mardi 11 mars 2025

Bonbons et sucreries - Serge ANDRÉ


Résumé officiel

Il n'y a jamais prescription pour la vengeance. Lorsque Maxime et Marianne se rencontrent, l'attirance est immédiate. Lui est responsable de médiathèque, elle vient d'ouvrir sa boutique de bonbons. Ils se revoient et c'est le début d'une relation digne d'une histoire à l'eau de rose. Mais est-ce vraiment le hasard ou bien un signe du destin ? Marianne révèle à Maxime sa plus grande douleur : la mort de sa fille, fauchée 16 ans plus tôt par un chauffard qui a pris la fuite. Maxime est troublé et Marianne est terrifiée par la révélation qui se dessine. Est-ce le hasard, vraiment ? Ou bien les réponses qu'elle cherchait depuis tant de temps ? Puisque la justice est impuissante après tant d'années, une possible vengeance s'esquisse alors. Quand le passé refait surface, jusqu'où iriez-vous pour obtenir réparation ?


Mon avis

Lecture "PRO" dans le cadre du partenariat LIBRINOVA.

Je n'ai pas du tout aimé cette histoire et je lui reproche le fond et la forme.

Pour le fond :  les personnages sont trop nombreux ce qui ajoute de la confusion dans la mesure où le récit passe du coq à l'âne d'un chapitre à l'autre ce qui m'a été désagréable à lire sur presque 500 pages. L'histoire de vengeance est mal menée : trop de circonstances qui arrivent "de nulle part" ; de surcroit, les personnages principaux sont plutôt ridicules, je ne suis pas parvenue à éprouver un peu de sympathie pour eux, ce qui me désole car on suit leur histoire sur presque 500 pages !


Pour la forme : il y a de nombreux problèmes de temps dans les phrases avec passé et futur dans la même. Cette grammaire plutôt aléatoire donne un style que j'ai trouvé assez lourd, c'est assez difficile à expliquer, mais j'ai noté quelques extraits pour exemple.

1/ "Alors au bout de huit mois, il occupera donc un autre poste, de simple bibliothécaire. Il a dit non, un peu la mort dans l'âme, mais non quand même."



2/ Quand la majorité des auteurs de son époque vivait de leur art grâce à de riches mécènes, lui vivra des fruits de ses terres. (Il parle de Montesquieu)


3/ Laura naîtra en 1989, le 21 mars à 12 h. La mère et la fille fêteront donc leurs anniversaires le même jour. le couple s'est installé à Bordeaux, c'est là qu'habitait Stéphane, elle a quitté Libourne sans aucun regret.


Pour résumer

Ce fut une lecture très décevante et pourtant l'histoire d'un homme qui se retrouve accusé de plusieurs meurtres alors qu'il est innocent pouvait avoir du potentiel dramatique mais le parti pris de l'auteur de noyer le lecteur dans des détails inutiles a fait retomber tout intérêt pour son sort.

La fin m'a laissée perplexe avec le coup du QR code :

Une dernière chose, avec chaque livre que vous allez acheter, nous vous donnerons un petit sachet de bonbons. Dégustez-les pendant votre lecture et quand vous aurez terminé, dites-nous quels bonbons vous ont semblé être en harmonie avec le roman. Pour cela, il y a un QR code sur chaque sachet, qui vous emmènera sur le site web où vous pourrez donner vos réponses et enfin, prenez du plaisir ».

Pour ma part, si je devais choisir un bonbon pour décrire ma lecture, je choisirai de la barbe à papa : je déteste cela car on a l'impression d'avoir beaucoup à "manger" et au final, ça fond sous la langue comme neige au soleil.

dimanche 9 mars 2025

The Mistress of Bhatia House - Sujata MASSEY



Bombay, 1922. Une réception est donnée chez Sir Dwarkanath Bhatia, un riche veuf directeur d'une compagnie de construction, afin de collecter des dons pour la construction d'un hôpital dédié à la femme et l'enfant qui subissent un fort taux de mortalité, due aux soins inadaptés ou inexistants, aux multiples grossesses des mères parfois à peine sorties de l'enfance, au manque de personnels soignants spécialisés.

Le projet de cet hôpital est porté par la Dr Miriam Penkar, spécialisée en obstétrique et future directrice de l'établissement, dont le combat d'avant garde concerne la grossesse maitrisée et il est soutenu par la belle-fille de  Sir Dwarkanath Bhatia qui a convié ses amies et dames de la société indienne ainsi que quelques anglaises de bonnes famille. Perveen s'y rend à la place de Gulnaz, sa belle-sœur qui vient d'accoucher afin d'apporter sa contribution. Lors de cette garden-party, l'enfant héritier des Bhatia prend feu et est sauvé par Sunanda sa nounou, une jeune femme de 20 ans, les deux sont grièvement brûlés.

