Rentrée littéraire 2026 parution le 27 août 2026
Poursuivant le récit de son histoire familiale, Sonia Devillers part à la recherche du piano de sa grand-mère qui a dû quitter la Roumanie de Ceaușescu en 1961 en 1961. Espérant trouver une trace dans le "Répertoire" des biens spoliés aux juifs par les nazis durant la seconde guerre mondiale, elle trouve le nom de Daniel Enoch, héritier de la célèbre dynastie d'éditeurs de musique d'origine juive. Daniel est mort en déportation ainsi que son épouse et l'un de leurs fils Robert, mais Jacques, l'autre fils survivant à cette famille, était alors à la recherche de leur fabuleux piano à queue : un "Érard" numéroté, volé par les nazis en 1943. Lorsque Sonia Devillers prend possession des petits carnets de Jacques Enoch où il notait son journal, elle prend le pari de retracer l'histoire des Enoch, leur industrie en tant qu'éditeur de musique mais pas seulement : en tant que témoins de leur époque politique, sociale et économique.Sans le savoir, Jacques Enoch consigne au jour le jour un monde qui chavire. Le krach boursier de 1929 agit comme une déflagration. La crise économique donne un coup d'arrêt brutal à l'opulence des Années folles, dont les éditeurs de musique, comme les facteurs de pianos, ont tant profité. Les ventes s'écroulent brusquement.

Le plus grand des instruments entremêle ces essences, telle une communauté d'êtres vivants enchevêtrés pour l'éternité. C'est probablement pour cela que les plus beaux pianos ne meurent jamais, songe Wilhelm Enoch. Lorsque les arbres auront disparu, au moins il nous restera les pianos...
Contexte de choix de lecture
Attirée par le titre, j'aime les roman d'art, j'ai choisi de lire en avant première ce roman ce n'est pas si souvent que je lis les livres de la "rentrée littéraire". Ce n'est d'ailleurs pas à proprement un roman mais plutôt un essai sur une biographie et même plusieurs avec le fil rouge la recherche d'un piano pour la famille Enoch et la famille de Sonia Devillers.
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| logo éditions musicales "Enoch & Cie" |
Si un piano n'avait pas été arraché à ma grand-mère roumaine, je ne l'aurais probablement pas su : un instrument peut dépeupler une vie.
Le piano ne représente pas seulement un objet luxueux, c'est avant tout un compagnon d'histoire : un objet évocateur d'un statut mais aussi d'une maîtrise.
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| piano Érard de 1907 |
Difficulté de lecture : oui ou non
Le livre n'est pas très difficile à lire mais il mélange de nombreuses histoires non linéairement ce qui peut gênée la fluidité du récit qui reste complexe avec l'entrelacement de l'enquête méthodique sur la famille Enoch et le récit familial de l'auteur.
L'adresse
Le cadre historique
8 000 pianos volés à leurs propriétaires et transportés dans des "Camps pour pianos" jusqu’aux confins du IIIe Reich. L'auteur cite Caroline Piketty :
L'ancienne directrice des Archives nationales, Caroline Piketty, a passé plusieurs années de sa carrière à manipuler ces missives et leur a consacré un petit livre : "Harmonies volées"
ainsi que d'autres journalistes et chercheurs qui ont traité diverses spoliations (mobiliers, tableaux etc...). Pour les tableaux et œuvres d'art je recommande "Rose Valland l'espionne à l’œuvre" de Jennifer Lesieur.
Quelques personnalités autres que les protagonistes citées dans le livre
- Yves Montand
- Jacques Prévert
- Joseph Kosma
- Maurice Ravel
- Serge Gainsbourg
- Léon Blum
- Darius Milhaud
- Louis-Ferdinand Céline,
- Marlène Dietrich
- Marcel Carné
- Jean Gabin
- Francis Salabert






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