samedi 31 octobre 2015

L'ARABE DU FUTUR (tome 1 et 2) - Riad SATTOUF

d'actualité !


1980. Riad a 2 ans lorsqu'il part en Libye où son père a trouvé un poste d'enseignant. A partir de ce moment, Riad va découvrir la vie dans un pays totalitaire car après la Libye de Kadhafi ce sera la Syrie d’Hafez al-Assad, séjours entrecoupés de vacances en France où il retrouve "tout ce qu'il faut pour être heureux".  

L'arabe du futur c'est celui qui, par l'instruction et l'éducation, s'affranchira du joug qui lui est imposé par la religion ou un socialisme moyenâgeux qui maintient le contrôle du peuple par la terreur (exécution, pendaison, meurtre en famille, etc...).

J'ai découvert ce roman graphique autobiographique grâce à une émission de télévision qui témoignait de la sortie du deuxième tome et le lendemain j'ai couru à ma libraire pour commander le tome 1 et 2.

Père syrien (émancipé mais tout de même conservateur limite misogyne) et mère bretonne avec du caractère mais parfois un peu trop dépassée par les événements (jamais je n'aurais supporté aussi longtemps ce qu'elle a enduré !) Riad Sattouf découvre un monde parfois absurde et abrupt dans lequel il essaye de s'adapter en comptant sur l'aide de son père ou de sa mère qui le conseillent ou le défendent.

J'ai mis du temps avant de me pouvoir me consacrer à ces livres (j'ai ces bouquins depuis le mois de juin) mais je ne les ai pas lus avant cette semaine, prise sur d'autres sujets. Et bien je les ai dévoré l'un après l'autre en quelques heures. Le récit est passionnant, instructif et tout à fait d'actualité. Il est également rempli d'humour : j'ai ri comme je ne l'avais pas fait depuis longtemps pour une lecture.


La seule bonne nouvelle en arrivant à la fin du deuxième tome c'est de lire "à suivre" puisque le troisième tome est prévu. J'ai hâte !


"L'arabe du futur"
de Riad SATTOUF

récit en 3 parties.

TOME 1 sorti en 2014
TOME 2 sorti en 2015

édition ALLARY

160 pages

illustrations : Riad SATTOUF



vendredi 23 octobre 2015

RICHIE-Raphaëlle BACQUE

ICARE, DU CIEL A HADES

Né en juin 1958, issue d'une famille de médecins (père et mère), Richard Descoings n'a rien d'un leader né et poursuit une scolarité sans se faire remarquer mais assez brillante pour qu'il atterrisse au conseil d'Etat à la fin de sa formation à l'ENA. De fil en aiguille, il devient directeur du prestigieux mais néanmoins moribond Institut d'Etudes politiques de Paris (IEP ou "sciences po") dont il va organiser la réforme dès 1996 afin de hisser l'école sur un rang international, n'hésitant pas à démarcher les écoles et universités étrangères de même nature afin de créer des liens d'échanges d'élèves et de professeurs. Toutes ses réformes et prétentions ont un coût et il faut bien se mettre les politiques dans la poche, qu'ils soient de droite ou de gauche. Pour cela, rien ne vaut un carnet d'adresses bien rempli et des alliances de tout bord. Et Richard Descoings excelle en la matière, n’hésitant pas à mettre à contribution ses amis intimes, collaborateurs épuisés ou épouse adoratrice, tous conscients du génie mais aussi de la fragilité de cet homme toujours en quête de reconnaissance, ayant assumé très tôt son homosexualité aux yeux du grand public, ou ne cachant rien de sa vie intime dans les réseaux sociaux. Parti à New York pour quelques conférences en avril 2012, il meurt dans sa chambre d'hôtel, officiellement victime d'une crise cardiaque. Il avait 53 ans.