Bientôt, les drames s'enchainent : la nounou est accusée d'avortement et enfermée, Sir Dwarkanath Bhatia, principal donateur pour le futur hôpital et en particulier pour donner le terrain, meurt assez soudainement victime d'un empoisonnement au plomb peu de temps après s'être rétracté du projet, la cabane de jardin où résident les employés de la maison des Mistry est incendiée et enfin c'est au tour du jeune hériter à peine remis de ses brûlures d'être victime d'un empoisonnement.




Une édition en français sort en septembre 2025




Pour se 4è tome, l'auteur n'a pas ménagé sa peine et de nombreux thèmes puissants sont ici abordés : fausse déclaration, viol, dépression, falsification du cadastre pour n'en citer que quelques uns.

Tout en regrettant de ne pouvoir exercer en tant qu'avocate puisque interdite de se présenter au concours car elle est une femme, Perveen doit subir de nombreux affronts et moqueries comme ce moment où elle est expulsée d'un tribunal.

Sans oublier de satisfaire ses propres besoins d'amour en recherchant la compagnie de Colin Sandringham, son amoureux interdit par les conventions sociales, Perveen n'est pas une femme à se laisser abattre et elle va cette fois œuvrer sur de nombreux tableaux :
  • prendre la défense de Sunanda et rechercher l'auteur de la lettre de dénonciation, 
  • héberger Sunanda chez elle après que la jeune nounou ait été mise à la porte de la maison de son frère afin de lui permettre de soigner ses brûlures infectées,
  • rechercher l'auteur du viol subi par Sunanda qui en garde de vagues souvenirs (elle a été frappée),
  • “He hit the back of my head. I thought he would kill me.” / Il m'a frappé à l'arrière de la tête ; j'ai vraiment pensé qu'il allait me tuer(p.316)
  • s'investir dans le combat sur la maîtrise de la natalité du Dr Miriam Penkar qui a sollicité son aide notamment pour instruire le cadre légal du futur hôpital,
  • You must join the core committee and handle the legal contracts for "us.”(p 15). / Vous devriez nous rejoindre au conseil d'administration et vous occuper de la partie juridique.  
  • enquêter sur le moyen mis en oeuvre pour empoisonner le doyen puis celui du petit garçon,
  • prendre en charge sa nièce après le départ de Gulnaz victime de dépression post-partum qui est retournée chez ses parents.

Mon idée de la garden-party à la maison Bhatia


Le raja Raj Singh de Chamba et sa rani
dans les jardins de Rajnagar

L'intrigue

L'auteur poursuit la description de la société indienne du début du XXè siècle
  1. dans le premier tome "Les veuves de Malabar Hill", Perveen résout l'héritage de trois veuves qui ont failli se faire dépouiller par l'enfant illégitime du défunt,
  2. dans le deuxième tome, "La malédiction de Satapur", Perveen enquête pour le compte du gouvernement ce qui est le mieux pour l'éducation de l'hériter d'une principauté (et fait la connaissance de Colin),
  3. dans le troisième tome "Le prince de Bombay", Perveen résout le meurtre d'une jeune étudiante,
  4. dans ce quatrième tome, l'auteur dépeint davantage l'aspect social avec la division des classes, la ségrégation raciale (les indiens ne sont pas autorisés à entrer dans certains clubs, la parentalité, le traitement des employés de maison, l'exploitation des plus faibles, la corruption de la police, l'enlèvement contre rançon. Un effet papillon des plus dramatiques va entraîner la désolation : 
    • (1) le Nawab de Varampur possède un terrain qu'il est prêt à céder pour l'hôpital - les Bhatia assurant les matières premières - mais il est volage, psychopathe et très porté sur les jeunes femmes (y compris non consentantes) et exerce son "droit de cuissage" à son bon plaisir,
    • (2) deux associés peu scrupuleux tentent de tirer avantage de la situation en sacrifiant la victime censée porter l'affaire devant la justice afin de mettre Varampur en difficultés et de récupérer ses terrains,
    • (3) élimination de tout opposant qui pourrait faire foirer l'arnaque : les terrains rapporteront bien plus en réalisant beaucoup de construction (promoteurs véreux) plutôt qu'un hôpital. 
“Ladies have good intentions, but they cannot guarantee land or building materials. All of that is up to the husbands, and for us, business always comes first. There are other uses for Varanpur stone.”(p. 324) / Ces dames ont de bonnes intentions mais elles ne fournissent ni le terrain ni les matériaux de construction. Tout est sous le contrôle de leur mari, et pour nous, les affaires avant tout. Nous avons d'autres projets pour les terrains de Varampur. 

La pâtisserie Yazdani


Yazdani bakery dont il est question dans le roman


Perveen et Colin

La relation clandestine "en tout bien tout honneur" entre Perveen et Colin prend racine : baisers fougueux, entente cordiale au delà de la chair, j'aime beaucoup et je trouve que l'auteur gère bien leur attachement grandissant.

