Le narrateur revient sur son enfance et les relations qu'il a développé au contact de la nature. Solitaire, il finit par trouver de la joie dans la forêt, et se persuade que la nature le protège et le défend, réellement ou dans son imaginaire, de ceux qui lui veulent du mal. Son amitié amoureuse avec son amie Noémie finit par être surpassée par l'attrait morbide qu'il développe avec ce qu'il a découvert tapi au fond d'un boyau dans lequel il se glisse et se réfugie : un mystérieux corps d'enfant, peut-être la camarade de jeu de son grand-père Jean, disparue en 1940 pendant l'évacuation lors d'un raid aérien durant la 2è guerre mondiale et jamais retrouvée.
Grand-Père Jean était plongé dans une sorte de rêverie éveillée, mais il continua à parler. "Ton histoire est étrange, dit-il, parce que j'ai eu moi aussi une voisine qui a été quelque temps, trop peu de temps, ma meilleure amie. - Ah bon ? dis-je. Vous aviez quel âge ?" Grand-Père Jean fit la moue indécise. Il avait une myriade de petits cratères rouges sur le nez et sous les yeux. La peau de ses mains était fine. Je voyais bouger ses tendons au travers. "Je pense que nous avions ton âge à peu près, répondit-il enfin. (empl.533)
Rentrée littéraire 2026
Attirée par la couverture énigmatique et le résumé de l'éditeur j'ai demandé à lire ce roman en avant-première grâce qu service de presse de Netgalley, vraiment une chance pour les gros lecteurs comme moi et pour combler mon désir de partager mes impressions de lecture.
Toutefois, si je reconnais à l'auteur un style hors du commun et une écriture très poétique, ce roman ne m'a pas plu et c'est d'autant plus étrange que je me suis souvent retrouvée dans certains passages où l'enfant se réconforte dans la nature comme j'ai pu le faire dans ma propre enfance.
Il y a un manque d'unité de rythme et l'on oscille sans cesse entre le passé et le présent, les hallucinations du narrateur qui se croit transporté en 1940, mais ce que j'ai trouvé le plus incongru et décevant, c'est les petites "leçons" d'écologie, d'idéologie, qui étaient insérées de manière forcée et artificielle dans le récit (la guerre c'est pas bien, les hommes sont méchants avec la nature, etc.).
J'ai bien aimé le choix de l'auteur qui développe l'idée où les êtres vivants sont reliés les uns aux autres, y compris à travers le temps, également la transmission générationnelle avec le petit-fils qui désire accomplir la quête inachevée de son grand-père, mais j'ai regretté un rythme trop lent et décousu.
Tu sais, Grand-Père, dis-je; tu ne la retrouveras jamais. Tu devrais rentrer chez toi et te reposer." Au-dessus du bois des Caves, une escadrille d'avions de guerre passa dans un bruit de foin du monde. Grand-Père Jean leva le regard. Il faisait presque nuit maintenant. Il ne vit planer, au-dessus de nos têtes et des cimes, que des ombres cruciformes. "Ils vont vers Auxerre, dit-il. Ici, on ne craint rien. Certains prétendent que les fameuses caves du bois sont des trous d'obus rebouchés par le temps et les alluvions, mais aucun obus n'est jamais tombé par ici. Ces bois étaient trop petits pour cacher des camps de résistants, et quel intérêt de bombarder des bois vides ? Non. Je suis sûr que ces caves ont toujours été là, depuis l'origine du monde. Elles sont des pièges et des refuges. Elles capturent. Elles avalent. Comment voudrais-tu que je cesse de chercher ? On n'arrête jamais de chercher. Dès lors qu'on a perdu quelque choses, on n'arrête jamais." (empl.3002)
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| publication le 3 septembre 2026 |
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