Il s'agit d'une biographie croisée de l'amitié durable et fraternelle entre Claude Monet et Georges Clemenceau. Les deux hommes se croisent à Paris dans le quartier latin dans les années 1860 lorsqu'ils ont 20 ans (les deux hommes n'avaient qu'un an d'écart), se perdent de vue, et se retrouvent plus tard au début du XXè siècle. Bien que distant des affaires politiques, Monet appréciait Clémenceau qui lui rendait l'admiration pour son travail artistique quasi viscéral.

Biographie croisée de deux illustres : un recueil très intéressant qui
témoignent d'un travail de recherche instructif : je ne regarderai plus
les Nymphéas comme avant après cette lecture.
Bien sûr, cela ne remplace pas les biographies de chacun mais la mise en
perspective des évènements dans la frise temporelle politique est un
marqueur utile et indispensable.
Le caractère de Monet y montré assez épouvantable , Clémenceau fait
figure d'un bon ami persévérant et stoïque.
J'ai relevé de très beaux passages (voir la section des citations".
Petit bémol : l'auteur commence par la fin de l’aventure des Nymphéas au
musée de l'Orangerie, c'est étonnant, peut-être pour accrocher le
lecteur ?
Sans la persévérance de Clemenceau les nymphéas ne seraient sans doute
pas là où ils sont : Monet qui devenait aveugle (cataracte) menaçait
alors d'abandonner son projet des Nymphéas.
"Sur votre demande un contrat est intervenu entre vous et la France où l'État a tenu ses engagements. Vous avez demandé l'ajournement des vôtres et;, avec mon intervention, vous l'avez obtenu. Moi j'ai été de bonne foi, et je ne voudrais pas que vous me fissiez passer pour un complaisant qui a desservi l'art de la France pour se plier aux lubies de son ami. Non seulement vous avez mis l'État dans l'obligation de faire d'importantes dépenses, mais vous les avez provoquées et même sanctionnées de votre approbation sur place. Il faut donc aboutir artistiquement et honorablement car il n'y a pas de si dans les engagements que vous avez pris".
Au delà du récit d'amitié qui unit les deux hommes, on découvre des pans de l'histoire politique (effondrement de l'empire, Commune de Paris, affaire Dreyfus, implication de Clémenceau dans ses articles de presse, 1ère guerre mondiale, etc.) et artistique (difficulté de faire admettre son envie d'être peintre professionnel, précarité, début du mouvement des impressionnistes, etc.).
Monet est en première ligne. Il concentre les critiques. Il y présente cinq toiles. Les quatre premières portent des titres : Déjeuner, Boulevard des Capucines, Coquelicot, Bateaux sortant du Havre. Mais il manque un titre à la dernière toile. À Edmond Renoir, le frère cadet d'Auguste, qui s'occupe de l'établissement du catalogue, Monet déclare : "Ça ne pouvait vraiment pas passer pour une vue du Havre, je répondis : "Mettez impression."
Et l'impressionnisme de naître avec ce titre : Impression, soleil levant ; aidé par un critique qui pensait de ce bon mot éreinter l'exposition. Cette exposition de 1874 fut le point de départ d'une des plus belles et des plus grandes aventures esthétiques que le monde ait connues. L’impressionnisme, c'est non seulement le génie d'une poignée d'artistes persévérants et travailleurs insatiables, mais surtout l'histoire d'une quête collective d'une esthétique picturale sans précédent. (p.107)
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| les 5 tableaux de l'expo de 1874 (clic pour agrandir) |
La lecture est assez aisée bien qu’émaillée de nombreux chiffres renvoyant à la fin de livre pour identifier la source des extraits cités.
Passionnant.
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| publié en 2010 |
Livre acheté lors de ma visite du musée Clémenceau à Saint-Vincent-sur-Jard (mars 2026)
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| clic sur l'image pour agrandir |
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