From the twenty-foot distance, Colin sent Perveen a look that seemed to implore her to join them. Instead, she sent back a message with her eyes. I love you. These were words she’d never said aloud to him, but that she hoped he could understand. (p.415)

Ma traduction

Colin envoya à Perveen un regard qui l'implorait de parcourir les 6 mètres qui les séparaient mais elle lui répondit "Je vous aime" sans même parler, son regard portait les mots qu'elle ne pouvait s'autoriser à dire à voix haute mais qu'elle espérait qu'il comprenne. 

J'espère comme beaucoup d'autres lecteurs, une prochaine évolution de leur histoire sans trop avoir beaucoup d'espérances, à moins que Perveen et Colin ne finissent par quittent l'Inde qui n'est pas prête pour leur union.

“Love cannot conquer all, you are saying.” “Not in my country, and perhaps not yours, either. ” Perveen stretched out a hand across the table toward him. Softly, she said, “What we have together is special—but I hope you understand it can’t ever be a happily-ever-after fairy tale.” (p.268)

Ma traduction
 
Vous dites que l'amour ne peut pas tout conquérir, ceci est vrai dans mon pays et sans doute dans le vôtre. Perveen lui tendit la main à travers la table. Ce qui nous rapproche est spécial mais j'espère que vous comprenez que cela ne peut pas se terminer en gentil conte de fée.

  

La maitresse de la maison Bhatia ?

Le titre n'est pas le plus approprié car il n'est pas vraiment question de "la maîtresse de la maison Bhatia" dans ce roman, elle n'a pas un rôle important, en tout cas moins que la nounou qui pour moi est l'héroïne en tant que victime persécutée.

L'humour bien présent

J'adore cet extrait. Contexte : Tajbanu, la grand-mère (mère de Gulnaz) veut savoir si sa petite-fille grandit bien et si elle a pris du poids.]



(ma traduction)

- Je ne suis pas certaine car je suis absente la plupart du temps.
Perveen eut l'intuition d'avoir dit une bêtise.
- Vous avez raison, il est important de surveiller le poids, je vais lui demander (à la nounou).
- Avez-vous une balance ?
Tajbanu cherchait à savoir si Perveen allait mentir.
- Je ne sais pas.
Perveen eut une idée.
- Notre cuisinier dispose d'une grande balance.
Tajbanu porta la main à son visage.
- Oh mon Dieu ! Allonger ma petite fille comme une botte d'oignons ou un morceau de viande !
- Nous aurons une balance rien que pour elle dès demain.

Texte original (page 287)
"I’m away most days, so I’m not sure.” Perveen had a sense she’d said the wrong thing. “You are right that checking weight is important. I’ll ask her.” “Do you have a baby scale?” Tajbanu was watching Perveen closely, as if to catch her in a lie. “I don’t know.” Perveen had a sudden inspiration. “Our cook, John, has a large scale in his kitchen—” Tajbanu put a hand to her head. “Oh, meri mai! To lay my grandchild on the same place as onions and meat!” “We will be sure to have a proper scale by tomorrow.”

Le pot aux roses

Les coupables sont démasqués dans une fin à la Hercule Poirot digne d'Agatha Christie sans toutefois donner entière satisfaction sur les empoissonnements qui eurent lieu "par accident". Concernant les malheurs de Sunanda, c'est au hasard d'une conversation avec Colin dont le travail consiste à relever les limites des territoires que Perveen comprend que certaines personnes ont intérêt à annexer des terrains appartenant au Nawab de Varampur, d'où la tentative d'intimidation sur la nounou sa victime pour quelle porte plainte, avec comme incidence la récupération de terrain puisque la colonie britannique ne peut juger et condamner un prince mais peut lui retirer des terres.


Et la suite ?

Ah la la me voilà pour un temps orpheline de cette histoire, de cette héroïne que j'ai adoptée comme elle m'a envoutée !
deux femmes parsies

Gulnaz retournera-t-elle chez elle auprès de son mari et son bébé ?
Perveen aura-t-elle la force de présenter Colin à sa famille ?
J'espère que l'auteur travaille à nous concocter une nouvelle aventure de Miss Mistry !


publié en 2023 (langue anglaise) 432 pages



Autre couverture pour les éditions Penguin


Structure : 4/5 (des longueurs)
Crédibilité de l'auteur : 5/5 (beaucoup de détails, de recherches)
Style d'écriture : 4/5 (très agréable à lire)
Coup de coeur : 5/5

Illustration d'entrée de billet : Moha Bhakta Laxmi and Rudra

samedi 22 février 2025

La lutte avec l'ange - Jean-Paul KAUFFMANN


L'auteur découvre les peintures d'Eugène Delacroix dans la chapelle des Saints-Anges de l'église Saint-Sulpice à Paris ; frappé par sa représentation de "la lutte avec l'ange", il fait de nombreuses recherches sur le sujet lui-même, le peintre et ses origines, ses lieux de refuge, ses amis ou ennemis contemporains. A la fin, il reporte son intérêt sur François-Joseph Heim, le peintre qui a laissé une oeuvre moins éclatante dans la chapelle des Âmes-du-Purgatoire juste derrière le mur de la chapelle des Saints-Anges.
 