Une amie m'a prêté ce livre pour la semaine de vacances et j'ai donc abandonné mes lectures du moment pour me consacrer à la découverte de cette sorte de biographie posthume d'un illustre inconnu pour ma part, ayant certainement entendu son nom aux informations mais sans plus.

J'ai plongé dans ce bouquin qui "se lit vite" m'avait avertie mon amie, et je confirme : il m'a fallu quelques heures lors d'un voyage sur Nantes pour l'achever aux côtés de mon mari qui conduisait et qui m'entendait rire à côté de lui. Bien sûr, certains passages ne sont pas risibles et même dramatiques, mais le style est agréable et vivant, on ressent de l'empathie, mêlée toutefois d'un sentiment de gâchis.

A Matignon, Lionel Jospin se méfie un peu de ce directeur qui paraît accomplir à marche forcée des réformes que son gouvernement a suspendues, faute d'adhésion de son électorat traditionnel. Mais au sein de son cabinet et de son gouvernement, la plupart des conseillers adhérent pleinement aux transformations de l'école qui est souvent, celle de leurs enfants. (p.121)
Car comment un homme qui promettait de belles réformes en est arrivé au point de ne plus supporter la critique, de s'octroyer des salaires et primes de prince (avec les deniers de la république) ? Car oui, je trouve assez insupportable que les "élites", ou celles et ceux qui estiment en être, passent au dessus des autres pour parvenir à leur fin. A lire si l'on s'intéresse aux faces cachées des individus et aux personnalités énigmatiques, et si l'on aime aussi l'abstraction car tous les passages qui évoquent les réformes etc...tout cela reste un peu flou, à part peut-être les passages relatifs aux démarches pour les relations d'équivalence internationales entre les écoles.

Mais ce portrait dresse au fond un tableau assez sombre de la société française, de ceux qui nous gouvernent (ou tentent de le faire) comme si nous étions des petits bateaux ivres à la dérive des clapotements furieux des marées.




"Richie"
de Raphaëlle Bacqué
année sortie 2015
édition GRASSET
275 pages
illustration d'entrée de billet par Henry-Scott TUKE "The bathing cove"


dimanche 16 août 2015

NAGEUR DE RIVIERE - JIM HARRISON


1-Au pays du sans-pareil
Clive, la soixantaine solitaire mais encore vigoureuse, quitte la ville pour s'installer un mois dans le Nord Michigan chez sa mère dont l'activité principale est l'observation des oiseaux, pendant que Margaret sa grande soeur visite l'Europe et la France. Il retrouve Laurette, son ancienne amoureuse, sa voisine, qui le chahutait continuellement et qui semble s'être mise en couple avec une femme après un mariage raté et sans enfants. De son côté : pas mieux : divorcé de Tessa, une femme qui a versé dans le spirituel à l'excès, il s'est aussi fâché avec sa fille Sabrina qu'il n'a pas revue depuis 2 ans. Ces quelques jours vont lui ouvrir un nouvel horizon en lui offrant de nouvelles envies de peindre, activité qu'il a mis en veilleuse depuis des années.
2-Nageur de rivière
Depuis toujours Thad, 18 ans, est accro à la nage, n'importe où, n'importe quand. Sa voisine Laurie lui plait beaucoup mais ce n'est pas du goût du beau-père de la jeune fille, un pervers odieux et violent qui lui tombe dessus et l'amoche salement. Ayant promis de disparaître après son passage à tabac, Thad croise Emily, une riche fille à papa de 19 ans qui tombe follement amoureuse de lui.
Voilà Thad en plein dilemme : que faire comme études alors que sa vie est dans l'eau et pour l'eau ? Comment reprendre son destin en main alors que son entourage semble vouloir décider pour lui ce qui est mieux...


