Jerry Burton, un aviateur blessé lors de la bataille d'Angleterre (1940) quitte Londres pour s'installer avec sa sœur Joanna à Lymstock, dans la campagne anglaise, le temps de sa convalescence qui doit durer plusieurs mois. A peine arrivés, des lettres anonymes sont distribuées un peu partout et les Burton en reçoivent également une, ce qui pique la curiosité de Jerry. Lorsque l'épouse du notaire Symmington se suicide après en avoir reçu une, Jerry s'intéresse de plus près aux mœurs des habitants et collabore avec Scotland Yard avec ses faibles moyens. Aucune piste sérieuse n'est trouvée et lorsque Agnes, la femme de chambre des Symmington est retrouvée morte dans un placard à balai, Miss Marple arrive à Lymstock et suggère une légère mise en scène pour faire tomber le coupable dans le piège tendu par la police.
Je trouve que le style d'Agatha Christie est intemporel, tout est si moderne dans la description des relations humaines, le seul détail qui pourrait suggérer la période du récit est un marqueur temps, ici les années 40, ou l'absence d'objets modernes.
L'introduction des personnages principaux que sont Jerry et, dans une moindre mesure sa sœur Joanna, et leur développement amoureux avec des personnes de Lymstock, me laisse penser que l'auteur s'est particulièrement délecté à écrire ce livre, qui décrit si bien les différentes personnalités d'un petit village où tout se sait, se devine, se raconte, et qu'elle considérait comme son meilleur roman (source : site officiel).
– Vous allez vous rétablir complètement. Nous n’en étions pas sûrs quand vous avez subi l’examen de contrôle mardi dernier, mais maintenant c’est officiel. Seulement ça ne sera pas une mince affaire. Ce sera long. Long et fastidieux. Quand le système nerveux et les muscles sont en jeu, il faut que le moral soutienne le physique. La moindre impatience, la moindre contrariété vous feront régresser. Alors, quoi que vous fassiez, « n’essayez pas d’aller plus vite que la musique ». La plus petite imprudence, et vous vous retrouverez en clinique. Il faut que vous preniez la vie au ralenti, comme elle vient, tempo legato. Non seulement votre corps a besoin de récupérer, mais vous avez été maintenu longtemps sous médicaments et vos nerfs sont affaiblis. » C’est pourquoi je vous dis : partez pour la campagne, louez une maison, intéressez-vous à la politique locale, aux scandales, aux potins du village, passionnez-vous pour la vie de vos voisins. Et, si je peux me permettre une suggestion, choisissez un trou perdu où vous ne connaissez rigoureusement personne.
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| publié en 1942 "The Moving Finger" |
illustration 1 : Perkins Harnly, illustration 2 : Georg Achen



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