Mes choix de lecture sont régulièrement inspirés par des expériences et c'est après la découverte et première visite au musée Delacroix le mois dernier que j'avais repéré ce livre.

Je m'attendais à un récit plus concentré sur les événements et les circonstances de la peinture et bien sûr il y a des chapitres explicatifs mais ils sont noyés dans un récit autocentré, où l'auteur parvient à nous glisser par deux fois qu'il a été otage au Liban et très honnêtement, je ne l'ai pas oublié car à l'époque les journaux télévisés rappelait cette horreur tous les jours, mais ce double rappel n'a rien à faire dans ce récit.

J'ai été déçue car la ligne narratrice est désorganisée : les chapitres ne sont pas dans l'ordre chronologique et j'ai vraiment été dérangée par cela. Par exemple, on apprend seulement page 89 (sur 250) que Jean-Paul Kauffmann découvre "La lutte avec l'ange" son ami Leopold, critique d'art, qui l'initie et grâce auquel l'auteur va commencer à hanter l'église Saint-Sulpice, attiré par elle comme un aimant.

"Si on allait voir l'église :" Telle était la phrase rituelle à la fin de nos conversations. Mon ami n'en demandait pas plus. La visite était l'occasion de déployer son érudition. L'honnêteté m'oblige à dire qu'il m'a beaucoup appris. Surtout à regarder. Que de fois m'a-t-il répété : "Il ne faut jamais raconter une peinture. C'est la pire des choses. La peinture ne raconte pas d'histoire, elle produit de l'énergie. Oui, c'est de l'énergie qu'on a enfermé dans un cadre, dans un rectangle." p.94

J'ai heureusement trouvé très intéressante et émouvante l'histoire de Delacroix (1798-1863) : ses origines, son travail exténuant et pourtant décevant car il n'avance pas assez vite. Il apparait clairement que pour écrire ce livre l'auteur a mené une enquête scrupuleuse, lisant les journaux de Delacroix (qui ne savait pas seulement peindre mais savait écrire !), se rendant dans les lieux où il a habité, il n'a certes pas ménager ses efforts mais j'ai l'impression que vers la fin de son "enquête", il le dénigre et cela m'a donné un sentiment d'incompréhension.

Il ne me reste plus qu'à aller voir très prochainement "la lutte avec l'ange" in situ.


La commande de l'oeuvre

En 1849, Delacroix reçoit une commande de la ville de Paris pour décorer la chapelle des Saints-Anges de l'église Saint-Sulpice dont la construction a débuté en 1645 et Delacroix va choisir 3 représentations bibliques :
  1. "La Lutte de Jacob", l'un de ces chefs-d’œuvre,
  2. "Héliodore chassé du temple" sur le mur d'en face,
  3. "Saint Michel terrassant le dragon au plafond.
Delacroix va découvrir au fil des ans l'ampleur du travail à achever car les murs humides et poreux doivent être préparés (enduits, plâtrés) afin d'être peints et que la peinture tiennent ! Il abandonne souvent son chantier fermé par des palissades et il va mettre 6 ans (de 1855 à 1861) pour achever sa commande.

Que raconte la scène ?

Jacob (fils d'Isaac et frère jumeau de Esaü) est un berger qui revient avec troupeau et famille et qui au moment de franchir un torrent se retrouve face à un ange intimidant envoyé de Dieu ; Jacob lutte avec l'ange et finit par être estropié lorsque l'ange lui déboite la hanche ce qui met fin au combat.

Quelques autres représentations de cette scène par d'autres artistes

1659 par Rembrandt

1853 Paul Baudry

1855 par Gustave Doré

1865 par Alexandre-Louis Leloir

1888 par Paul Gauguin

1910 par Odilon Redon




Essai publié en 2001

Structure : 1/5
Crédibilité de l'auteur : 4/5
Style d'écriture : 4/5
Coup de coeur : 1/5

Illustration d'entrée de billet : Eugène Delacroix "la lutte avec l'ange"

vendredi 14 février 2025

La Marquise de Tencin - Georges LABROUSSE



Pour la France, le XVIIIe siècle fut marqué par le passage d’un régime monarchique caractérisé par les frivolités des privilégiés insouciants, représentés ici par la marquise de Tencin, à un gouvernement plus respectueux des droits de chacun. Sous l’impulsion de philosophes, d’écrivains et d’artistes à la recherche de plus d’égalité, des idées nouvelles se firent jour et se répandirent peu à peu dans le pays. Ces « Lumières » contribuèrent à l’avènement de la Révolution française qui, malgré de grandes difficultés, finit par donner à notre pays un régime plus démocratique. Cependant la condition des paysans de nos campagnes périgourdines, soumis aux caprices du climat, resta très précaire tout au long de ce siècle qui se termina pour les républicains avec une certaine amertume. Tous les efforts déployés pour obtenir une société plus juste n’étaient pas arrivés à juguler l’ambition personnelle de politiciens tels que Napoléon.