Voilà le dernier Harrison (20ème oeuvre hors recueils de poésies) que j'ai acheté à sa sortie mais que je n'ai lu que cet été.

découvrir ici, le site que je consacre à l'auteur

Deux beaux récits, cependant j'ai largement préféré le premier avec Clive, le peintre "maudit" en passe de (se) redécouvrir une nouvelle jeunesse, sans doute parce que je m'identifie plus facilement à cet homme désenchanté qui reprend du poil de la bête, alors que l'histoire de Thad et ses nages excessives dans les rivières ne m'a pas vraiment touchée (je n'aime pas tellement nager...). Je n'ai pas vraiment été convaincue par le côté "mystérieux/mystique" avec les bébés-poissons.
Ceci étant dit, un très bon moment de lecture avec un style dont je ne me lasse pas et que je lis avec une vénération proche de l'adoration... et où l'on retrouve non seulement le côté lumineux de l'auteur : son amour pour la bonne chaire, les femmes, la nature, les animaux, mais où l'on découvre aussi son côté sombre : les corps meurtris (amputations, etc.).
Au dîner, Clive parut presque ensorcelé, car le souvenir d'un autre dîner remontant à quarante ans envahit la table. C'était au printemps de sa deuxième année d'études universitaires, Margaret avait quatorze ans. Leur père s'était noyé deux mois plus tôt, début mars. L'année précédente, en octobre, son père avait perdu la main droite à cause d'une ramasseuse de maïs défectueuse, et il détestait sa prothèse. Il avait passé le plus clair de l'hiver à pêcher tout seul à travers la glace d'un lac voisin ; le soir de sa mort, il avait rejoint sa cabane au volant de son pick-up, mais la glace avait été fragilisée par un dégel de la fin février. (p.45)


titre original : THE RIVER SWIMMER
année sortie 2013
édition française en 2014
246 pages
traduction de l'anglais (Etat-unis) par Brice MATTHIEUSSENT
illustration d'entrée de billet : pont couvert (base de données perso)

samedi 15 août 2015

MEURTRE A CANTON - ROBERT VAN GULIK

Chine, année 680. Le juge Ti séjourne officiellement à Canton pour prendre connaissance des voies commerciales particulières de cette ville portuaire. Officieusement, il enquête aidé de ses deux fidèles lieutenants sur la disparition du censeur Liou, réputé incorruptible qui a été vu récemment dans la ville alors qu'il ne devait pas y revenir après y avoir réalisé son contrôle. Le censeur a t-il découvert  une irrégularité ? a-t-il voulu revenir de façon anonyme et est-il tombé dans un piège ? c'est ce que le juge Ti veut découvrir mais il lui faut déjouer les diverses tentatives de meurtre qui ne manquent pas de se produire dans son cercle de proches.

Ce roman est la 13ème aventure du juge Ti, personnage récurrent de l'œuvre de l'auteur dont la Chine est la spécialité. Il s'agit d'une relecture pour ma part, ma première date de 1998 et j'en avais gardé un excellent souvenir. Cette fois, déception, je n'ai pas été convaincue par les intrigues emmêlées entre passion amoureuse, empoisonnement, revanche etc... malgré les louanges que je peux lire un peu partout sur ce roman je trouve que les personnages ne sont pas attachants. J'avais l'impression de voir des marionnettes agitées sans parvenir à leur mettre un visage et une personnalité.

Les chapitres sont bien menés et courts, il y a en fait 3 intrigues liées les unes aux autres : la disparition du censeur fait mener l'enquête parmi la communauté arabe, les deux assistants du juge tombent dans un piège et manquent de peu de se faire assassiner. Beaucoup de morts (les malfrats ne sont pas doués : ils se trompent de cibles !) et un final grand-guignolesque.
J'ai cependant apprécié toute la partie sur la société, les coutumes, les trafics à cette époque.
En résumé, une relecture ratée pour moi qui me réjouissait de partir en Chine à une époque ancienne.

