mardi 25 août 2026

Les muses ne dorment pas - Zoé VALDÉS


Mars 2019. Zoé Valdés est invitée par la directrice de la collection « Ma nuit au musée »  à séjourner dans le musée Thyssen-Bornemisza à Madrid. En observant certains tableaux, Zoé leur trouve des résonances avec sa propre vie, la femme représentée dans le tableau de Bonnard est le portrait craché de sa fille. Puis la narratrice raconte le destin de deux muses : Maria qui a posé pour Balthus et Renée qui a posé pour Bonnard.

Misia Godebska par Bonnard

Curieusement, Attys Luna présente une certaine ressemblance avec Misia Godebska : sa beauté émane d'un fond discret et énigmatique conjugué à son avantageux abord. Toutes deux, Misia hier et Attys Luna maintenant, ramassent leurs cheveux en chignon de façon identique, subtile et exquise. (p.19)


Ceci est mon huitième livre de la collection "Ma nuit au musée" que j'ai débuté en mai 2023 avec Andrea Marcolongo et son magnifique "Déplacer la Lune de son orbite" qui nous transportait à Athènes sur les ruines du Parthénon.

Zoé Valdés nous emmène à Madrid mais de cette ville, et du musée Thyssen-Bornemisza où elle passe la nuit, nous ne saurons pas grand chose et c'est bien dommage ; c'est pourquoi j'ai mis une notation moyenne (2,5/5) car si les histoires racontées m'ont intéressées, elles auraient largement pu l'être dans un contexte différent de cette collection qui doit, il me semble, en dire un minimum sur le pourquoi du choix du musée et le musée en lui-même. L'auteur choisit le récit de deux muses dans les deux parties de ce livres : Renée Monchaty qui sert de modèle à Pierre Bonnard mais qui la laissera tomber, l'autre une certaine María (on comprend qu'il s'agit de Zoé elle-même) qui deviendra modèle pour Balthus et sa composition au corbeau. Mon intérêt à poursuivre le récit est exclusivement dû à la prose très poétique de l'auteur qui m'a beaucoup touchée. Toutefois, la fin m'a parue précipitée et peu crédible avec cette mise en abîme le rêve dans le rêve.

Bonnard, Le Repos (Renée Monchaty)
 

J'ai été un modèle, pas une muse. La muse de Bonnard fut Renée Monchaty. Ce personnage situé  au centre de la place Saint-Marc fut aussi une inspiration pour Canaletto. De Balthus, qui le sait ? Quand je parle de "muse", je veux dure une authentique inspiration, voix directe ou medium vers la création pure. (p.191)

Canaletto - La place Saint-Marc
 
 
Le temps s'écoule de la même manière pour tous les êtres humains, mais tout être humain flotte de façon différente manière dans le temps. (p.212) 

 

Publié en 2021, traduit de l’espagnol par Albert Bensoussan
218 pages

 Illustration d'entrée de billet : Balthus (composition au corbeau)

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