Un livre hybride : historique et instructif 

Un livre très documenté (une biographie assez conséquente est indiquée en fin de livre) mais le découpage des chapitres n'est pas facile à suivre car d'un chapitre à l'autre on passe "du coq à l'âne" soit sur des généralités en France, soit sur des particularités dans le Périgord (famines, inondations) qui est la région de prédilection de l'auteur.
Le livre est en fait constitué de "fiches" sur des personnes ou des faits prenant place au 18è siècle.



Le salon de Madame de Tencin

Le village de Neuilly était, pour les Parisiens, un lieu de sortie au début de la Régence. On s’y rendait pour y aller boire de l’eau-de-vie dans un cabaret, après le spectacle et le souper. La mode était aussi aux « petites maisons », des maisons de plaisance situées dans des endroits discrets, souvent destinées à des rendez-vous galants. Faisant référence à Léontion, une courtisane athénienne du 3ème siècle avant notre ère, qui tenait une école de philosophie et écrivait ou à Flora, une courtisane romaine, maîtresse de Pompée ou bien à Aspasie de Milet, célèbre pour sa beauté, s’entourant d’un cercle d’artistes et de philosophes, Madame de Tencin voulut se trouver au milieu de célébrités. Elle ouvrit son propre salon en 1717 dans une maison de la rue Saint-Honoré. Certains, comme Voltaire le fera plus tard, appelaient ce lieu « la Ménagerie ». Elle y recevait le mardi, assise sous un portrait du pape Benoît XIV. D’autres surnommaient ce salon « un bureau d’esprit ». On y discutait politique et finances dans l’esprit des Lumières. On pouvait y rencontrer des personnages aussi divers que :
– l’abbé Prévost, romancier, historien, journaliste et homme d’église,
– le comte de Tressan, un militaire, physicien, écrivain connu pour ses adaptations de romans, – le docteur Jean Astruc, un amant parmi tant d’autres,
– Louis Racine, le plus jeune fils de Jean Racine,
– Marivaux qui fit d’elle un beau portrait dans « La vie de Marianne »,
– l’abbé Le Blanc, homme d’église mais aussi avocat et écrivain, 
– Charles de Ferriol d’Argental, son neveu ambassadeur,
– Madame Dupin qu’elle surnommait « ma chère friponne »,
– Duclos, écrivain et historien,
– l’académicien de Boze, avocat,
– Emilie du Châtelet, une femme de lettres, mathématicienne et physicienne,
– Houdar de la Motte, écrivain dramaturge,
– le physicien et naturaliste Réaumur,
– le philosophe Montesquieu,
– Piron, un poète chansonnier et dramaturge,
– Marmontel, encyclopédiste, philosophe, dramaturge, conteur, historien,
– Saurin, poète, chansonnier, auteur dramatique,
– l’abbé Trublet, un moraliste farouchement opposé à Voltaire,
– l’écrivain Fontenelle, – Françoise de Graffigny, une écrivaine lorraine très en vue,
– l’abbé Gabriel Bonnot de Mably, philosophe, moraliste, économiste et historien,
– le docteur Tronchin, un médecin suisse,
– le peintre François Bouchet,
– et une multitude de jeunes auteurs et plus particulièrement anglais…

Pour moi, c'est un livre hybride qui mélange des chapitres ayant trait à une période ou à un thème particulier ("Des artistes peintres", "la médecine au 18è siècle", etc...), ce qui me fait poser des questions sur "quelle est la cible du lecteur" car ce n'est pas un divertissement et c'est trop court pour servir de base de travail universitaire.

Très bon niveau de rédaction qui rend le livre très agréable à lire. A réserver aux curieux qui s'intéressent à l'histoire de manière superficielle.



Chapitre "Des artistes peintres" 
La peinture du 18ème siècle fut marquée par le goût « rococo ». Les fêtes galantes et les décors de théâtre étaient représentés par nombre d’artistes. On peut citer, parmi tant d’autres :
.../...
Antoine Watteau, fils d’un marchand de tuiles de Valenciennes, aimait représenter des scènes de théâtre et il avait beaucoup de commandes de princes européens et de riches collectionneurs privés. Malgré une carrière assez brève – une quinzaine d’années car emporté par la maladie à 36 ans – il laissa une œuvre considérable : des milliers de dessins et plus de 200 tableaux. Après sa disparition, plusieurs de ses tableaux abîmés furent repeints ou restaurés, si bien que certains spécialistes ne reconnaissent que 39 toiles authentiques.