Un extrait page 64 :
Ce fut ensuite au tour de Yao de prendre la parole. Assez intimidé au début, il s'enhardit en décrivant son travail, et le juge reconnut en lui un homme d'affaires très entendu. Lorsqu'il eut finit de dresser la liste des produits importés par les divers marchants arabes, le juge lui demanda :
-Mais comment faites-vous pour reconnaître ces gens-là ? Pour moi ils se ressemblent tous ! Ce doit être pénible d'avoir des contacts quotidiens avec ces barbares sans culture.
Monsieur Yao haussa ses confortables épaules.
-Dans les affaires, il faut savoir s'accommoder de bien des choses, Seigneur Juge ! Et un certain nombre de ces étrangers ont beaucoup appris chez nous.

titre original : MURDER IN CANTON
année sortie 1966
traduit de l'anglais par Roger GUERRET
300 pages
illustration d'entrée de billet : View of the European factories par William Daniell

dimanche 19 juillet 2015

Encres de Chine - Xiaolong QIU


Shanghai. Une ancienne garde-rouge devenue par la suite dissidente, compagne d'un célèbre écrivain, écrivain elle-même auteur d'un roman devenu "culte", est retrouvée assassinée dans le réduit qu'elle occupait, à l'entresol d'un Shikumen où s'entassent une quinzaine de familles. L'affaire est confiée à la Brigade spéciale de la police de Shanghai dirigée par l'inspecteur Chen, lui-même en congés, car il est primordial que cette mort ne soit pas associée à un acte "politique". Tandis que Chen s’attelle à la traduction d'un rapport relatif à la construction d'un consortium touristique qui mêlera architecture traditionnelle et modernité du pouvoir d'achat, l'inspecteur Yu mène l'enquête, fortement aidé par sa dévouée épouse, férue de littérature, sur les traces de cette mystérieuse femme dévouée à son amour perdu qui croise la trajectoire de son unique héritier.



Après MORT D'UNE HÉROÏNE ROUGE nous replongeons dans la Chine des années 90, se relevant péniblement des années post "révolution culturelle". Les intellectuels qui ne sont pas morts en camps de rééducation se dévouent à la mémoire des disparus. Ainsi l'ancienne garde-rouge tombée amoureuse de Yang, un écrivain de 20 ans son aîné se dévoue corps et âme à la mémoire de celui-ci.
Yu tenta de se rappeler la façon dont Chen s'était frayé un chemin dans la jungle de la politique du Service. D'ailleurs il en voulait un peu à Chen, aussi. Hier soir, il était certain d'avoir entendu des chuchotements et de la musique, en fond sonore de leur conversation téléphonique. Ce que faisait Chen ne regardait que lui. L'inspecteur principal pouvait se permettre de prendre du bon temps, avec son statut, son "projet lucratif", sa carrière prometteuse, et sa "petite secrétaire". Pourtant cette idée mettait Yu mal à l'aise. Il était surpris des suggestions de Chen et se demandait comment, au beau milieu d'un travail de traduction urgent, il s'était débrouillé pour échafauder ces théories. Ce n'étaient malgré tout que des hypothèses, que rien de concret ne venait étayer. Lui-même avait effectué de timides incursions dans ces directions, sans résultat. (p.217)
Qiu Xiaolong décrit les contradictions de la Chine de cette période au travers du quotidien de Chen Cao, inspecteur célibataire mais bénéficiant d'un appartement avec salle de bain pour lui seul alors que la famille de son adjoint s'entasse dans un 20 m2 sans sanitaire. Le travail de traduction auquel il  s'adonne le fait entrer dans un monde de privilège : "petite secrétaire" dévouée qu'il aurait pu prendre pour maîtresse s'il n'avait été moins scrupuleux.

