore un piège, avec ses plus fidèles serviteurs dont Colbert devenu son principal ministre d'État à la mort de Mazarin, pour arrêter Nicolas Fouquet qui s'est rendu coupable d'avoir continué à détourner de l'argent alors que Louis XIV, qui lui avait pardonné les écarts précédents, lui avait demandé instamment de tenir les comptes sans duperie.
Depuis bientôt cinq mois, Fouquet lui mentait ainsi ouvertement malgré ses engagements, osant lui présenter des comptes et des bilans tronqués, pour ne pas dire truqués, alors que dès le lendemain de la mort du cardinal il avait exigé de lui que les registres des finances soient tenus à la perfection. Cet homme, plein de lui-même et convaincu de la virtuosité de ses jongleries de manieur d'argent, ne s'était pas contenter de lui mentir : il l'avait traité comme un enfant que l'on tient en lisières, afin de le conduire là où bon vous semble. Cela, il ne pourrait jamais le pardonner...(empl.1967-1968)
 

 

Rentrée littéraire 2026 (Date de parution : 27/08/2026) j'ai bénéficié de ce livre en "service presse" à ma demande par l'intermédiaire du site NETGALLEY.
 
J'ai eu un "coup de coeur" pour ce roman historique qui nous plonge dans l'année 1661 avec une première partie développant la mort de Mazarin et ses dernières manigances pour mettre à l'abri ses nièces, et une seconde partie avec ce que j’appellerai le "réveil du roi" et les découvertes et décisions que prend le jeune monarque de 23 ans bien décidé à reprendre en mains les affaires du royaume.
 
Le style est presque burlesque avec force description des atours et décors des personnages, Mazarin et ses bijoux, Louis XIV et ses aventures galantes, etc... On lit comme on assisterait à une pièce de théâtre façon Commedia dell'arte, avec Louis XIV en deus ex machina qui frappe de sa foudre ceux qui ont l'ont abusé.
 
A la fin du livre, la liste impressionnante des sources bibliographiques consultées par l'auteur pour développer avec précision l'intrigue historique démontre pourquoi l'on se sent tellement bien immergé en 1661 tout au long de la lecture avec, en prime, de l'humour tout au long du roman.
Brienne ne se le fit pas répéter, galopa plus vite qu'un rat de Paris du côté de l'hôtel de Ville et, lorsqu'il l'eut enfin trouvé, ramena le duc, plus mort que vif, en lui conseillant de ne pas s'approcher de trop près des augustes mains. (empl.1398) 
 
Louis XIV et Colbert (en bleu) par Henri Testelin

 
 
Cela, Colbert ne le savait que trop bien, et c'est la raison pour laquelle depuis plus de dix ans, il portait toujours le même habit noir à simple rabat et ses cheveux naturels, ne se faisait pas bâtir de château, affectait de regarder à la dépense tout en collectionnant secrètement les livres rares dont les prix sont un mystère pour les profanes et qui pèsent moins que des lingots d'or, se gardait bien de rouler carrosse et dissimulait avec soin une fortune déjà grosse de plusieurs millions. Qui aurait pu s'en prendre à un domestique connu pour sa frugalité, sa tempérance et son intégrité ? (empl.722)  


publié en 2026

 

Illustration : "L’Ordre rétabli dans les finances" par Charles Le Brun (1662)