 


   
Structure
1 / 4
Crédibilité de l’auteur
4 / 4
Style / écriture
4 / 4
Potentiel du livre
2 / 4
Coup de coeur
2 / 4





Illustration d'entrée de billet : Portrait de la marquise de Tencin, artiste non précisé au Musée des Beaux-arts de Valenciennes

lundi 3 février 2025

Love, Lies and Indomee - Nuril BASRI


Ratu ("Reine" en indonésien) est une jeune femme à la recherche d'un petit ami afin de couper court aux questions envahissantes de ses parents qui désirent qu'elle se marie à l'approche de la trentaine. Après être tombée amoureuse d'un bel homme qui finit par en épouser une autre, elle accepte un mariage de raison pour faire plaisir à ses parents, finit par l'aimer avant de découvrir pourquoi il l'a épousée.

  


"Raison et sentiments" (Sense and sensibility")

Dans un récit à la recherche de l'amour perdu, Nuril Basri évoque la difficulté de trouver l'âme soeur dans une société influencée par l'argent, l'apparence, le poids de la famille. L'histoire se passe en Indonésie mais pourrait tout à fait être reportée dans n'importe quel pays, y compris en France, où les jeunes trouvent du travail souvent loin de chez eux, devant accepter un logement pratique non loin du travail mais souvent exigu et partagé, devant être éloignés de sa famille qu'il faut visiter le plus souvent possible et dont il faut supporter la pression d'obligation de fonder une famille à l'approche des 30 ans. Grâce à un humour de situation souvent mélancolique que j'apprécie, Nuril Basri traque sans pitié la vérité des sentiments face à la raison et déroule sa tragédie moderne des amours déçues, des conventions asphyxiantes et sur la désillusion, héritière de non-dits néfastes.

Développement

Ratu, 27 ans, travaille à Jakarta où elle dispose d'une chambre dans une colocation. Ratu est mal dans sa peau, se trouve grosse et n'aime pas ni son visage, ni ses cheveux c'est pourquoi elle choisit de mettre un avatar sur son profil Facebook afin de ne pas décourager d'éventuels jeunes hommes avant leur rendez-vous.
I use a Hello Kitty doll as my profile picture, so I seem like a cute—yet mysterious—girl. Here is the problem: if I use my real face, nobody would want to meet me. I swear! It’s not that I make a habit of asking boys out—I’m not that cheap—but I need a boyfriend. Right now. And because work keeps me so busy, I only get to meet boys online. (p. 5)  

ma traduction

J'ai mis une image Hello Kitty en guise de profil sur Facebook pour me donner un air mignon et mystérieux, car le problème c'est que si j'utilise mon vrai visage, personne ne va vouloir me rencontrer, je le jure ! Je n'ai pas non plus l'habitude de demander aux garçons de sortir avec moi, je ne suis pas si misérable, mais j'ai besoin d'un petit ami. maintenant. Etant donné que je travail trop, je ne peux le trouver que sur Internet. 


C'est ainsi qu'elle rencontre Hans, beau comme un acteur dans le drama coréen Boys over flower. Au premier abord, il se comporte comme un gougeât mais elle finit par le contacter pour lui proposer un travail : se faire passer pour son petit ami devant ses parents. Deux ans passent et le faux couple devient presque vrai tout en restant chaste, car Ratu a des principes, mais Hans lui papillonne sans vergogne et finit par être obligé d'épouser une fille qu'il a mise enceinte. Désespérée, Ratu qui croyait à son prince charmant, décide contre toute attente d'épouser l'homme que lui présente ses parents mais pour elle ce sera un mariage blanc car elle ne supporte pas sa présence, encore moins sa proximité même si elle n'arrive pas à dormir seule dans leur maison commune (elle fabrique un barrage dans le lit pour éviter qu'ils ne se touchent en dormant : qu'est-ce que c'est drôle !!!).

Ratu a un poste intéressant à l’ambassade de Corée à Jakarta et bien entendu, il est hors de question qu'elle arrête de travailler, d'autant qu'elle croit que Inu, son mari, est un simple chauffeur Gojek, le Uber indonésien. Il est impensable pour elle de rester vivre à Bogor sans rien faire : sa maison est tellement impersonnelle qu'elle ne songe pas à y emménager totalement et elle conserve son appartement à Jakarta, de plus elle aime trop son travail qui lui offre non seulement une indépendance financière mais également une satisfaction personnelle de se sentir utile.

Prise dans ce jeu de dupes, Ratu fait perdurer la relation avec Hans durant 2 ans, navigant le week-end entre Jakarta et Bogor où habitent ses parents (1 heure de trajet environ), espérant qu'il finisse par la demander en mariage. Mais Hans tout en lui avouant qu'il l'aime lui apprend qu'il a mis enceinte une autre femme et qu'il doit l'épouser. Désespérée, Ratu accepte d'épouser l'homme que ses parents lui présente sans rien savoir de lui, juste pour contrarier Hans.