Je suis toujours enthousiaste de ce genre de policier, même si je regrette que la personnalité de l'inspecteur Chen, héros principal de cette série, soit trop superficielle : il a 35 ans, se rend compte qu'il lui faudrait s'établir et avoir une descendance, mais plus question d'amoureuse (ni la fille du ministre, ni la journaliste) : on a envie d'un peu de romance !


titre original : When red is black
année sortie 2004
édition française en 2004
chez Liana Levi
310 pages
traduction de l'anglais (Etats-Unis) par Claire MULKAI
illustration d'entrée de billet : © Christopher Lee


Pour ma lecture suivante, et parce que je poursuis mon été chinois je vais me plonger dans une Chine très traditionnelle : Meurtre à Canton de Robert van Gulik


samedi 11 juillet 2015

Mort d'une héroïne rouge - Xiaolong QIU


Chine, années 90. Dans une banlieue proche de Shanghai, le corps de Guan Hongying, très connue pour avoir été la travailleuse modèle de la Nation est retrouvée dans un sac plongé dans un canal peu fréquenté. L'enquête est confiée à la brigade des affaires spéciales, sous la direction de l'inspecteur Chen Cao, un jeune membre du parti également poète et traducteur à ses heures de loisirs. Sa ténacité, l'appui et les conseils avisés de ses proches, permettra à Chen et son adjoint Yu de découvrir le coupable malgré des influences placées au pouvoir.




Mon deuxième Qiu (mais pas le dernier car je suis déjà au milieu du 3ème roman). Je suis dans un état quasi euphorique, voilà vraiment la sorte de livre que j'ai plaisir à retrouver chaque jour, vous savez, c'est comme un rendez-vous secret qui donne l'eau à la bouche : une conversation amoureuse que l'on voudrait ne jamais achever.
Seule une chiffonnière des temps
Passe en jetant les débris
De chaque minute dans son panier. (p.272)
Du même auteur j'avais précédemment lu "Dragon bleu, tigre blanc" déjà fort apprécié.


Durant mon "été chinois", je découvre la Chine sur écran (voir toutes mes séries et films sur mon blog) et j'apprécie encore mieux mes lectures, je suis plus familière aux noms des personnages, à leurs conditions de vie, assez inimaginables alors que nous étions en 90. L'auteur décrit sa propre expérience, romancée, dans la langue d'adoption : l'anglais. Ceci est remarquable car le style est assez recherché, ici rien n'est superficiel, je n'ai pas été obligée de lire des passages inutiles pour "remplir" la copie. Passionnant... Un très bon moment de lecture qui dépayse en nous faisant sentir privilégiés.
Ils furent quand même choqués à l'idée que dans de telles maisons ne vivaient qu'une seule famille, alors que dans leur quartier une maison bien plus petite pouvait être divisée pour en loger une douzaine. Le décor leur apparut comme le théâtre d'un conte de fée cruel. (p.247)


titre original : Death of a Red Heroine
année sortie 2000
édition française : Liana Levi en 2001
496 pages
traduction de l'anglais par Fanchita Gonzalez Battle
illustration d'entrée de billet : © Rozi Demant

Dans le café de la jeunesse perdue - Patrick MODIANO


Louki (Jacqueline) a disparu du domicile conjugal, son mari engage un détective privé pour la retrouver. Sur les traces de la jeune femme, son passé se dévoile peu à peu : enfance solitaire, refuge dans un mariage sans passion, découverte d'une échappatoire dans la drogue jusqu'à l'instant fatal.


Mon deuxième Modiano. L'écriture est belle, mais il m'a manqué quelque chose de neuf, de renouvelé. Ici j'ai l'impression d'être retombée dans le récit de Dora Bruder : même ambiance, même désolation des personnages.
Originalité : le roman est constitué du récit des personnages eux-mêmes, comme un fil conducteur déroulé de l'un à l'autre. Un très beau rendu. Dommage que l'histoire elle-même ma,que de passion. reste Paris, ses défauts et son magnétisme, ses lieux marqués dans les mémoires comme autant de petites aiguilles dans la course d'orientation de nos propres souvenirs de Paris rive droite.


année sortie 2007
Gallimard
154 pages
illustration d'entrée de billet : "Dans un café ou l'absinthe" par Degas (1875)