Recueil de trois nouvelles qui mettent en scène l'enquêteur de l'agence Continental Detective Agency, un personnage de fiction créé en 1923.
Piège à filles
Le détective est à la recherche de deux sœurs disparues de façon étrange ; en relevant un indice à l'endroit où le corps de l'une d'elles est découvert, il va mettre à jour l'escroquerie d'un gourou manipulateur et organisateur d'orgies.
— Excusez-moi de vous déranger à un moment pareil, lui dis-je, quand j’eus finalement réussi à me frayer un chemin jusqu’à lui ; je ne vous demanderai que le strict nécessaire. Je suis un agent de l’Agence Continentale de Recherches ; je m’occupe de la disparition de Ruth et Myra Banbrock, qui date de plusieurs jours. Vous les connaissez, n’est-ce pas ?
Double crime
Lorsqu'elle rentre inopinément chez elle alors qu'elle était en route pour la France, l'héritière Lilian Chan découvre ses deux servantes Wang Ma et Wan Lan mortes, le vol ne semble pas être le mobile. Le détective va suivre plusieurs pistes avant de faire tomber un trafic de contrebande d'alcool.
Je la reconnus avant même que le vieux m’eût présenté. Depuis plusieurs jours, elle défrayait la presse de San Francisco. On avait publié ses photos, l’histoire de sa vie, des interviews, des éditoriaux et des thèses plus ou moins fantaisistes sur ses origines, provenant de sources plus ou moins autorisées. On découvrit que son père avait été un moment interdit de séjour aux États-Unis, et les journaux rappelèrent l’effervescence du quartier chinois lorsque enfin Chan Fung — c’était son nom — fut autorisé à débarquer. Des affiches injurieuses avaient fait leur apparition dans les rues. Une réception orageuse se préparait. Mais Chan Fung ne vint pas habiter le quartier chinois. Sa fille et son or — cet or qui provenait sans doute de profits mal acquis — furent emmenés dans le district de San Mateo, où il avait construit « un palais sur les rives du Pacifique », suivant la description des journalistes. C’est là qu’il vécut et qu’il mourut, avec toute la pompe d’un Ta Jen et d’un millionnaire.
Un petit coin tranquille
Le détective, sous la couverture d'un shériff fraîchement nommé, arrive à Tire-Bouchon, un trou paumé dans le désert d'Arizona, et démasque les activités d'une bande de malfrats.
Ça me plaît. J’ai des courbatures et le dos raide, mais tous ces gnons, je ne les ai pas récoltés en vain. Je me suis taillé ma petite place dans ce village du désert, et peut-être même m’y suis-je fait un ami ou deux.
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| publié en français en 1950 (presse de la cité) |
Ce n'est pas le premier livre que je lis de Dashiell Hammett (1894-1961) et, comme pour le Faucon de Malte, je reste sur ma faim car je ne suis pas du tout sensible à son style littéraire que je ne trouve pas exceptionnel ; je pense sincèrement qu'à son époque il devait passer pour un lanceur d'alerte en dénonçant des faits répréhensibles de la société américaine comme la prohibition, le gangstérisme, la corruption.
Ses histoires publiées dans des magasines et à suivre devaient faire naître le sentiment d’urgence chez le lecteur qui attendait le prochain numéro avec impatience, je peux le comprendre, mais la prose n'est pas exceptionnelle et la psychologie des personnages ne m'a pas du tout convaincue avec des situations rocambolesques manquant d’humour et un dénouement abracadabrantesque. Le détective anonyme est donc un "dur à cuire", il n'a peur de rien, et le lecteur est rassuré : le héros, même s'il se prend des coups, semble s'en remettre facilement pour courir vers ses autres aventures que je ne lirai pas de sitôt.
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| nouvelle "the Scorched face" publié en anglais en 1925 |
illustration d'entrée de billet : "le cauchemar" de Johann Heinrich Füssli


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