I’m not thinking about all that. Sure, I did, once. A dream wedding with a dream man. But the way things have turned out? I’m not marrying for love anymore. You could say I’m marrying against my will (and also for vengeance)—to somebody I don’t even know. This is not the wedding of my dreams. So I don’t care. (p. 74).

Ma traduction
Je ne pense pas à ça (la robe, la bague). Bien sûr, j'y ai pensé autrefois : un mariage de rêve avec un homme de rêve, mais les choses ont mal tourné. Je ne me marie pas par amour et tu pourrais même dire que je me marie contre mon gré, et même pour me venger, à quelqu'un que je ne connais même pas. Ce n'est pas le mariage de mes rêves alors je m'en fous. 
 

Le jour du mariage, Ratu découvre que son mari n'a plus de famille (parents morts et fils unique) et le lecteur découvre que Ratu avait une grande soeur (c'est important pour la suite).

I am an only child, too. Well, not really. There was my sister. She was two years older. She has been gone a long while. She died when she was in her second year of secondary school. I was in my third year of middle school. I try not to think about her. It is all heartache. I loved her. The fact that somebody I loved so much is gone…that is torture. I don’t want to remember her. She should be here, sharing this with me. My best friend. She always listened to me. When she was alive, I wasn’t fat. We’d watch our weight together. People used to say we looked alike, but she was way prettier than I. (p.77)

Ma traduction

Je suis moi aussi enfant unique. Enfin, pas vraiment car j'avais une grande soeur nous avions 2 ans d'écart, elle est morte depuis longtemps elle avait 16 ans et j'en avais 14. J'essaye de ne pas penser à elle car cela me brise le coeur et je ne veux pas trop me rappeler d'elle. Elle devrait  être ici et partager ce moment avec moi. Ma meilleure amie, elle m'écoutait toujours. Quand elle était là je n'étais pas grosse, on surveillait notre poids mutuellement. Les gens disaient qu'on se ressemblait mais elle était bien plus belle que moi. 


Après son mariage que Ratu espère le plus court possible afin de pouvoir enfin convoler avec son chéri Hans, la jeune femme est submergée par un nouveau sentiment lorsque débarquent deux connaissances de Inu : sa cousine et une amie d'enfance belle comme Dian Sastro (voir ci-contre), une actrice célèbre, toutes deux très inquisitrices, n'hésitant pas à envahir son espace domestique, faire la lessive, faire des courses, s'occuper de la décoration de sa nouvelle maison à Pamulang (1h de Jakarta). Ratu se persuade qu'elle n'est pas jalouse mais la situation lui échappe et force est de constater que son mari mérite bien qu'elle s'y intéresse un peu plus, exigeant même qu'il l'emmène en voyage de noces et ce sera à Yogyakarta à environ une demi journée de trajet en bus (passages très drôles).

The car fills up. A conductor comes around, renting out pillows. What for? The pillows all run out, oddly. Do these passengers expect to sleep all the way there? Really? Hah. Turns out they do really sleep all the way. I’m not joking. “You go to Yogyakarta often, Mr Inu?” I ask. “Not really,” he says. “Oh.” That’s all. Nothing else to say. Why doesn’t he say anything? Ask me something, maybe. The places I’ve been to. Where I like to go. Anything. He’s like some kind of bad actor. “Have you been to Jogja?” he asks. Finally! At least he’s talking. So I won’t fall asleep. This bad actor knows how to improv a little, after all. “Once, when I was in middle school, on a study tour,” I say. His response? “Oh.” Exactly like I answered, a moment ago. It really hurts. What is this? Oh. Oh. Doesn’t he have a follow-up question? Act interested, at least? So irritating. Why did God make a person like Inugrahadi and forget to make him a brain? “How long do you think this journey will take?” I ask him. What my tone is saying is: “Oh God, I can’t wait for this to end!” (p. 111). 

Ma traduction

Le bus se remplit et le chauffeur passe dans l'allée pour louer des oreillers. Pour quoi faire ? Etonnamment, tous les oreillers sont empruntés. Est-ce que les passagers espèrent vraiment dormir tout le trajet ? Vraiment ? Ah et bien il s'avère qu'ils ont vraiment dormi tout ce temps, je ne plaisante pas. Je demande à mon époux : "Est-ce que vous êtes souvent allé à Yogyakarta Monsieur Inu ?" Il me répond : "Non pas vraiment".

"Oh" ! Et c'est tout ? Rien de plus ? Pourquoi est-ce qu'il ne dit rien ? Demande moi quelque chose par exemple. Les endroits que j'ai visité. Ceux que j'apprécie, n'importe quoi. Il ressemble à un mauvais acteur.

"Etes-vous allée à Jogja (= Yogyakarta), me demande-t-il. Enfin ! Il a finit par placer un mot ainsi je ne vais pas avoir à dormir. Cet acteur raté sait finalement comment se bonifier. Je lui réponds : "J'y suis allée une fois quand j'étais au collège en voyage d'études".

Sa réponse fut : "Oh !" la même exclamation que la mienne juste avant. C'est vexant. Qu'est-ce que cela veut dire ? Oh. Oh. est-ce qu'il n'a pas d'autre question à poser ? Faire semblant au moins ? C'est tellement énervant. Pourquoi Dieu a-t-il créé une personne comme lui et oublier de lui donner une cervelle ? "Tu crois que ce voyage va durer longtemps ?" lui demandai-je ?  Mais ce que je voulais sous-entendre c'est "Oh mon Dieu vivement que ce voyage se termine".


Sous une apparente tragédie comique, l'auteur raconte avec beaucoup de psychologie les relations complexes au sein des familles, d'un couple qui s'apprivoise, la perte d'un enfant ou d'une soeur, le monde du travail, les bonnes et mauvaises raisons du mariage, la nécessité de se convertir à la religion du conjoint, l'abandon d'un rêve face à la réalité et surtout, la difficulté de se trouver une raison de vivre.

roman publié en 2016
traduit en anglais en 2019 avec le titre "Love Lies and Indomee"


Paru en 2016 sous le titre Enak, il a été traduit en anglais par Zedeck Siew qui vit en Indonésie et a choisi le titre de "Love, Lies and Indomee", le mot Indomie étant une marque de nouilles instantanées dont il est régulièrement question dans le roman.



 

roman publié en 2019 langue anglaise
250 pages


Ma page sur l'auteur

Illustration d'entrée de billet : Cok Wisnu (deux indonésiennes, rapport à Ratu et sa soeur)

dimanche 2 février 2025

Constellation YU-KA 79 - Luca IADA



Yatoze s'ennuie, dans les transports en commun il cherche un détail pour rompre la monotonie du quotidien. Après sa journée de boulot il prend le métro et descend avant sa station pour un problème technique. Il entend par hasard une voie féminine qui le trouble (Yu-Ka) et décide de se diriger vers l'aéroport pour partir en Corée du Sud afin de participer à un jeu dont le premier prix est une somme faramineuse avec laquelle il compte financer la tournée de Yu-Ka. Peu après, la radio annonce un terrible accident d’avion qui n'a fait qu'un survivant plongé dans le coma.

— Je pars en Corée du Sud, financer la future tournée de Yu-ka.
— Yu-ka… Qui est Yu-ka ?
— Ma raison de vivre ! 
— Ta raison de… Tu es en train de me faire une blague, n’est-ce pas ? 
— Elle a comme projet d’organiser une tournée en Suisse mais il lui manque les fonds nécessaires.
— C’est bien beau tout cela mais comment tu comptes t’y prendre ? 
— Je vais participer à un jeu, le gagnant remporte 45,6 milliards de Wons. 
— Et si c’était un jeu mortel, tu ne trouves pas ça suspect ?



Je suis très perplexe car ce mini livre qui se lit en 15 minutes est illisible, pour être certaine, je l'ai relu une deuxième fois mais je reste sur ma première impression : il me semble que l'auteur maîtrise mal le français (j'ai surligné le texte que je ne comprends pas) mais il y a de nombreux passages avec des erreurs.

Debout près de l’échappatoire, mon regard était attiré par les paysages qui défilaient inlassablement ; bien que ceux-ci soient jolis, mes yeux imbibés de monotonie viscérale me montraient tout un autre aspect radicalement opposé. Pour autant que je les connaisse par cœur, je pouvais m’en empêcher de les occulter méticuleusement, en quête d’un élément déclencheur aussi futile soit-il, qui allait m’indiquer un changement imminent.

ou encore


— Mon casting est dans un peu moins d’une heure, est ce que ça te dirait d’aller boire un verre en attendant ? Je connais un bon Izakaya pas très loin.
— J’aurais bien voulu mais je ne voudrais pas rater celui de trop.
— Avant que je t’interrompe, tu allais rejoindre une fille ?
— Non, j’allais juste rentrer chez moi. Longue journée.
— Je comprends, alors je te souhaite une bonne soirée.
— Bonne chance pour votre casting !

Il n'y a aucune information sur l'auteur (je me suis même demandé si ce n'était pas une IA) ni de mention sur un éventuel traducteur. 

L'histoire en elle-même est assez originale : un homme qui cherche à rompre sa monotonie du quotidien décide de partir sur un coup de tête, survit à un cash d'avion et se controuve dans le coma, mais il manque des morceaux, il faut recoudre et corriger quelques passages afin que le récit soit plus compréhensible. 


— Mesdames, Messieurs à la suite d’un dérangement sur les voies, la procédure d’urgence à été mise en route. Ce qui implique que ce métro sera immobilisé à la prochaine station, pour une durée indéterminée. Nous vous prions de nous excuser pour le désagrément occasionné et vous souhaitons une bonne soirée.
Illustration d'entrée de billet : Ajay Murthy (sur unsplash.com)